Les guillotinés des guerres françaises en Algérie
"Dès lors qu’on avait arrêté quelqu’un, il fallait qu’il soit
coupable. Quand une bombe avait éclaté, si on attrapait un type et qu’on
trouvait qu’il avait la tête du client, on ne s’en embarrassait pas
plus", témoignage de Jean-Claude Périer, membre du Conseil Supérieur de
la Magistrature (CSM) en 1956.
« Avis défavorable au recours » ou encore « Recours à rejeter » : ces deux
formules tracées à l’encre bleue ont la préférence de François
Mitterrand quand, garde des Sceaux, il décide de donner un avis au recours en grâce des condamnés à mort du FLN dont les
dossiers lui sont soumis. René Coty, président de la République - et
décideur ultime -, préfère barrer d’un long trait noir la première page
du formulaire administratif et indiquer sur l’autre, d’une écriture
ronde d’enfant, qu’il laissera « la justice suivre son cours ». Des
expressions qui reviennent tout au long des dossiers de condamnés à mort
exécutés durant la guerre d’Algérie. Sinistres périodes, sans parler des « enfumages », sorte de gazage à bas coût des civils « musulmans », ou des oreilles coupées, car il est plus facile de transporter des tonneaux d’oreilles afin de décompter les morts, que de transporter les cadavres ou les têtes. Elle était belle la civilisation apportée par la France aux Algériens, à l’image de qu’apportent, en ce moment, les Occidentaux aux Irakiens, aux Syriens et aux Yéménites.
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