Nous savions déjà que Salah Abdeslam, co-auteur encore vivant des attentats du 13 novembre 2015, est homosexuel. Plusieurs médias européens (The Sunday Times, La Libre, Paris Match Belgique) ont relayé une information quasiment passée sous silence par les médias français, à savoir que Salah Abdeslam était connu à Bruxelles pour sa fréquentation régulière des bars homosexuels. « C’était un jeune prostitué, il trainait toujours avec ce genre de personnes », a expliqué au journal britannique un barman d’un de ces établissements.
Nous venons d’apprendre que feu le héros takfiriste du Pulse à Orlando, Omar Matin (Mateen en anglais), était lui aussi de la même orientation sexuelle. Nos élites médiatiques et politiques, stupéfaites car d’une ignorance crasse s’agissant du monde musulman, tentent désespérément de minorer les implications de cette information.
Et pourtant les faits sont têtus. Venons en donc à la réalité anthropologique et historique des liens entre homosexualité et culture arabo-islamique, par delà les incontestables anathèmes du Coran et de toute la tradition musulmane (Sounna et Hadiths) contre la « sodomie ».
Déjà au XIVe siècle, le Dominicain Guillaume Adam, qui avait voyagé en pays d’Islam, s’écriait : « Ces Sarrasins, oubliant la dignité humaine, vont jusqu’à vivre entre hommes comme chez nous on vit entre hommes et femmes ».
En 1853, Edouard Duchesne, dans son étude sur la prostitution à Alger, observe que l’homosexualité était « rampante » (sic) dans la société indigène. Il remarque que les femmes algériennes sont « couvertes et enfermées », et que les Arabes « se laissent tenter par la beauté remarquable de presque tous les jeunes gens. Ces belles têtes se montrent à nu par les rues, dans les bazars et les promenades publiques, tandis qu’on ne voit à côté d’eux que des femmes dont les yeux seuls sont apparents ».
A Paris, jusqu’aux années 1950, des bars fréquentés par les « sidis » aux « bains maures », aux vespasiennes de la porte de la Chapelle et aux bals de Montmartre ou de la Montagne Sainte-Geneviève, la cartographie de la scène homosexuelle recouvrait alors, en grande partie, celle de l’immigration maghrébine.
Quant à Tanger, ville marocaine à statut international, dans les années 1950, elle était qualifiée de métropole mondiale de l’homosexualité.
On se souvient de ce manifeste provocateur du Front homosexuel d’Action révolutionnaire (FAHR) qui proclamait : « Nous sommes plus de 343 salopes. Nous nous sommes faits enculer par des Arabes. Nous en sommes fiers et nous recommencerons. » (Tout, n°12, le 25 avril 1971).
Et c’est une banalité de dire que les homosexuels masculins sont très nombreux dans les milieux politiques pro-arabes et autres intellectuels à divers titres fascinés par le monde arabo-musulman et « l’orientalisme ».