Dès lors qu’on choisit de déléguer et
comment faire autrement pour des raisons d’efficacité ? il y a suspicion de
coups de canif dans le contrat démocratique et le plus souvent sinon toujours
elle est avérée par les faits.
Dans tout groupe humain, pour l’une ou
l’autre raison, l’aura personnelle, le poids de l’argent ou de la tradition (
comme dans les tribus où l’ancien est un sage du fait de son âge et quels que
soient ses mérites réels ) une personne émerge dont l’avis va entraîner
l’adhésion du groupe ou d’une partie de ce groupe : ce peut être une grande
gueule, un leader naturel ou une personne au fait du problème posé et dont la
sentence prend force de loi.
En somme, on pourrait dire que la
démocratie, le pouvoir du peuple ( une abstraction ) par le peuple ( une fiction ) et pour le peuple ( une illusion ) contrevient à une loi naturelle qui veut
que l’homme ne se sente rassuré que par le culte du chef.
Seules l’éducation à l’esprit critique et la culture lui ouvrent des horizons
moins dépendants ou, en tout cas, font qu’il croit échapper à la servitude
parce qu’il peut être amené à l’accepter en toute connaissance de cause.
Ceci expliquant cela, il n’y a pas lieu de
s’étonner de l’inconstance de ceux qui refusent le traité européen en 2005 et
acceptent benoîtement de se renier, quelques années plus tard, quand leurs
délégués élus contreviennent à la parole du peuple sans être le moins du monde
sanctionnés - ne fût-ce qu’électoralement - pour leur forfaiture.
On peut espérer que, fatigués d’être
constamment bernés et de voir moqués ou vilipendés pour mauvais esprit ceux
d’entre eux qui regimbent, un sursaut se produira un jour.
Un jour pas trop lointain où les masses populaires prendront la mesure de leur
pouvoir de nuisance aux intérêts des ploutocrates et de leurs valets mais, en
attendant, une majorité reste fascinée par l’argent, tel ce peuple grec qui
n’en finit pas de vouloir la quadrature du cercle : rester dans un système
monétaire qui l’asservit et vouloir secouer le joug des contraintes.