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Commentaire de ExSam

sur L'école : cinq ans pour changer de cap ?


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ExSam (---.---.54.53) 9 mars 2007 17:18

On aimerait pouvoir dire « amen » à vos propositions, Armen.

Malheureusement, l’article, le lecteur, l’école et le monde sont ainsi faits que l’on voudra plutôt donner quelques indications sur ce qui nous titille.

1 officialiser le développement des capacités de coopération des enseignants.

Les enseignants, au moins dans le primaire échangent des connaissances sur leurs élèves, apprennent le parcours et les acquis des élèves de leurs classes, en début d’année, en interrogeant et consultant bulletins, et collègues qui les ont eus l’année ou les années précédentes.

Ils travaillent avec l’équipe des ATSEM,, dans les maternelles, et l’équipe de la cantine pour définir avec elles les taches péri-scolaires à accomplir.

Ils ont la volonté et l’obligation de bien les articuler pédagogiquement avec le projet de chaque enseignant, les nécessités des personnels de service, le projet d’école, les volontés de la commune, la perception des parents, le bien-être des enfants, les possibles contraintes de fermeture de l’école et les horaires des transports en commun. Les enseignants ne sauraient se passer, également, de travaiiler au plus près avec les rééducateurs qui viennent intervenir auprès de certains élèves dans leur classe, interventions définies, organisées et planifiées obligatoirement en commun, et avec la supervision de l’Inspection Dépatementale.

2- abandonner progressivement, au profit de modes d’évaluation novateurs et auto-formateurs, les modes d’évaluation stigmatisants, plus ou moins arbitraires, qui fragilisent la confiance de l’enfant dans ses capacités, exacerbent l’esprit d’hyper-compétition et pervertissent le désir et les raisons d’apprendre.

L’école doit s’ouvrir au monde, il ne faut pas la « sanctuariser » disait Bayrou-ministre. Le monde est de plus en plus compétitif. Les parents réclament des compétences pour leurs enfants, du travail à la maison, alors qu’en primaire normalement il ne faut pas en donner. Les enfants eux-mêmes réclament une évaluation qui leur permette de voir clairement où ils se situent par rapport aux autres, bien souvent. Faut-il donc cultiver la contradiction et continuer l’ouverture de l’école - comme en témoignent les Conseils d’Ecole, les journées portes ouvertes, les participations parentales aux journées de sorties diverses, les modules de formation civique intauré entre l’Ecole, les municipalités et les parents - tout en rejetant le principe structurant la société, nous sommes d’accord, pour son mal ?

Ou porter l’effort sur la société avant et autour de l’Ecole, pour que les relations au travail, les modèles parentaux et la société de la techno-science ne soit plus tout autant vouée à l’hyper-compétitivité, ce qui générera des adultes et enfants possiblement ouverts et demandeurs d’une éducation autre ?..

3- repenser fondamentalement le statut de l’erreur dans les processus d’apprentissage et de formation. C’est une question centrale.

J’ai pu constater qu’il existe un certain nombre d’ouvrages didactiques sur l’erreur et ses bienfaits.

La pédagogie constructiviste dominante dans l’Education n’est-elle pas un système qui laisse largement place à l’erreur, comme révalatrice des impasses cognitifs à éviter dans le tunnel qui conduit l’élève à la compréhension ?

4- assurer les apprentissages en cycles de maturation et non, rigidement, par année d’âge, qui conduit à faire avancer au même pas les élèves nés en janvier et d’autres nés en décembre de la même année.

Un enseignant qui ne fait pas un cours magistral, mais lorgne plutôt - un peu - vers la pédagogie différenciée ne peut faire l’économie de prévoir des séquences et des contenus qui varient les temps d’acquisition, les modalités de présentation d’un savoir, comme le niveau du savoir proposé et des compétences travaillées, suivant les âges des élèves.

5- assurer la formation à « la médiation et à la résolution des conflits » pour les élèves comme pour les adultes.

Pourquoi investir des sommes dont les politiques seront toujours prompts à dire qu’elles coutent à la collectivité - comme si l’éducation, les enseignants n’étaient pas dans la collectivité - alors que diminuer simplement le nombre d’élèves dans les classes et élaguer les savoirs à transmettre (faut-il par exemple enseigner forcément les règles de la prévention routière en primaire ?)serait d’un effet très important et immédiat sur les incivilités en classe et autour ?..

Sans sous-estimer la complexité des facteurs en jeu, ces cinq mesures obtiendraient sans trop de peine un large consensus

Je ne le crois pas, pas dans le monde enseignant en tous cas. Comme tend à le montrer mon message, il y a énormément de travail fait dans les écoles, travail immense au quotidien, peu connu, pas reconnu, pas compris, et surtout passé sous silence, pour que nos politiques et nos « avis autorisés » se permettent de charger la barque Ecole et la supposée incurie des enseignants.

C’est ainsi que la barque menace de couler, c’est ainsi que la démotivation enseignante n’a jamais été aussi forte, c’est ainsi que les agressions et incivilités à leur égard n’ont jamais aussi graves, et les problèmes de santé correlatifs prennent l’allure, aujourd’hui, d’un véritable feu de forêt.

Ceci dit, je veux bien souscrire à l’idée que vous êtes, dans votre compétence, un excellent professionnel.


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