Merci.
"[...] Tirésias, adolescent, était en train de danser et de chanter quand il surprit Athena se baignant nue dans une source du mont Helicon.
La déesse, dont la chasteté était absolue, vit comme une atteinte à sa
pudeur cette indiscrétion de Tirésias. « Athéna lui mit alors les mains
sur les yeux et le rendit aveugle » (Apollodore III, 6, 7).
Comme la nymphe Chariclo, mère de Tirésias, faisait partie du cortège
divin, elle supplia Athéna de rendre la vue à son fils. La déesse
refusa mais consentit à alléger sa sentence. « Elle lui purifia les
oreilles, et ce qui lui permit de comprendre parfaitement le langage des
oiseaux ; puis elle lui donna un bâton de cornouillier,
grâce auquel il marchait comme les gens qui voient » (Apollodore III,
6, 7). Athéna lui concéda également une vie plus longue que le commun
des mortels et le pouvoir de garder ses dons aux Enfers".
La Beauté
Je suis belle, ô mortels ! comme un rêve de pierre,
Et mon sein, où chacun s’est meurtri tour à tour,
Est fait pour inspirer au poète un amour
Eternel et muet ainsi que la matière.
Je trône dans l’azur comme un sphinx incompris ;
J’unis un coeur de neige à la blancheur des cygnes ;
Je hais le mouvement qui déplace les lignes,
Et jamais je ne pleure et jamais je ne ris.
Les poètes, devant mes grandes attitudes,
Que j’ai l’air d’emprunter aux plus fiers monuments,
Consumeront leurs jours en d’austères études ;
Car j’ai, pour fasciner ces dociles amants,
De purs miroirs qui font toutes choses plus belles :
Mes yeux, mes larges yeux aux clartés éternelles !