@JC_Lavau
A tous,
« Le
destin nous confronte sans cesse à des effets d’extériorité,
évoque le philosophe Dorian Astor. L’extériorité de la détresse,
d’après Nietzsche, se déplace vers une intériorité, devient
intérieure. L’homme moderne à ses yeux est un chaos psycho-
sociologique. Il s’agit donc de revenir sur les différents points
de vue, part-on d’effets extérieurs ou parle-t-on de détresse
intérieure ? Michaël Foessel poursuit : Il n’y aurait pas de
détresse sans prise de conscience de cette dernière. Une des
certaines figures de la détresse, c’est une détresse qui
s’ignore. On parle de déclin, de perte de la souveraineté… La
liste de ces considérations désolées peut-être longue. Cela
suppose, naturellement de les avoir possédées puis perdues. Pour
couronner le tout, ajoute Raphaël Enthoven : « Nous naissons par
hasard dans un monde qui s’en fiche. » Le monde n’a rien
d’aimable. En ce sens, philosopher, c’est toujours philosopher en
temps de détresse. Le désarroi en étant sa source vive et
infiniment vivace. Ceci rend son exercice délicat. La pratique
philosophique est difficile par ce qu’elle a à nous dire. Son
contenu décile, creuse l’angoisse. Son exercice est inséparable
de notre condition, qu’elle soit « Conscience douloureuse
d’elle-même. » ou esquive.
Le
mythe d’Aristophane explique comment des entités premières, des
boules à 4 bras et 4 jambes sont scindées en deux d’un coup de
foudre. »
Dans
cet extrait on peut sans doute tout commenter, tout et son contraire,
c’est un aspect de la philosophie, celle que l’on enseigne à
l’uni. Pour un philosophe de la nature, un paysan méditatif et
amoureux de sa terre, c’est à dire, comme beaucoup d’être
humain,(de la communauté de l’être) la philosophie enseignée est
une prise de tête. c’est à dire que ce paysan ou artisan-artiste
d’autrefois qui fonctionne comme un anté-socratique, un germain ou
scandinave archaïque, un cheyenne, un sioux, d’avant l’invasion
de la société de l’avoir. c’est à dire un vivant à la mémoire
néolithique et au coeur simple. Il existe la philosophie de la
connivence, celle qui fait l’intellectuel formaté que je retrouve
dans le texte ci-dessus « L’homme moderne, chaos psycho-
sociologique, » et l’homme libre qui pratique une méditation
insurrectionnelle. La philosophie naturelle en harmonie avec le
vivant. Mais l’on ne peut décourager personne car nous sommes tous
plus ou moins dans le déni, car notre condition de vie est dantesque
et nous sommes tellement fragiles, tellement petit. Mais c’est plus
complexe. Baudelaire nous dit dans le Couvercle :
En quelque lieu qu’il aille, ou sur mer ou sur terre,
Sous un
climat de flamme ou sous un soleil blanc,
Serviteur de Jésus,
courtisan de Cythère,
Mendiant ténébreux ou Crésus
rutilant,
Citadin, campagnard, vagabond, sédentaire,
Que
son petit cerveau soit actif ou soit lent,
Partout l’homme subit
la terreur du mystère,
Et ne regarde en haut qu’avec un oeil
tremblant.
En haut, le Ciel ! ce mur de caveau qui
l’étouffe,
Plafond illuminé par un opéra bouffe
Où
chaque histrion foule un sol ensanglanté ;
Terreur du
libertin, espoir du fol ermite :
Le Ciel ! couvercle noir de la
grande marmite
Où bout l’imperceptible et vaste Humanité.