En août 1997, le banquier d’affaires
Alain Minc publiait son livre le plus ahurissant : « La
mondialisation heureuse. »
Quand on lit ce livre aujourd’hui, on
se rend compte qu’Alain Minc a passé sa vie à écrire des âneries.
La mondialisation heureuse pour qui ?
Réponse :
La mondialisation heureuse … pour les
10 % les plus riches.
Mais c’est la mondialisation
MALHEUREUSE pour 90 % de la population.
Sur le site internet forbes.com, Panos
Mourdoukoutas écrit :
Le rêve
brisé : 90% des Américains sont dans une situation pire
aujourd’hui qu’elle ne l’était au début des années 1970.
http://www.forbes.com/sites/panosmourdoukoutas/2016/04/23/lost-dream-90-of-americans-are-worse-off-today-than-they-were-in-the-early-1970s/#7c72543e5dde
Pour la vaste majorité des Américains,
l’économie de leur pays est dans un état de stagnation prolongée,
bien pire que celui du Japon. C’est en tout cas le constat
lorsqu’on prend en compte les revenus réels, c’est-à-dire
ajustés à l’inflation.
90 % des Américains gagnent plus
ou moins le même revenu réel qu’au début des années 70, d’après
une étude récente publiée par le Levy Economic Institute. La
stagnation économique du Japon remonte au début des années 90.
Aux Etats-Unis, la stagnation
économique n’a pas atteint les 10 % restants, qui ont assisté
à une augmentation conséquente de leurs revenus réels durant la
même période.
Ce constat tranche avec celui des
décennies qui ont précédé les années 70, soit à partir de la
fin des années 40, lorsque les revenus réels des 2 groupes ont
fortement augmenté durant la même période. Même si les 90 %
connurent une progression plus élevée de leurs revenus que les 10 %
les plus riches.
Pour faire simple, pour la grande
majorité des Américains, le rêve d’une vie meilleure s’est
évaporé au début des années 70.
Comment expliquer ce changement majeur
dans la distribution de la richesse durant ces 4 dernières
décennies ?
Cette période a coïncidé avec
l’ouverture grandissant de l’économie américaine au commerce
mondial et aux investissements étrangers. La mondialisation est
donc le premier suspect qui vient à l’esprit.
L’ouverture économique a mis en
concurrence les entrepreneurs et les travailleurs américains avec
leurs pairs étrangers. Pour les 10 % les plus riches de la
population, ceux qui disposent des compétences requises, l’ouverture
de l’économie américaine fut une bonne chose, une source
d’efficacité et d’opportunités qui se sont traduites par des
revenus plus élevés.
Pour les 90 % restants de la
population, ceux qui ne disposent pas des compétences adéquates ou
de compétence limitée, l’ouverture de l’économie américaine
fut une mauvaise chose, une source de perte d’emploi et de revenus
inférieurs.
Mais un autre élément peut expliquer
cette situation.
Ces changements dans la distribution de
la richesse se sont empirés après la Grande Récession, ce qui nous
amène au second suspect : les politiques de taux planchers, qui
ont dopé la valeur des actions et des obligations, profitant
directement aux 10 %, les plus susceptibles de posséder ces
actifs.
Il ne faut donc pas s’étonner de
l’énorme soutien dont jouissent Donald Trump et Bernie Sanders,
qui accusent la mondialisation et Wall Street de tuer le rêve
américain.
Panos Mourdoukoutas.
Regardez bien la figure 6, intitulée
« Index
of Real Average Income, 1945−2014 » :
http://www.levyinstitute.org/pubs/sa_mar_16.pdf