@JMDelatinne
Votre question sur
le fonctionnement et la liberté des média non soumis à une censure
directe trouve de mon point de vue plus réponse dans la littérature,
la philosophie, la psychologie, ou encore dans les travaux réalisés
sur cette question précise par Noam Chomsky dans sa « Fabrique
du consentement » que dans la panoplie du marionnettiste tireur
de ficelles. Même si le résultat y ressemble étrangement, même si
les dîners du Siècle à l’Automobile Club de France ou ceux du
Cercle de Lorraine, font furieusement penser aux coulisses de notre
Grand Théâtre.
Ou, comment les
intentions de la têtes provoquent de proche en proche le
garde-à-vous du corps entier ! Ainsi va la nature humaine.
Il est bien rare
dans l’histoire, constatez le, que le corps s’autonomise de la tête.
Et dans ces rares épisodes, les mouvements désordonnés sont bien
souvent, sinon toujours, finalement rassemblés par la nouvelle tête
qui pointe. Le
reste du corps suit . Bon an mal an. C’est donc bien la
tête qu’il faut observer et viser, parce que c’est d’elle que le
reste découlera presque par nécessité, presque par loi naturelle.
Evidemment, j’en
conviens aussi, le corps a une certaine influence sur la tête.
Sinon, je ne perdrais pas mon temps à lire la presse alternative et
à écrire de temps à autre un commentaire. La tête qui dirige
l’essentiel est tout de même en interaction avec le corps, et c’est
pourquoi l’information et sa circulation honnête est essentielle.
Mais une fois informé quid… ? Je ne sais. Mais c’est une
base. Peut être le corps contamine-t-il en quelque sorte la tête, comme la tête le dirige... ?
Pour être entouré
de nombreux journalistes « systèmes » tant au niveau
familial qu’amical, journalistes plutôt progressistes, sans intérêts partisans marqué à
défendre, sinon leur modeste gagne pain et leur sentiment d’œuvrer sérieusement et même passionnément, ce type de
question que vous posez, et que je me retiens rarement de leur poser
tant elle est aiguë aujourd’hui, jette un tel trouble que j’ai
parfois l’impression, en ces
occasions, de voir renaître de leurs cendres les affres de l’affaire Dreyfus.Tout dernièrement
faisant référence à Chomsky à l’un d’entre eux, loin d’être le dernier des idiots, il me répondit, vertement, les yeux injectés de colère, en perdant sa gentillesse habituelle, que tout cela lui
semblait normal et la moindre des choses. Dans un milieu donné,
selon lui, cela s’appelle faire preuve « de politesse ». Ce serait donc par
une certaine forme de « politesse », forme d’être
ensemble, que le journaliste lambda (je parle bien de ceux là
uniquement parce que ce sont les seuls que je connais) ressentirait
les sujets et la façon dont il est correct de les traiter, en toute
bonne conscience... Nous étions donc
’’d’accord’’, et j’ai arrêté ce que, je suis bien obligé de le
reconnaître, est apparenté pour eux, à une certaine forme de
harcèlement, de mal-politesse.
Ainsi, pour vous répondre, ce serait par une
sorte de courtoisie que des informations intéressantes, voir
essentielles, ne franchissent pas le seuil des publications de nos
journaux conventionnels...
Face à la gravité de la chose, on se surprend à sourire, mais... Imaginez poser votre
questions au Cercle de Lorraine ou aux dîners du Siècle…Certains l’ont fait,
et d’autres le feront encore, à l’instar d’une Naomi Klein à l’ONU. Ils n’y seront plus
jamais invités… parce qu’ils n’y respectent pas les règles de
courtoisies essentielles.
C’est du Prince que
découle le bien parler.
Finalement ces
mécanismes sont à l’oeuvre à l’intérieure de n’importe quel groupe
ou famille. Cet ’esprit de corps’ est en bien des
circonstances la condition sine qua non de la subsistance. Il
faut un esprit déviant pour échapper à cette attirance naturelle
là.
Il en résulte que
la déviance est une nécessité aussi à la subsistance d’un corps,
qu’un trop de cohérence mènerait au gouffre.
Cordialement.
Laurent