Vous savez ce qui se passe en fait ? Il y a une grande hypocrisie et une belle lâcheté de la part des grandes puissances.
Vous savez que l’ONU interdit l’acquisition de territoires par la force. Je vous donne un extrait de la résolution du Conseil de sécurité relative à la guerre de 1967 :
"Le Conseil de sécurité,
[...]
Soulignant l’inadmissibilité de l’acquisition de territoires par la guerre et la nécessité d’œuvrer pour une paix juste et durable permettant à chaque État de la région de vivre en sécurité,
[...]
1. Affirme que l’accomplissement des principes de la Charte exige l’instauration d’une paix juste et durable au Proche-Orient qui devrait comprendre l’application des deux principes suivants :
i) Retrait des forces armées israéliennes des territoires occupés au cours du récent conflit ;
ii) Fin de toute revendication ou de tout état de belligérance, respect et reconnaissance de la souveraineté, de l’intégrité territoriale et de l’indépendance politique de chaque État de la région et de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence "
C’est exactement ce que je proposais dans ma dernière correspondance. Notez que le retrait est énoncé en premier lieu. C’est l’alpha de tout le processus.
Israël ignore complètement cette résolution émanant d’un organisme à qui il doit pourtant sa légalité. Aucune puissance ne veut le lui rappeler et ne cherche à le sanctionner alors que pour moins que cela la Libye (qui s’est mêlée des affaires du Tchad), l’Irak (qui a envahi le Koweit) se sont fait promptement estourbir par la ’Grande démocratie’.
Deux poids, deux mesures.
Où sont la morale, le droit et la justice là-dedans ? C’est ce genre d’hypocrisie qui donne naissance aux fous de Dieu ; il n’ y a pas vraiment d’autre raison.
Israël cherche en fait à contourner la 242 en bénéficiant du silence complice des grandes puissances. Que cherche-t-il ?
Israël veut jouer sur la légalité comme suit : « l’acquisition par la force n’étant pas autorisée, je vais amener les Palestiniens à signer un accord me donnant ce que je veux. Il suffit pour cela que mes amis occidentaux ferment les yeux sur la non-application de ladite résolution jusqu’à ce que par guerre, usure, pression, enfermement et désespoir j’amène les Palestiniens à se contenter de peu »
Et le tour est joué.
En ne sommant pas Israël d’avoir à appliquer la 242, les occidentaux sont parfaitement complices du jeu israélien qui dure 40 ans. Pourquoi les Américains n’interviennent-t-ils pas contre lui tout comme ils l’ont fait contre l’Irak ?
Si, d’une part on ne le fait pas, et si, d’autre part on traite toute organisation de résistance, de terroriste (sous- entendu : ’ne résistez pas à Israël’), que voulez-vous que fassent les Palestiniens pour récupérer les lambeaux qui restent de leur patrie ?
Le comble : on demande au Hamas de reconnaître Israël avant même que celui-ci se soumette à la 242. Et ce n’est même pas Israël qui s’adresse pour cela à ce Hamas, représentant d’un peuple spolié et qui croupit dans les baraques de réfugiés. Ses complices le font pour lui avec un zèle inoui.
Ce travail, les occidentaux ne l’ont jamais fait pour aucun autre Etat, quel qu’il soit.
Ce lundi l’attentat de Tel Aviv a fait 10 malheureuses victimes. La France, l’Europe et l’Amérique (pas la Chine, le Cameroun ou le Siam) ont vécu cela comme une catastrophe à la quelle ils ont été plus sensibles que leur actualité. Ce même jour, 63 Mexicains décédaient dans un grave accident. Simple fait divers...
Israël est un Etat spécial.