@JL
Jaurès est l’exception à la règle, pour lequel je concèderai de la vénération.
Je corrigerai donc mon propos en notant qu’il parle d’Etat nation et non de nation, c’est à dire, que c’est l’Etat qui est le seul bien des pauvres et non la nation en tant que telle.
Ceci car l’Etat est un instrument et non un sujet comme l’est la nation, et cet instrument obéit à celui qui en a la maitrise.
Pour Jaurès, l’appareil étatique doit être au service de la justice sociale et donc servir les pauvres et contrôler les riches.
De fait, l’appareil étatique peut être national ou fédéral, donc, comporter autant de nations qu’il peut et même le monde.
L’Etat n’est pas l’ennemi du peuple, mais son instrument de force, c’est la nation qui est son instrument d’aliénation parce qu’elle met les peuples en concurrence et finalement en guerre pour le plus grand bénéfice de la haute bourgeoisie, propriétaire des moyens de productions.
La relation causale première sur laquelle il faut revenir et changer le sens est la propriété car c’est elle seule qui permet et justifie l’exploitation d’autrui à son profit. Sans cette exploitation, la propriété est vide, n’a pas de sens, n’existe pas en tant que telle.
Adam Smith ne dit pas autre chose, mais se garde bien de le développer car son but, en tant que bourgeois, est de défendre la propriété et non de la combattre.
Les riches ne veulent pas s’approprier la nation car ils l’ont déjà, ce qu’ils ne maîtrisent pas totalement, c’est l’appareil d’état et ce en raison du droit de vote qui risque toujours de leur échapper.
Ils fédèrent donc les nations pour asseoir leur emprise sur l’appareil d’état, mais le problème c’est qu’en faisant cela, ils risquent d’unir les citoyens des pays et d’en perdre le contrôle,
Bref, ils sont face à une quadrature du cercle dont la seule alternative est de mettre en place des blocs faussement antagonistes car défendant le même système économique capitaliste, mais servant à diviser les citoyens, les maintenir en concurrence et guerre perpétuelle car la paix est leur pire ennemi, celle qui montre la vacuité de leur nécessité et leur caractère néfaste, destructeur et parasitaire.