Imaginons
que l’on découvre une exoplanète où l’on soupçonne l’existence
d’une civilisation technologiquement avancée. On supputerait en
particulier que les habitants de cette planète utilisent la
télévision ou la radio. Evidemment,
même
avec les plus puissants télescopes, on ne pourrait apercevoir aucun
récepteur. En revanche il n’est pas impossible qu’on puisse détecter
par des radars appropriés les ondes électromagnétiques émises
dans les parages de cette planète. Il serait alors aisé de voir si
ces ondes sont émises par des sources naturelles (il en existe) ou
par des émetteurs artificiels transmettant des programmes de radio
ou de télévision.
Pour
la conception que je défends et que j’appelle le « modulisme »,
je prétends qu’on peut procéder de la sorte pour détecter le
mécanisme qui produit les affects dans le cerveau humain. Il y a
dans le cerveau
ce qu’on appelle le corps de Penfield,
une sorte d’homonculus constitué de multiples groupements de
neurones disposés en fonction des parties du corps réel auxquels
ils sont reliés. Les sensations tactiles en particulier passent par
l’excitation d’un ou plusieurs de ces groupements de neurones. Mon
idée est que, dans tout groupement, les neurones oscillent de façon
synchrone et particulière si bien que la modulation du
champ magnétique produite à
cet endroit est elle-même particulière et propre à l’endroit
donné. Si particulière même
qu’une piqûre à l’intérieur de la phalange supérieure du pouce
droit ne produira pas la même modulation que si elle intervenait au
pouce gauche.
Ce
n’est
pas évidemment la modulation en elle-même
qui produirait l’affect mais sa réception par un système matériel,
particulier et unique en fonction d’une modulation affective dont
j’explique par ailleurs le principe. Vous pourrez vous reporter à
mon article : « Une niche pour la conscience 2 : le
modulisme » pour avoir plus de détails. Ce que je veux
simplement dire ici c’est que, si on peut ne jamais trouver le
système matériel particulier et unique qui fait fonction de
récepteur, on peut en revanche tout à fait vérifier si les
groupements de neurones du corps de Penfield, les modules du bulbe
olfactif ou les colonnes corticales du cortex visuel primaire
produisent dans chaque unité
une modulation magnétique propre et constante pour le même individu
comme d’un individu à l’autre. La magnétoencéphalographie couplée
à la microanatomie peut tout à fait servir à cela. Encore
faudrait-il que la recherche s’intéresse à cette hypothèse...