Je vous écris
d’un endroit où c’est déjà le 20 juillet au matin. C’est un endroit très reculé
dans un pays qui fut naguère la première puissance communiste du monde. Pour
situer géographiquement, ce n’est pas très loin du lac Baïkal. Dans ce coin de
paradis, les gens n’ont rien, mais quand je dis : rien, c’est absolument rien.
Pas d’internet, de téléphone, d’ordinateur, de télévision, de cinéma,
d’hôpitaux, de route, rien de rien. Ils ont de petites maisons bricolées avec
ce qu’ils ont pu trouver à droite et à gauche et qui me fait penser à nos
villages roms en bordure des routes. Les gens ont de la ressource et vivent en
cultivant la terre avant qu’elle ne gèle (c’est pour dans 2 mois) ou en
ramassant ce qu’ils trouvent dans les forêts voisines.
Ces gens ne
se posent pas la question de savoir pourquoi le communisme a échoué et même
comment font les gens pour vivre à Moscou ou Saint Pétersbourg. Ils se disent
tout simplement que si ça a échoué c’est que ce n’était pas le bon système et
ils passent à autre chose, car ils ont de la bouffe à aller chercher en forêt
et c’est foutrement plus important que de savoir si l’euro coulera l’Europe ou les
sportifs russes iront au Brésil.
Si je suis
ici, c’est parce que les russes qui ont beaucoup de médecins compétents mais
pas de médicaments ont trouvé un truc génial pour soigner une grande partie des
maladies : le jeunes.
Comme cela
fait maintenant 10 jours que je ne mange plus rien et ne bois que de l’eau,
j’ai les idées claires et à l’heure où une société de partage de logements
Arnbe est en deux ans deux fois plus riche que le groupe Accor qui a mis 40 ans
a se monter, qu’une société ARM est en train de fabriquer des robots vendeurs
qui seront pour noël dans tous les Darty de France (exit les vendeur qui deviendront
chômeurs) j’en viens à me demander si la solution à tous nos problèmes n’est
pas dans le renoncement parce qu’est-ce que cela peut faire si El Komri rabote
les acquis sociaux des travailleurs alors que dans moins de 10 ans on sera tous
chômeur. Qu’est-ce que cela peut faire si la France ne crée plus de richesse
alors que 60% du PIB nationale sert à payer la protection sociale.
Tant que nos
politiques de changeront pas de logiciel pour s’adapter à notre nouveau futur
qui est : « Comment faire avec rien » on pourra palabrer et se
rejeter mutuellement la faute.
En attendant,
le ventre vide depuis dix jours je m’en vais faire mes 35 km à pied tout près
du lac le plus profond du monde et cela, ça n’a pas de prix. Bonjour (car il
est 6 Heures) de la Transbaïkalie, là où
avant il y avait des mongols