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Commentaire de ggggg

sur L'école : cinq ans pour changer de cap ?


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ggggg (---.---.42.119) 13 mars 2007 15:20

80% d’une classe d’âge au baccalauréat ; plus de leçons en primaire ; plus de devoirs à la maison - le subjonctif, le plus-que-parfait, la preuve, Ronsard, Daudet, du Bellay passés à la trappe ; aucun élève qui ne se lève devant un professeur, concours de mode entre enfants dès le primaire, des leçons entièrement polycopiées, des cahiers qui ressemblent plus à des brouillons qu’à des cours ; des parents qui attendent que les professeurs fassent l’éducation de leurs enfants et qui s’étonnent de devoir y jouer un rôle ; aucune sélection à l’entrée en faculté de médecine où l’on a transformé la première année en désintégrateur des vocations sincères par un contenu des cours si difficile d’accès qu’il faut aux élèves qui veulent réussir le soutien d’une prépa privée en parallèle.

Un budget de 76,7 milliards d’euros ; des écoles à la semaine de quatre jours, d’autres avec samedis travaillés, aux projets d’école souvent fantaisistes ; des conseils d’école où les représentants de parents d’élèves sont de simples auditeurs ; des ZEP où tout est fait - sans contrepartie - pour des élèves dont les parents se fichent de la réussite et de l’intégration républicaine de leurs enfants ; des cours de soutien à tout-va pour les moins motivés, rien pour ceux qui se donnent du mal ; à chaque ville son clocher avec des BEP, CAP, BTS identiques à moins d’un kilomètre de distances, des universités à la soviétique - sans les brevets et les Nobel - machines à gaspiller de l’argent pour un taux d’échec record ; des IUFM où la pensée marxiste - en 2007 - fait encore loi et où l’on forme les futurs professeurs chargés de former nos enfants tout en ne sachant souvent pas corriger leurs propres fautes d’orthographe ; des professeurs - quand ils sont bons - qui demandent eux-mêmes à être notés pour que les moins performants et les moins motivés d’entre eux ne soient pas à égalité de traitement qu’eux ; un absentéisme dû moins souvent à des problèmes de santé qu’à des formations programmées sur le temps scolaire.

Dans le même temps, des milliers de postes qui ne sont pas pourvus, des métiers qui disparaissent et des régions entières qui sont désertées car il n’y a plus de tissus économique local faute de bassin d’emploi de proximité, aucune politique, ni orientation industrielle ne sont données pour absorber l’élévation malgré tout générale du niveau d’études.

Que s’est-il passé entre l’Instruction Publique de Jules Ferry et l’Education Nationale de Robien. Un enfant Français a-t-il en 2007 les mêmes chances de réussite qu’il soit de Pointe-à-Pitre, de Roubaix ou de Versailles ? Est-ce dans la facilité, dans le laminage des exigences que l’on créera une société dynamique riche des réussites de ses enfants, que ceux-ci choisissent de devenir cordonnier, charcutier, physicien ou entrepreneur.

Nous vivons dans l’illusion (erreur de perception causée par une fausse apparence). Illusion que tout peut s’obtenir sans effort, sans persévérance ni travail. Illusion de croire qu’un élève peut se passer de la forme - savoir calligraphier et présenter, s’habiller correctement et de façon adaptée à son âge - et du fond - savoir raisonner et mettre en relations ses connaissances les une avec les autres. Illusion que la valeur d’une personne ne s’estime qu’à partir du diplôme d’ingénieur. Illusion que tout le monde doit avoir la même forme de réussite. Illusion que tous les savoirs sont accessibles à tout le monde. Illusion de croire que plus d’argent améliorera la qualité du système. Illusion de garder en troisième des élèves de 17, 18 voire 19 ans. Illusion de nous croire performants dans nos enseignements quand on sort de terminale après 7 ans d’anglais / 1ère langue, sans être capable de demander son chemin. Illusion de s’orienter vers le développement durable sans faire naître les formations supérieures qui formeront les ingénieurs capables de concevoir de nouveaux modèles de production - les brevets - et par là-même de créer des faisceaux d’emplois innombrables.

Et dans la cruauté (tendance à faire souffrir) Cruauté de laisser des enfants incapables de maîtriser la lecture, l’écriture. Cruauté de laisser s’installer une deuxième école, celle des parents qui ont la capacité et les moyens de combler les lacunes des professeurs. Cruauté de laisser les professeurs sans formation, sans préparation, faire face à des enfants sans aucun repère éducatif. Cruauté vis-à-vis du reste du monde qui regarde avec envie ces 76,7 milliards d’euros dépensés si légèrement. Cruauté de ce mammouth qui descend dans la rue, fait grève tout en refusant obstinément tout dialogue de réforme. Cruauté de demander à un professeur d’avoir de l’estime pour son métier en lui demandant de surnoter des copies pour que les résultats aux examens ne nous rappellent pas trop vivement à la réalité du niveau moyen. Cruauté de laisser des élèves passer dans une classe supérieure sans avoir le niveau pour suivre et se noyer dans leur échec. Cruauté de laisser tant d’artisans qui font la gloire de notre patrimoine - dont la taxe d’apprentissage ne devrait servir qu’à former leurs propres troupes dans moins d’écoles mais de meilleure qualité - sans jeunes pour leur succéder. Cruauté de faire croire à des élèves que leur échec ou un certain type de diplôme les condamnent à vie. Cruauté de laisser tant de talents, qu’ils soient petits, modestes, grands et exceptionnels sans chance de s’exprimer.

Le monde s’est civilisé sur la capacité de l’homme à apprendre, à s’instruire, à se dépasser. Civilisation, progrès comment y parvenir sans des bases éducatives irréprochables. Nous avons tous les atouts pour réussir, nous moderniser, nous adapter. Qui sommes-nous pour nous montrer si inopérants avec tous les moyens dont nous disposons alors même que le premier enfant malien, somalien n’a pas toujours la première idée de ce que peut être une école, et quand école il y a, considère comme un luxe d’avoir un crayon, un cahier et d’être à quatre sur le même banc.


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