Il ne faut pas oublier que Bachar el Assad est un ami personnel de Kerry. Si si. Étonnant n’est ce pas ? Je soupçonne que Kerry sera le premier a applaudir (discrètement) le changement de stratégie du kényan Barry Soetoro envers le gouvernement légitime et élu de Syrie.
Voir les prédictions de l’excellent T. Meyssan (en gras) dans cet article de 2012 :
M. et Mme Kerry, M. et Mme Assad, lors d’un déjeuner privé, dans un restaurant damascène, en 2009.
Disposant d’une légitimité renforcée par sa réélection, le président
Barack Obama se prépare à lancer une nouvelle politique étrangère :
tirant les conclusions de l’affaiblissement économique relatif des
États-Unis, il renonce à gouverner seul le monde. Ses forces poursuivent
leur départ d’Europe et leur désengagement partiel du Moyen-Orient pour
se positionner autour de la Chine. Dans cette perspective, il veut à la
fois distendre l’alliance russo-chinoise en formation et partager le
fardeau du Moyen-Orient avec la Russie. Il est par conséquent prêt à
appliquer l’accord sur la Syrie, conclu le 30 juin à Genève (déploiement
d’une Force de paix de l’ONU principalement composée de troupes de
l’OTSC, maintien au pouvoir de Bachar el-Assad s’il est plébiscité par
son peuple).
Cette nouvelle
politique étrangère se heurte à de fortes résistances à Washington. En
juillet, des fuites organisées dans la presse avaient fait capoter
l’accord de Genève et avaient contraint Kofi Annan à la démission. Le
sabotage semble avoir été ourdi par un groupe d’officiers supérieurs qui
n’admettent pas la fin de leur rêve d’empire global.
À aucun
moment cette problématique n’a été évoquée lors de la campagne
électorale présidentielle, les deux principaux candidats s’accordant sur
le même virage politique et ne s’opposant que sur la manière de le
présenter.
Aussi Barack Obama a t-il attendu le soir de sa
victoire pour donner le signal d’une purge discrètement préparée depuis
des mois. La démission du général David Petraeus de ses fonctions de
directeur général de la CIA a été largement médiatisée, mais elle
n’était que le hors d’œuvre. Les têtes de bien d’autres officiers
supérieurs vont rouler dans la poussière.
La purge
touche d’abord le Commandeur suprême de l’OTAN et commandant de l’EuCom
(amiral James G. Stravidis), qui termine son tour, et son successeur
prévu (le général John R. Allen). Elle se poursuit avec l’ex-commandant
de l’AfriCom (général William E. Ward) et son successeur depuis un an
(général Carter Ham). Elle devrait emporter également le patron du
Bouclier antimissile (général Patrick J. O’Reilly) et d’autres encore de
moindre importance.
Chaque fois, les officiers supérieurs sont
soit accusés d’affaires de mœurs, soit de détournements de fonds. La
presse US s’est rassasiée de détails sordides sur le triangle amoureux
impliquant Petraeus, Allen et la biographe du premier, Paula Broadwell,
en passant sous silence que celle-ci est lieutenant colonel du
Renseignement militaire. Selon toute vraisemblance, elle a été infiltrée
dans l’entourage des deux généraux pour les faire tomber.
La
purge à Washington a été précédée, en juillet, de l’élimination de
responsables étrangers qui s’opposaient à la nouvelle politique et
étaient impliqués dans la Bataille de Damas. Tout s’est passé comme si
Obama avait laissé faire le ménage. On pense par exemple à la mort
prématurée du général Omar Suleiman (Égypte) venu effectuer des examens
dans un hôpital états-unien, ou à l’attentat contre le prince Bandar ben
Sultan (Arabie saoudite), sept jours plus tard.
Il
reste à Barack Obama à composer son nouveau cabinet en trouvant des
hommes et des femmes capables de faire accepter sa nouvelle politique.
Il compte surtout sur l’ancien candidat démocrate à l’élection
présidentielle et actuel président de la Commission des affaires
étrangères du Sénat, John Kerry. D’ores et déjà Moscou a fait savoir que
sa nomination serait bienvenue. Surtout, Kerry est connu pour être « un admirateur de Bachar el-Assad » (The Washington Post) qu’il a souvent rencontré dans les années précédentes [1].
Reste à savoir si les démocrates peuvent accepter de perdre un siège au
Sénat, et si Kerry prendra le secrétariat d’État ou celui de la
Défense.
Dans le cas, où il prendrait le département
d’État, la Défense échoirait à Michèle Flournoy ou à Ashton Carter qui
poursuivraient les restrictions budgétaires en cours.
Dans le
cas ou Kerry prendrait la Défense, le département d’État reviendrait à
Susan Rice, ce qui ne manquerait pas de poser quelques problèmes : elle
s’était montrée fort discourtoise lors des derniers veto russe et
chinois, et ne paraît pas avoir le sang froid pour ce poste. Au
demeurant, les Républicains tentent de lui faire barrage.
John
Brennan, connu pour ses méthodes particulièrement sales et brutales,
pourrait devenir le prochain directeur de la CIA. Il serait chargé de
tourner la page des années Bush en liquidant les jihadistes qui
travaillèrent pour l’Agence et en démantelant l’Arabie saoudite qui
n’est plus d’aucune utilité. À défaut, la mission serait confiée à
Michael Vickers, voire à Michael Morell, l’homme de l’ombre qui se
tenait aux côtés de George W. Bush un certain 11-Septembre et lui dicta
son comportement.
Le sioniste et néanmoins réaliste
Antony Blinken pourrait devenir conseiller national de sécurité. Il
pourrait réveiller le plan qu’il avait élaboré, en 99 à Shepherdstown,
pour Bill Clinton : faire la paix au Proche-Orient en s’appuyant sur…
les Assad.
Avant même la nomination du nouveau
cabinet, le virage politique s’est déjà concrétisé avec la reprise des
négociations secrètes avec Téhéran. En effet, la nouvelle donne exige
d’abandonner la politique d’isolement de l’Iran et de reconnaître enfin
la République islamique comme une puissance régionale.