Pendant ce temps chez notre ’’copain’’ le kényan Barry Soetoro :
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Michel Collon : « Obama est-il devenu un ami de l’Iran ? »
Alarmiste
! Il n’est pas d’autre mot pour qualifier le discours du bientôt
ex-président sur l’accord nucléaire avec l’Iran. Aux USA, certains
secteurs veulent une guerre contre ce pays, alerte-t-il.
Le plus grand bénéficiaire dans la région, c’est l’Iran
Les
sanctions économiques ont échoué à faire plier l’Iran, admet Obama.
Reconnaissant que ce boycott punit la population : « Cinq cent milliards
de dollars manquent pour payer salaires, pensions et infrastructures en
ruines ». Mais « davantage de sanctions ne produiront pas le résultat
souhaité ». « Ceux qui s’opposent à cet accord exigeront sans aucun doute
du futur président (US), quel qu’il soit, de bombarder ces installations
nucléaires ».
« Ceux qui » ? Ce sont les mêmes qui plaidaient pour
une guerre en Irak et Obama critique l’administration Bush : « Préférant
la force militaire à la diplomatie, l’action US unilatérale au lieu de
bâtir un consensus international, et exagérant les menaces à l’encontre
des rapports de nos services de renseignements ». Il juge le bilan de
Bush catastrophique : « Des milliers de vies ont été perdues, sans
compter celles des Irakiens. Mille milliards de dollars ont été
dépensés. Ironiquement, le plus grand bénéficiaire dans la région, c’est
l’Iran ». Cette guerre a isolé les Etats-Unis, constate Obama,
reconnaissant à sa manière le déclin de l’Empire US : « Si nous avons
appris quelque chose des dix dernières années, c’est que les guerres en
général, et au Moyen-Orient en particulier, sont tout sauf simples ».
J’ai envoyé des dizaines de milliers de jeunes Américains au combat
Obama
serait-il devenu Peace and Love ? « Je n’ai pas reculé devant l’emploi
de la force quand elle était nécessaire. J’ai envoyé des dizaines de
milliers de jeunes Américains au combat ». Irak, Afghanistan, Pakistan,
Libye, Syrie, Gaza (via Israël), Bahreïn et Yémen (via les Saoud) : pas
vraiment un bilan pacifiste en effet. Obama serait-il devenu un ami de
l’Iran ? Pas davantage. Son discours ressasse les habituels clichés :
« antisémitisme », « soutien aux terroristes du Hezbollah », « volonté de
détruire Israël ». Obama menace toujours : « Cet accord offre une
meilleure base (…) pour intervenir, y compris – si nécessaire – des
options militaires. Le budget de la Défense américaine dépasse 600
milliards de dollars. Celui de l’Iran est d’environ 15 milliards. Notre
armée demeure notre garantie ultime ».
Obama et les républicains
sont d’accord sur le fond : les Etats-Unis ont le droit de dicter leur
volonté aux autres nations, y compris par la violence. La divergence
porte seulement sur la stratégie. Obama se veut un « impérialiste
intelligent ». En 2006, Bush dut remplacer son ministre de la Guerre
Donald Rumsfeld par Robert Gates qui prononça un discours remarquable à
l’Académie militaire de West Point : « Ne combattez pas à moins d’y être obligés. Ne combattez jamais seuls. Et ne combattez jamais longtemps ».
L’Empire est tout nu
Conscient
des moyens limités des Etats-Unis, Obama ajouterait volontiers : « Et ne
combattez pas tous vos ennemis en même temps ».
Depuis 2001, les
Etats-Unis étaient de plus en plus agressifs à la fois contre l’Iran, la
Russie et la Chine. Mais un événement décisif se produisit en 2011.
Washington piégea Moscou et Pékin en prétendant vouloir seulement une no
fly zone pour protéger les civils libyens, son vrai but étant de
renverser Kadhafi. Une fois mais pas deux. Quand Obama, avec Hollande,
voulut bombarder Damas (cette fois avec le média-mensonge des armes
chimiques), la Chine et la Russie mirent leur veto. Il y eut même une
aide militaire discrète. Un tournant historique comparable à la bataille
de Stalingrad en 1943. Le monde a pu voir que les Etats-Unis ne peuvent
plus agresser comme ils veulent. L’Empire est tout nu.
Alors, Obama recule-t-il sur l’Iran, pour concentrer ses forces sur son objectif fondamental : affaiblir la Chine et la Russie ?
Par Michel Collon : écrivain et journaliste
indépendant. Il écrit des livres, collabore à des documentaires et a
fondé le Collectif Investig’Action. Celui-ci anime le site Internet
michelcollon.info. Il est spécialisé dans l’analyse des stratégies de
guerre, des relations Nord-Sud et des média mensonges.