Si je comprends bien
l’auteur, les Corses ont mal voté qui ont mis à la tête de la
région des indépendantistes et des autonomistes.
Au fond pour eux la
démocratie est dictée par la Constitution qui décrète ce qui est
bon et ce qui ne l’est pas.
Les seules élections
valides sont donc celles qui donnent des résultats qui confortent
les institutions, fussent-elles devenues inappropriées.
L’auteur ne se
pose pas la question des raisons de la persistance du sentiment
national en Corse, ce dernier est illégitime parce que son expression tribunitienne a
pris des libertés avec une constitution qui ne semble pas parole
d’évangile dans l’île rousse.
Et d’appeler l’ultra-jacobin
Chevènement à la rescousse.
Dans la complainte
chevènementiste, on retrouve quasi mot pour mot les arguments
spécieux qui dénient à la Catalogne son droit à l’indépendance
et qui multiplient les chausse-trapes administratifs pour contrarier
la soif de liberté du peuple catalan ( ou du moins de sa majorité )
qui peine à recevoir une traduction avec un gouvernement régional
conforme à ses aspirations.
J’appartiens à une
région qui fut naguère française et où un certain nombre de
personnes rêvent du retour à la mère patrie, cette région, la
Wallonie, est soumise à une constitution dont les seules
modifications sont régulièrement impulsées par le Nord du pays, la
Flandre, elle aussi en marche vers son indépendance mais non sans
piller l’état belge à son profit.
Contrairement à beaucoup
de Wallons velléitaires ou attachés à une fiction d’état, je ne
vais pas reprocher aux Flamands de profiter de nos faiblesses, il
seraient stupides de ne pas pousser leurs avantages car le maître
n’est pas responsable des mentalités d’assistés de ceux qu’il domine.
Comme citoyen belge,
je me soumets au résultat des urnes et si mes concitoyens wallons
tolèrent de se laisser mettre la corde au cou et la camisole de
force, je suis bien obligé de l’accepter.
Comme il faut
accepter que d’autres caressent d’autres rêves et transforment des
utopies en réalités.
L’Europe qui est
coupable de beaucoup de maux n’a rien à voir avec le désir qu’ont
certains groupes humains de s’affranchir de la tutelle d’un état
centralisateur.
On peut considérer
que les Corses font preuve de légèreté, que leur île n’est pas
viable sans les perfusions de la France mais certains ont le droit de
placer l’exigence de la liberté au-dessus de toutes les
contingences.
Il y a des Wallons qui voudraient réintégrer la
France, il y a des Corses qui veulent en divorcer à l’amiable, qui
peut se permettre de juger les uns et les autres au nom de
constitutions de papier ?