@philouie
« Dieu étant immuable, rien de nos actes ne peuvent lui faire plaisir ou déplaisir »
Dieu ne se révèle pas dans le Coran, mais vous savez tout de même qui est Dieu ! Comment faites-vous ? Peut-on lui associer la notion de plaisir ?
En fait, on peut se poser la question de l’utilisation du verbe aimer dans le Coran. Celui-ci est utilisé pour indiquer que appréciation, comme quand je dit que je préfère la couleur bleue. Est-ce que cela pourrait sous entendre une notion de plaisir ? Où est-ce l’utilisation d’une langue humaine qui crée une approximation ?
« Si l’on s’interroge sur la question de l’amour, on voit que le problème est celui de l’altruisme et de l’égotisme, c’est à dire du narcissisme »
On peut associer altruisme au mot grec « Agapè » et égotisme ou narcissisme à « Eros », mais il me semble qu’il n’y a pas de vraie équivalence pour l’altruisme parce que l’altruisme peut se pratiquer sans amour pour des raisons de construction religieuse ou philosophique.
« la Volonté Divine qui veut le Bien pour chacune de Ses créatures » Comment définir le Bien ? La santé, la richesse ? En est-on si sûr ?
Pour les Chrétiens, la seule fin possible pour Dieu est le salut par l’Amour et non par la loi. Il me semble que pour un Chrétien, le Bien doit se définir dans cette perspective.
« ce que les chrétiens nomment le péché originel »
J’ai personnellement une définition tout à fait différente du péché originel. Pour moi, la découverte de l’existence Dieu ne peut constituer un péché en soi, car Dieu pouvait ne pas se révéler. Mais cette découverte entraîne l’idée qu’il y a des limites à notre toute puissance. La transgression des limites constitue le péché. Le péché originel est à l’origine du péché, mais n’est pas un péché.
« Ainsi l’aumône ne consiste pas seulement à donner mais consiste aussi à se détacher de son bien »
Cette idée de détachement est plus bouddhiste que Chrétienne. L’amour n’est pas le détachement. L’argent n’est qu’un outil qui doit être utilisé avec discernement. Si un détachement doit avoir lieu, c’est sans doute de tout ce qui éloigne de l’amour : égoïsme...
« sauf que Saint Paul met la charrue avant les bœufs, l’amour n’est pas quelque chose qui se décrète, qui se commande, c’est quelque chose qui nait de lui-même lorsque l’attachement disparait »
St Paul ne met pas la charrue avant les bœufs. L’amour ne se décrète peut-être pas, mais c’est la condition du salut et nous disposons des outil pour le trouver. Donc faire la Charité sans l’amour n’a pas de sens pour les Chrétiens. Le Christ est prêt à nous inonder d’amour si nous lui demandons avec sincérité. Il peut aussi mettre des conditions (du genre vider nos placards de leurs cadavres ou se réconcilier), mais dans ce cas il peut être explicite. Il n’aime pas beaucoup les démons, donc si vous pratiquez la magie, la voyance, le magnétisme... il vaut mieux se débarrasser de ça, mais il peut aider.
Vous n’arrivez pas à placer la loi après l’amour parce que c’est contraire à tout ce qu’on vous a enseigné. Nous touchons du doigt l’originalité et la spécificité profonde du Christianisme, mais c’est aussi ce qui fait le gouffre entre l’Islam et le Christianisme. Pour un Chrétien, l’amour est naturel, d’autant plus que la seule loi connu est une demande d’amour. Cette loi englobe toutes les autres dans la mesure où l’amour implique un comportement respectueux et que cet amour n’est pas limité à un groupe restreint de personnes.