L’anarchie est elle
réalisable de nos jours ?
Dans les localités dans
lesquels les habitants ne sont pas trop nombreux, c’est encore possible. Mais
au niveau national, je n’y crois pas pour les raisons expliquées dans cet
article : l’Etat
est structurellement oligarchique.
Peut-on produire quelque
chose qui s’en éloignerait le moins ? Oui.
-Partons du postulat
anarchiste que l’Etat est une structure politique d’asservissement et de
domination : l’Etat est donc un mal. Rajoutons à cela ce postulat que l’Etat,
est dans notre contexte, nécessaire. L’Etat
est donc un mal nécessaire.
Le moins mauvais Etat serait
donc celui qui poserait comme principe la nécessité de sa propre disparition
après l’accomplissement de sa mission. Cela
ramène à cette assertion de Bakounine "L’Etat, c’est le mal, mais un mal
historiquement nécessaire, aussi nécessaire dans le passé que le sera tôt ou
tard son extinction complète."
La gestion de l’Etat implique l’existence d’autorités pour le gérer, c’est l’oligarchie
politique. Il en faut, on ne peut s’en passer dans le cadre Etatique. La question n’est donc plus de savoir s’il
faut une oligarchie ou non mais plutôt de savoir si l’oligarchie politique est
légitime ou non, l’anarchisme dans
ce cadre devient donc l’opposition à l’existence
d’une hiérarchie illégitime et immuable.
D’ ou est ce que cette
oligarchie peut tirer sa légitimité ? De la loi. Mais la loi a un caractère conventionnel elle n’est
jamais que l’œuvre d’homme et par conséquent relative. Quel genre de loi serait
légitime pour l’anarchisme ? Une loi faites pour les intérêts
de quelques uns ? Non, une loi qui servirait le bien public. D’ où la notion de
res publica qui signifie au sens propre « chose publique ». Qui produirait cette loi républicaine, la classe
dirigeante Etatique ? N’en profitera –t-elle pas pour servir ses intérêts ? Cette loi tendrait bien évidemment à monopoliser dans les mains du petit
nombre la richesse et le pouvoir.
On énoncera le troisième postulat selon lequel la loi doit être
le produit de la volonté de la collectivité. Les lois de la collectivité tendent en général au bien du plus grand nombre,
car elles émanent de la majorité de tous les citoyens, laquelle peut se
tromper, mais ne saurait avoir un intérêt contraire à elle-même. Cette
collectivité est donc la plus approprié pour produire la loi.
La loi devient donc l’expression
de la volonté de la collectivité, cette origine populaire contribue
singulièrement à sa puissance, elle en acquiert une grande autorité.
C’ est la collectivité qui
fait naitre cette force en faisant la loi : chacun trouve une sorte d’ intérêt
personnel à ce que tous obéissent aux
lois : quelque fâcheuse que soit la loi , le citoyen s’ y soumet
donc sans peine , non seulement comme à l’ ouvrage du plus grand nombre mais
encore comme au sien propre , il la considère sous le point de vue d’ un
contrat dans lequel il aurait été partie.
La liberté, qui consiste à
ne point être soumis à l’arbitraire d’autrui, est garantie par cette loi égale
pour tous. On considérera donc que les manquements à la loi atteignent la communauté
quel que soit l’homme à l’ origine de l’infraction. Cette crainte qui régit le
domaine public et qui retient de ne rien faire d’illégal est bien entendu
tempérée par la tolérance dans les rapports privés (respect des libertés fondamentales).
Ces législations faites
par le peuple et pour le peuple devient aux yeux du citoyen, un objet sacré. Cette
souveraineté incarnée par la collectivité par l’intermédiaire de la loi
est aussi la définition que Rousseau donne à la « République ».
L’oligarchie légitime ? Celle qui découle
de la volonté générale (la loi) et qui est placée sous le contrôle permanent des forces
quelles encadrent.
C’est à mon sens, ce qui s’éloignerait le moins de l’idéal anarchiste dans notre contexte
Etatique.