@Neymare
Il ne peut y avoir
d’esprit sans qu’il « soit » et qu’il « pense ».
C’est le fameux « Je pense donc je suis » de Descartes. Or « penser »
c’est nécessairement enchaîner les pensées, de même qu’il n’y a
pas de musique sans succession de notes ni de cinéma sans succession
d’images.
Et cette succession
nécessaire suppose un « avant », un « maintenant »
et un « après », autrement dit une flèche du temps,
autrement dit une dimension temps.
Dans certains
cerveaux souffrant de grave hypoxie ou qui réagissent mal aux
anesthésiques, outre la libération d’endorphines qui au réveil
donneront aux malades le souvenir d’un très plaisant état de paix,
il est très vraisemblable qu’un fonctionnement anormal des neurones
de la mémoire envoie dans le cortex des souvenirs qui n’étaient pas
sollicités à l’état normal. D’où cette impression de
revoir la totalité de sa vie passée. En réalité les souvenirs
marquants de celle-ci.
Bien entendu, la
mémoire peut faire apparaître proches dans le temps, des moments du
passé qui en sont en fait très éloignés, tout comme on peut faire
voisiner des photos d’une personne, enfant et vieillard, dans le même
cadre.
Mais évidemment,
elles ne sont pas superposées. Il en est de même dans la mémoire.
Cette impression de simultanéité est nécessairement une illusion.
[Pour] celui qui
est hors du temps [..] il n’existe pas [..]un avenir qu’il
pourrait prophétiser.
S’il
ne connaît pas l’avenir comme le passé, cet esprit n’est pas
omniscient alors que le Dieu monothéiste l’est selon le dogme. Et
puis, il y a contradiction que cet esprit ne connaisse pas l’avenir
alors qu’il peut voir « la fin de l’univers ».
S’il
n’y a pas de pensée sans enchaînement de pensées, il faut
nécessairement que « quelque chose » qui est le support
de cette pensée change d’état, quelque chose qui n’est pas la
pensée elle-même.
Pour
la pensée humaine, ce sont bien entendu les communications
synaptiques et le contenu de certains neurones qui sont modifiés.
Mais pour un Éternel avant la création de l’Univers, donc de
l’espace avec un contenu non vide, quel est le support de pensée qui
change d’état ?
J’ajoute
que la question se pose de ce que peut penser un esprit en dehors de
tout univers, de tout espace, de toute donnée sensorielle et ce
pendant une éternité avant la création ex nihilo de l’Univers ...
Vous
dites que les religions prétendent que ce qui existe est esprit. Moi
je crois savoir que toutes ont forgé le mythe d’une création
matérielle avec d’ailleurs beaucoup de variétés parmi les
centaines que l’Homme a créé pour s’expliquer le monde.
Seul
le théologien anglais Berkeley a prétendu que la matière
n’existait pas. Mais il ne pouvait pas expliquer pourquoi tous les
esprits de l’univers dont les esprits humains, ne communiquaient pas
instantanément entre eux ainsi qu’avec Dieu leur créateur.
La
théorie des multivers (multitude d’univers) n’est pas une
« observation » des physiciens qui travaillent sur les
phénomènes quantiques. Elle n’est qu’une théorie parmi
d’autres pour tenter d’expliquer les résultats de l’expérience des
franges de Young ou du « chat de Schrodinger ».
Elle
consiste à dire qu’un univers supplémentaire est créé quand un
résultat d’expérience ne peut être prédit. Par exemple le chat de
Schrodinger sera mort dans un univers et vivant dans l’autre, car il
ne peut être à la fois vivant et mort dans notre univers.
Le
problème de cette théorie est qu’elle ne prend pas en compte les
phénomènes quantiques indécelés qui conduiraient à un nombre
d’univers « parallèles » incommensurablement grand et en
croissance permanente.
Ce
qui poserait le problème du « support » (espace-temps) de
ces multitudes d’univers chacun avec nos quatre millions de milliards
de milliards d’étoiles !
Cette
théorie est différente de celle de Feynman, la théorie du "tous
chemins" : la particule non décohérée utilise l’infinité de
chemins possibles pour aller d’un point à un autre jusqu’à ce qu’un
détecteur de matière décohérée (notre matière) en interférant
avec elle d’une manière ou d’une autre (ce qu’on appelle « mesure »,
mot ambigu ) l’oblige à « décohérer » (mot ambigu aussi)
pour exister dans notre matière. Alors tout se passe comme si
récursivement un « chemin » et un seul avait été
utilisé par la particule encore virtuelle.
Il
est clair que dans le « vide »
quantique, plein de particules virtuelles et d’énergie en
réalité, la « flèche du temps » n’existe pas comme dans la
partie de particules réelles où nous vivons car tout ce qui s’y
passe, et nous est inaccessible, est forcément réversible,
sinon ce « vide » se viderait (!) de sa matière-énergie
virtuelle en particules réelles de notre monde.
L’univers
du vide quantique retourne aux mêmes états en permanence, à
l’image d’une roue en train de tourner et dont en observant sa
position, on ne peut dire combien de rotations ont déjà été
effectuées . Dans le vide quantique, le temps est sans doute
« cyclique » et il n’a ainsi pas « d’histoire ».