En trompant leurs interlocuteurs de gauche sur leurs intentions et leur ligne politique et éditoriale, en se faisant passer auprès d’eux pour un média « indépendant »76, voire en ne s’annonçant pas du tout, ils contreviennent au quatrième principe de la charte : « ne pas user de méthodes déloyales pour obtenir des informations, des photographies et des documents ».
Surtout, ils bafouent l’un des plus importants, le neuvième devoir : « ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste ».
Un succès inquiétant
En dépit de ces manquements, l’AIL commence à se forger une réputation de média « sérieux » et a même été, à sa grande fierté, relayée à plusieurs reprises ces derniers mois par la presse dominante que pourtant elle dit exécrer (mais dont elle n’hésite pas à reprendre certaines informations) : que ce soit France 2 qui a repris ses images d’une manifestation anti-aéroport à Nantes – sans citer l’AIL il est vrai, mais c’est toujours quand même un bon prétexte pour se mettre en valeur en faisant mine de protester77– ou à plusieurs reprises par le site @rrêt sur Images de Daniel Schneidermann, qui semble ne pas trop savoir sur quel pied danser, puisque l’Agence y a d’abord été justement qualifiée de« média d’extrême droite » avant que la mention ne soit improbablement supprimée, peut-être suite à des menaces de poursuites judiciaires, comme l’avait à l’époque laissé entendre Jonathan Moadab sur Facebook78.