Je crois que
toute société crée son élite et son idéologie dominante. Celle-ci n’est pas
forcément liberticide. Les Etats-Unis, qui sont à la source de l’idéologie
dominante qui gouverne nos élites et notre société ont maintenu leur 1er
amendement en vigueur : c’est assez extraordinaire.
La France,
qui apparaît chaque jour davantage comme une province de l’Etat-monde que sont
les USA et leurs institutions économiques et militaires, n’a plus les moyens de
résister aux effets les plus délétères de l’idéologie dominante. La répression
des idées y est plus forte qu’au centre, et la souveraineté plus érodée.
Au-delà de
ces considérations sur l’indépendance qu’un pays peut maintenir, peut se
permettre vis à vis de l’idéologie dominante se pose la question centrale :
où nous conduit cette idéologie ? Est-elle aimable, nous rend-t-elle
heureux ? Car une « success idéologie » qui rend les gens
heureux peut supporter une répression forte contre les dissidents, et cela avec
bonne conscience : « pas de liberté pour les ennemis de la « liberté » »
Les avis
sont partagés. Une partie de la population s’accommode assez bien des pressions de l’idéologie
dominante. Les nouvelles lois sociétales sont plutôt approuvées. Les nouvelles
technologies de la communication agissent comme une drogue : elles
sont perçues comme résultant des nouvelles technologies, inventées dans le
cadre de cette idéologie dominante qui ressort comme étant la locomotive
scientifique et technologique planétaire.
Ce sont les
effets collatéraux de cette idéologie mondialiste (globaliste comme disent les Anglo-saxons) qui passent mal : une part non négligeable des sociétés
développées décroche économiquement. Les grands déplacements de
populations déstabilisent les
néo-sédentaires (ceux dont les grands parents étaient des paysans enracinés
dans les provinces françaises il y a un siècle, et qui se sont aujourd’hui fixés
à la grande périphérie des méga-agglomérations).
La théorie du
genre ? la dévirilisation ? Les lois mémorielles ? La
judiciarisation ? Je crois que les gens s’en fichet un peu, quand ils ne
trouvent pas que c’est plutôt cool,
voire super (« normal d’interdire de critiquer des minorités »). Tout
juste s’inquiètent-ils de constater qu’une fille agressée dans le bus par une
bande de jeunes n’éveille aucune réaction : les gens baissent la tête.
Le
thermomètre, c’est Marine. Quand un sondage révèle ve que Marine pourrait faire
44% au second tour, on comprend que la colère monte. La colère car ces
électeurs ne pensent sans doute pas que Marine va apporter le bien-être et la prospérité
à chacun : ils n’en peuvent plus, tout simplement.
Et ce sont les
effets collatéraux, économiques et migratoires qu’ils ne supportent plus, d’abord
et avant tout, car il y a recul comparé au passé, et incertitude quant à l’avenir,
quant à l’unité de la société. La pression idéologique pré-totalitaire est
mieux tolérée (cf. la grenouille dans une casserole d’eau qui se réchauffe).
Le pacte
entre l’élite et la classe laborieuse, qui tenait bien tant que le niveau de
vie augmentait et que l’environnement (au sens large) n’était pas bouleversé, est
en train de se rompre. Sauve qui peut ! Et Bayrou s’allia à Macron (bien que ce dernier fut qualifié par le premier comme étant le porte parole de l’argent), tant la situation paraît « grave ».
Quant à l’avenir de cet « homme nouveau » conformé à l’idéologie dominante, je suis pessimiste. A chaque fois qu’on a voulu changer l’homme, cela s’est terminé dans un bain de sang.