Les cinq
« W » du journalisme (selon Roy W. Howard)[1], devraient servir, une
fois de plus, comme structure d’analyse de la nouvelle de
l’« arrestation »[2] du Général rwandais
Karenzi Karake, à Londres.
Who : -
Général Karenzi Karake, Chef des Services de Renseignements (DMI)
- Agents de l’unité de l’extradition de la police
londonienne (Scotland Yard)
What :- Arrestation.
Where : - Heathrow
International Airport.
When : - Samedi 20juin 2015.
Why
: - Mandat d’arrêt international de
la Justice espagnole.
La réponse à la première
question « Who » en appelle directement au moins deux autres :
- a) "Pourquoi
lui", Karenzi Karake, alors que la Justice espagnole a lancé des mandats
d’arrêt internationaux à l’encontre de 40 Rwandais(e) ? Or ces « gens »
circulent tous, tout à fait librement, partout en Europe et dans le monde, même
sans « couverture d’immunité diplomatique ».
- b) "Par
la "section de Scotland Yard qui a les aéroports dans ses
attributions« , alors qu’une intervention moins »droit commun",
aurait pu être réalisée tout aussi efficacement par d’autres unités de la
police.
La réponse à la deuxième
question « What » est évidemment : « l’arrestation ».
- Mais ensuite :
« quoi » ?...L’extradition vers l’Espagne ? Cela rappelle furieusement
les comédies déjà jouées « in illo tempore » et "sous d’autres
cieux« , de »Pinochet à Kabuye".
Pour le troisième
point, « Where », s’agissant du lieux (ce qui pourrait paraître
vraiment un détail dérisoire de l’histoire), il ressort que s’est au moment de
quitter le territoire britannique par Heathrow International Airport que
l’arrestation a été effectivement opérée....Une telle « arrestation »
ne s’« improvise » pas comme celle d’un petit dealer sans
personnalité.....L’attitude de différends « pontes » britanniques (Couacs
synchrones des Cameron et Mitchell) semble que de ce côté-là il s’agirait
peut-être d’un « Inside Job » entre les différentes
« autorités » du MI5 ou 6 et peut-être de la DMI.....
La question
du « When » en appelle, elle aussi immédiatement une autre :
- -
« Pourquoi aujourd’hui », alors que les mandats d’arrêt de la Justice
espagnole datent de 2008 et que Karenzi faisait des visites très fréquentes et régulières
à Londres ?
Finalement la question
du « Why » obtient la réponse « évidente », mais qui,
elle-même éveille l’étonnement : mandat d’arrêt espagnole ! En effet il faut
savoir que parmi les pays où la "Justice nationale a été reconnue
universellement compétente", la Belgique et l’Espagne auraient été ’contraintes
d’édulcorer« les textes légaux instituant ce caractère
»universelle". En Belgique, les USA auraient menacé de faire retirer
le siège de l’Otan de Bruxelles si la Loi de compétence universelle n’était pas
modifiée (on a un certaine souveraineté ou on ne l’a pas !). On imagine
difficilement qu’après 7 ans de réflexion (depuis les mandats d’arrêt
espagnols) les autorités britanniques allaient faire l’erreur de devoir perdre
la face par une action précipitée, certaine de ne pas aboutir. Donc, exit
"crimes de guerre, crimes contre l’humanité et crimes de
génocide"....il reste le terrorisme et quelques ressortissants espagnols
.....
Tout ceci pour
dire que dans le cas actuel, il faut avoir présent à l’esprit les contextes internes
rwandais et britanniques ainsi que quelques autres coïncidences étonnantes si
pas troublantes dans les relations entre le Rwanda et la Communauté
Internationale, Amie du peuple rwandais.
Pour ce qui est
du contexte rwandais, un premier point à garder à l’esprit est la
question du troisième mandat de Kagamé, celui des Nkulunziza et Kabila.
Il faut ensuite
rappeler les antécédents que sont les « affaires » : Theunis,
Nkunda(batware), Kabuye, Ntaganda, Ingabire
Il faut encore souligner
l’augmentation étonnante de l’intensité (assassinats) et de la fréquence (exils)
des « défections des bras droits » de Kagame.
Pour le contexte
britannique il faut se souvenir que le Rwanda est le plus jeune membre du
Commonwealth (2009), qu’après le génocide, parmi les personnes assassinées par
le FPR, se trouveraient deux citoyens britanniques et que les secrets qui
entourent les activités africaines post-primatures de Tony Blair exaspèrent
certains.
Pour les relations
internationales, il ne faut pas oublier le cautionnement du régime de
Kagame que représente l’« aller à Canossa » de Ban Ki-moon à Kigali,
après l’« affaire du M23 ». Les sorties d’Obama sur les institutions fortes
et sur les hommes forts, ainsi que les retours aux affaires des Sarkozy,
Cameron et Rodham-Clinton, font effectivement parties de la « donne »
dans l’évaluation de l’« affaire KK ».
En fait, par une
opération sous Fausse Bannière (électorale ?), Karenzi Karake n’obtiendrait-il
pas, comme Pinochet, la garantie que ni lui ni sa famille, dans un avenir
proche ou lointain, au Rwanda ou à l’étranger, ne soient plus jamais l’objet de
poursuites internationales ? Mais surtout, après un retour triomphale au pays
(comme Rose), ne jouirait-il pas d’une « assurance vie » en cas
d’accident de circulation. Ne serait-ce pas un vaccin contre une "mort
prématurée, après une longue et pénible maladie", ou encore, plus
directement, une « stratégie de légitime défense préventive » contre une
mort violente à la manière Karageya ?