Vous comparez l’esclave agricole dans les colonies anglaises au XVIIIe siècle, aux salariés à notre époque dans le domaine de l’industrie et des services, ça n’a pas de sens.
Les salariés de l’industrie en Angleterre au XVIIIe siècle, ou des latifondia en Espagne, étaient beaucoup beaucoup plus mal traités que les esclaves noirs des plantations coloniales, parce que les patrons n’avaient aucun intérêt à leur conservation. Les esclaves étaient au moins traités comme un fermier traite son bétail, il le soigne.
Les travailleurs agricoles en France au XVIIIe était en très grande majorité des petits propriétaires ou des petits fermiers perpétuels, avec très peu de domestiques, en général pris dans la parenté. La création de grands domaines exploités par une main d’oeuvre salariée était impossible en France pour des raisons institutionnelles : le seigneur n’avait pas le droit d’exploiter ses terres directement avec des salariés, il devait la concéder. La France et l’Italie de cette époque, qui avait le même régime foncier, étaient les pays les plus productifs du point de vue agricole, avec la population rurale la plus prospères avec une classe moyenne de paysans aisés développée.
Si on excepte la condition des ouvriers de l’industrie du régime manufacturier, la pire condition d’esclave depuis le XVIIIe siècle est celle des travailleur immigré qui travaillent clandestinement dans les pays développés.