L’article contient des informations précieuses mais également des omissions.
Affirmer que le bachelor permet d’obtenir un niveau master 1 pourrait laisser
croire que ce diplôme délivrerait le grade de master reconnu par l’Etat. Ce n’est
pas le cas, l’étudiant aura pour seul
grade universitaire son baccalauréat de la fin de terminale. Nous nous inquièterons
de la lisibilité du diplôme grande école de Toulouse et de Kedge. En
multipliant les BBA comme des petits pains il sera bien difficile aux
recruteurs de s’y retrouver et de faire la différence. A court terme les BBA
apportent une manne financière à l’école, à plus long terme les directions
devraient réfléchir à la fameuse loi de Gresham
« la mauvaise monnaie chasse la bonne »
Je suis sans doute un horrible réactionnaire
qui n’a rien compris mais demain la
majorité des diplômés de ces écoles ne sera pas passé par la filière cpge
Grande école.
La stratégie sera-t-elle gagnante pour les écoles
? Pas certain, il existe des formations concurrentes de bonne qualité et moins
couteuses. Je pense aux DUT et à certains Bts
complétés par une licence professionnelle ou non .Je pense aux DCG de très grande qualité. Autant de
formations gratuites et financées par l’Etat.
Il n’y a pas d’ambiguïté sur le diplôme, pas
de risque de confusion avec le diplôme grande école puisque ces formations
délivrent des diplômes d’ETAT.
Les défenseurs des BBA et de la rupture du
modèle français de grande école ne
peuvent réussir qu’à trois conditions :
-
L’absence de travail d’information
des médias : le BBA est à la mode, il menace les prépas mais également les
DUT, les Bts, les Dcg, il coûte très cher et ne débouche sur aucun diplôme d’Etat.
-
L’absence de réaction des diplômés
grandes écoles face à la confusion. Intégrer une école qui fabrique autant de
BBA que de diplômés grande école conduira à la dépréciation du diplôme
-
La bienveillance de l’Etat. Mettra-t-il
en place un système de délivrance du grade de licence comparable à ce qui se passe pour la
délivrance du grade de master ?
Si ces conditions sont réunies alors l’enseignement
de la gestion sera bel et bien américanisé avec des couts de scolarité majorés de 20 000 euros.
Obsédés par leur détestation des classes
prépas les journalistes qui assurent la promotion des BBA n’ont toujours pas compris que ce type de
formation s’en prend également aux DUT,
aux Bts et aggrave les inégalités
sociales.