@alinea
@alinea Bonjour Alinea.
Pour moi ce n’est pas très cohérent de
proposer que la Russie et la Syrie soient laissés à eux-mêmes comme des
grands qui savent ce qu’ils ont à faire alors que le premier "sait ce
qu’il a à faire" chez le second. Nous, on ne pourrait pas se pencher,
qui plus est, là seulement en commentaires, sur ce qu’il advient, non
pas en fait de la Syrie, mais des Syriens, et Poutine, lui, pourrait y
envoyer de quoi bombarder. Premier point.
Evidemment une
objection du type "ah mais attention l’intervention de la Russie est
légitime car elle est demandée par... le gouvernement !" est, pour moi
irrecevable car aucun dictateur, celui-là plus que les autres tellement
il fait un carnage, n’est légitime. Cela renvoie à ce « campisme » qui a
fait des ravages du temps de l’URSS et que l’on retrouve ici. On se fout
du peuple, ce qui compte c’est d’être du côté de l’ennemi des US. Tant
pis si c’est un salaud comme on en fait rarement genre Assad !
Moi,
je reste sur les bases de l’internationalisme qui donne la priorité au
peuple, aux peuples exploités, écrasés par les dictateurs, qui plus est
totalement capitalistes. Qu’il s’agisse de Poutine ou d’Assad. Le
principe de non-ingérence dans les affaires d’un pays qui, au demeurant
est très souvent bafoué, comme le démontre ici la Russie, revient à
soutenir « par abstention » des dictatures et à les laisser massacrer un
peuple ou une partie de ce peuple.
Ce campisme, que tu reprend à
ton compte, a une triste histoire, puisqu’il date déjà de la
contre-révolution stalinienne qui a imposé aux PC de taire toute
critique envers le dictateur et à s’aligner aveuglément sur sa défense
contre l’ennemi impérialiste. Y compris à l’occasion des l’aberrant
pacte germano-soviétique. Et tant pis pour le peuple/les peuples de
l’URSS ! Ce qui a conduit celle-ci à disparaître corps et bien car cette
dictature s’est épuisée dans sa rivalité avec les US sans pouvoir
compter sur l’appui du peuple ! Et pour cause ! Les maoïstes ont repris
cette énormité campiste en n’hésitant pas à faire alliance avec Nixon
contre l’influence soviétique ! C’est dire à quelles énormités ce choix
expose. On voit aujourd’hui sur la Syrie (je laisse de côté pour nous
concentrer sur un point l’Ukraine, on ne peut pas tout aborder dans ces
commentaires). En fait on croit combattre l’OTAN et les US en soutenant
des dictatures et on s’expose à voir le capitalisme international
triompher (en Russie comme en Chine) toujours au détriment ds peuples !
Dernier
point : ces migrants qui fuient la Syrie qu’est-ce qu’ils deviennent
dans ton schéma de non-ingérence dans les affaires d’un pays. Tu ne vas
pas à eux mais ils viennent à toi, à nous. De fait ils portent sur eux une
critique du régime syrien comme de Daesh ! Comment tu les insères dans
ton raisonnement ? C’est des contre-révolutionnaires ? Ils font le jeu
des US ? Il faut donc les renvoyer ? Histoire qu’ils ne nous contaminent
pas avec la propagande US sur la Syrie ?
Ta position est
intenable si l’on fait des peuples le souci prioritaire de ce qu’il faut
rappeler être l’internationalisme ! Moi, en l’occurrence, je soutiens
ceux qui luttent, à armes inégales, sur deux fronts en Syrie : contre
les salauds de Daesh et contre les salauds de l’équipe Assad ! Ce n’est
pas simple, cela expose à des contradictions mais jamais comme celles
que présentent les « souteneurs » d’Etats terroristes ! Dernier point :
quant à la lutte contre les Etats-unis, contre cet impérialisme, il
passe par des mobilisations comme contre le Tafta ou en soutien aux
peuples qui leur résistent : Cuba et dans le reste de l’Amérique Latine,
contre leur appui à Israël, etc. Contre aussi notre propre impérialisme
entre autres en Afrique.