Intéressant
article qui amène évidemment les débats sur le sens de Pâque et la notion de
sacrifice.
Contrairement à njama, il me semble que le sacrifice de
Jésus Christ peut se comprendre clairement au travers du sens spirituel que
cette fête juive ne faisait qu’annoncer prophétiquement. Selon
l’évangile de Jean, Jésus est « l’agneau de Dieu qui
ôte le péché du monde » et son sacrifice à Pâque
nous rappelle que c’est grâce au sang d’un agneau que l’ange
destructeur a épargné ceux qui ont crus la parole de Moïse et qui
l’ont mis en évidence sur le linteau de leurs portes (voir le livre de l’Exode au chapitre 12)
et qui ont pu ainsi quitter l’emprise de l’esclavage et de la
servitude.
Mais de même que ceux qui tournent la clé de contact de
leur voiture le matin n’ont pas besoin de connaître les lois de la
mécanique qui transforment dans un moteur thermique la force
linéaire des pistons en puissance circulaire qui fait tourner les
roues et les ainsi amène à destination, de même il n’est pas besoin de
connaître toutes les subtilités des dynamiques spirituelles
bibliques pour bénéficier de la puissance d’amour qui provient de
la croix. Il suffit d’y croire.
Au
travers des récits bibliques nous pouvons discerner deux
dynamiques qui s’opposent depuis le début de l’histoire humaine.
D’un côté, il y a ceux qui s’imaginent (quelle que soit leur
religion) que leurs œuvres et leurs efforts pourraient leur
permettre d’avoir accès à l’approbation de Dieu (avec ou sans 70
vierges) ; et de l’autre côté il y a ceux qui ont saisi à la
suite des apôtres et de Paul que seule l’oeuvre de Dieu en Jésus
Christ peut être capable de nous ouvrir le chemin vers la Vie de l’éternité.
Si l’on peut constater que ces deux idéaux s’opposent c’est parce
qu’ils sont orientés dans deux directions totalement opposées.
Ceux
qui
recherchent l’approbation divine par leur offrande et leur
sacrifice, finissent malheureusement comme Caïn qui devint un meurtrier.
Le Grand Prêtre juif de l’évangile, les croisés
du moyen age et les salafistes modernes font hélas partie
de cette catégorie qui met à mort leurs frères en humanité en croyant
rendre un culte à Dieu. Lorsque l’intérêt du groupe prime sur le respect
et la considération de l’individu, la dérive meurtrière n’est pas loin
avec son sinistre cortège...
Mais ceux qui ont reçu le Don de Dieu ne recherchent plus une place
au paradis, car ils ont compris qu’elle leur avait déjà été donnée
gracieusement, de manière imméritée « non pas à
cause des oeuvres, mais à cause de leur foi ». Ces croyants ne cherchent donc plus à acquérir quelque chose d’En Haut, mais
ils sont assez riches pour répandre autour d’eux le don d’amour de
Dieu en Jésus Christ, car ils ont compris que « tout
ce qui contribue à la vie et à la piété leur a déjà été donné
par Celui qui les a appelé par Sa propre grâce et par Sa
vertu » (2 Pierre 1.). Ils considèrent alors comme un honneur de
partager avec leur prochain cette vie divine répandue sur eux par
l’amour de Dieu manifesté en Jésus Christ. Comme un pauvre partage avec
d’autres la nourriture
abondante qui lui a été donnée, ils partagent gratuitement autour d’eux
cette grâce abondante et imméritée qu’ils ont saisi par la foi. Comme
l’annonçait le Christ concernant ceux qui croiraient en Lui : « des fleuves d’eau vive couleront de leur sein ».
Vu sous cet angle, toutes les religions ne
se valent évidemment pas...