Il
est difficile de savoir comment les choses vont évoluer après cette
résolution, et se garder de tout commentaire trop enthousiaste. Les
impériaux vont encore tenter de faire des coups fourrés, même si
Hollande a été obligé de capituler après les attentats du 13
novembre, mais non sans avoir tenté de derniers sabotages. Du côté
de Obama et Kerry, les choses semblent s’être déroulées plus ou
moins comme l’annonçait le réseau Voltaire, cependant ils sont
guidés par le souci de ne pas « perdre la face ».
En
attendant, un article à relayer, bien que datant de 2003 il est
parfaitement approprié de le rappeller : un an après l’expédition
de Suez, Londres et Washington (cette fois-ci favorable à
l’opération) montaient un plan de déstabilisation afin de se
débarrasser d’un régime syrien pas assez pro-occidental, en
employant des procédés annonçant de façon stupéfiante ceux qui
ont été utilisés ces dernières années ; rien de nouveau sous le
soleil (même si les néo-conservateurs semblent encore plus
psychopathes que leurs prédécesseurs au lendemain de la seconde
guerre mondiale) :
http://www.theguardian.com/politics/2003/sep/27/uk.syria1?CMP=share_btn_tw
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Des
documents nouvellement découverts montrent comment en 1957 Harold
Macmillan et le président Dwight Eisenhower approuvèrent un plan de
la CIA et du MI6 pour monter de faux incidents de frontière comme
prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins
pro-occidentaux, et alors d’ « éliminer » le triumvirat le
plus influent au sien du pouvoir à Damas.
[.....]
Bien
que les historiens savent que des services secrets avaient essayé de
renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première
fois qu’on trouve un document montrant que l’assassinat de trois
figures importantes était au cœur du plan. Dans ce document rédigé
par un groupe top-secret à très haut niveau réuni à Washington en
septembre 1957, aucun doute n’était laissé à Mr Macmillan et au
président Eisenhower au sujet de la nécessité d’assassiner les
hommes liges à Damas.
Une
partie du « plan préféré » disait : "Afin de
faciliter les actions des forces libératrices, de réduire la
capacité du régime syrien d’organiser et de commander ses actions
militaires, de maintenir les pertes et destructions au minimum, et de
parvenir aux buts recherchés le plus vite possible, un effort
particulier doit être mené afin d’éliminer certains individus.
Leur élimination devrait être réalisée tôt au début du
soulèvement et de l’intervention, et à la lumière des
circonstances du moment."
Le
document, approuvé par Londres et Washington, désignait trois
hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef des renseignements militaires ;
Afif al-Bizri, chef d’état-major général ; et Khaled Bakdach,
dirigeant du parti communiste syrien.
L’inquiétude
avait grandi à Downing Street et à la Maison-Blanche au sujet des
sentiments anti-occidentaux et pro-soviétiques grandissant en Syrie
depuis le renversement du régime militaire conservateur du colonel
Adib Chichakli par une alliance des partis baassites et communistes
et de leurs alliés au sein de l’armée syrienne en 1954.
[......]
Le
plan préféré ajoutait : "Une fois qu’une décision politique
sera atteinte de procéder à des perturbations internes en Syrie,
la CIA sera préparée, et le SIS [MI6] tentera de monter des
sabotages et coups mineurs au sein de la Syrie, en travaillant avec
des contacts dans le pays.
Les
deux services devraient s’entretenir de la façon appropriée
d’éviter toute interférence dans leurs activités mutuelles... Les
incidents ne devraient pas se limiter à Damas ; l’opération ne
devrait pas être excessive ; et dans la mesure du possible on
devrait s’efforcer d’éviter que les leaders syriens clés prennent
des mesures de protection personnelle supplémentaires.
Sabotage
Le
rapport affirme qu’une fois le degré nécessaire de peur atteint,
des incidents de frontières seraient mis en scène pour fournir
un prétexte pour une intervention militaire irakienne et
jordanienne. "On devra faire apparaître la Syrie comme
l’organisation de complots, de sabotages et de violences contre les
gouvernements voisins« , ajoute le rapport. »LA CIA et
le SIS devraient utiliser leurs moyens à la fois dans le domaine
psychologique et celui de l’action violente afin d’augmenter la
tension." Cela signifiait des opérations en Jordanie, en Irak
et au Liban, prenant la forme de "sabotages, conspirations
nationales et diverses activités violentes" devant être
attribuées à la Syrie.
Le
plan demandait le financement d’un « Comité Syrien Libre »,
et d’armer des "factions politiques dotées de capacités
paramilitaires ou pour d’autres actions violentes" à
l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6
succiteraient des insurrections intérieures, par exemple par les
druzes dans le sud, aideraient à libérer des prisonniers
politiques détenues à la prison de Mezze, et soulèveraient
les Frères Musulmans à Damas.
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Ahurissant
comme on retrouve la même propagande mot-pour-mot,
à
54 ans
d’intervalle.
Ce
document montre aussi que loin d’être des accidents ou des
aberrations isolés, comme certains veulent le croire, les attaques
sous fausse bannière sont un procédé couramment utilisé par les
impérialistes occidentaux.