Un mix électrique 100% renouvelable n’est pas techniquement impossible mais serait hors de prix et socialement rejeté.
Hors de prix car l’ADEME a (volontairement ?) très fortement sous-estimé les rendements de stockage du « power to gaz » ainsi que les pertes dans les réseaux électriques qu’il faudrait considérablement renforcer.
Socialement inacceptable, car vouloir envahir nos territoires par des dizaines de milliers d’éoliennes, d’« usines à gaz » (stockage) et de « fermes solaires » mettrait la France à feu et à sang bien avant qu’on ait atteint le dixième de l’objectif : les exemples de Sivens, NDDL et des ZADistes le montrent sans qu’il soit besoin de plus d’explications.
Signalons que l’ADEME n’a jamais prétendu avoir résolu le problème du 100% renouvelable, car il y a des aspects de l’étude qui bloquent comme l’équilibre instantané du réseau ; actuellement cet équilibre est réalisé avec les groupes tournants des centrales classiques ; avec les interfaces numériques des éoliennes et panneaux solaires, c’est quasiment insoluble. Il faut lire entre les lignes de l’étude ADEME et remarquer le point d’interrogation du titre (100% renouvelable en 2050 ?) pour s’en rendre compte.
En réalité, tous ces chercheurs bardés d’ordinateurs et experts en programmation n’ont aucune expérience industrielle et leurs pseudo démonstrations théoriques sont truffées de grossières lacunes. Leur seul mérite c’est de forcer à mettre le doigt sur les problèmes de fond à traiter avant d’espérer arriver au Nirvana (légitime) du 100% renouvelable.
Le drame c’est que de nombreux journalistes qui se disent « scientifiques » se font l’écho de ce type de rapports au point d’en devenir les ardents défenseurs en oubliant le sens critique voire physique : le cas du média « Les Techniques de l’Ingénieur » et d’Olivier Danielo est édifiant. Rares sont ceux comme Sylvestre Huet qui ont une vraie culture et sont capables de relativiser les propos fracassants de l’ADEME ou de l’Université de Stanford.
Il faut donc se contenter du nucléaire pour de nombreuses décennies, et de développer la recherche sur les énergies renouvelables. A terme, peut-être que le soleil, le vent et les marées fourniront une énergie de base fiable à bas coût, mais il est probable que le nucléaire progressera aussi au point de devenir lui-même une énergie renouvelable.