"d’après
Keynes, l’investissement est plus important que la consommation
pour agir sur la demande globale anticipée."
Il
faut arrêter de prendre Keynes pour un gourou. En bon libéral, il
pensait que le marché décidait et devait décider, le rôle de
l’État se limitant au mieux à des incitations (le plus souvent
fiscales ou en allègements de « charges », c’est-à-dire le
salaire différé des employés qu’ils ont gagné en réalité) en
donnant donc des avantages supplémentaires à des catégories déjà
privilégiées.
Les
économistes de la France Insoumise ont démontré que l’État avait
au contraire un rôle prééminent à jouer sur le « marché »,
dénomination en réalité de la spéculation, moyen de s’enrichir
sans produire de richesses donc en s’emparant par divers mécanismes
des richesses produites par les travailleurs, qu’il s’agisse de biens
ou des services.
Et
que l’État comme les particuliers pouvait largement s’endetter - à
bon compte car les prêteurs sont assurés de sa solvabilité et
souhaitent au contraire maintenir le plus longtemps possible la rente
qu’ils perçoivent en intérêts - sachant que le remboursement
s’étale sur des années et non un an.
Ce
qui rend absurde et malhonnête de rapporte l’endettement au PIB
annuel.
"Cela dit,
l’exemple du Portugal permet de démontrer que dans des périodes
de diminution structurelle du potentiel de croissance des économies,
l’investissement public et la consommation des milieux populaires
constituent des moteurs plus qu’intéressants de la relance
économique. Il s’agit évidemment là d’une rupture majeure avec
l’ordre austéritaire européen."
L’UE
ne veut pas d’une relance par les États, par l’investissement
public, en faveur des services publics ou pour créer une industrie
publique sur la base de la transition écologique qui créerait en
France un nombre incalculable d’emplois stables !
La
transition énergétique ne fait pas le jeu des multinationales qui
ont réussi à s’emparer des immenses profits tirés des énergies
fossiles.
Et
l’efficacité à moindre coût des entreprises publiques (phénomène
particulièrement net en France sans laquelle il n’y aurait en
« Europe » ni Airbus, ni Eurocopter, ni Ariane, ni Galiléo
etc.) donnerait par contraste une mauvaise image des conditions de
travail dans les multinationales implantées dans notre pays.
Pour que Lisbonne
puisse retrouver des margés de manœuvre sur le budgétaire, il ne
faut pas seulement que son déficit (solde primaire) soit inférieur
à 3%.
Personne,
à l’UE ou ailleurs n’est capable de justifier ce pourcentage absurde
de 3%. Pourquoi pas 0% ? Pourquoi pas 5% ?
Je
soupçonne que ce chiffre de 3% sert au mieux les intérêts de
l’Allemagne car 0% obligerait à une fiscalisation plus équitable,
c’est-à-dire à faire payer plus d’impôts aux ultra-riches teutons
et 5% donnerait trop d’air à ses concurrents européens qu’il faut
affaiblir par tous les moyens.
Encore faut-il
que les chiffres concernant son endettement public puissent séduire
la Commission européenne.
J’adore
l’expression « séduire » !!! La Commission européenne
est d’un parti-pris total et ne se laisse pas « séduire » !
"Pour les
partisans de la rupture avec l’austérité, le Portugal est en
passe de revêtir un statut d’Eldorado pour alternatifs en quête
d’un second souffle militant. Les indéniables difficultés
traversées par les gouvernements « populistes » en
Amérique latine ont, en effet, privé ces milieux, que l’on
qualifiera un peu vite d’altermondialistes, d’un contre-modèle à
opposer à l’idéologie néolibérale dominante ?"
L’idéologie
libérale n’est pas dominante chez ceux qui comprennent les lois de
l’économie, du moins en France (Une évolution dans le bon sens
semble s’effectuer au Québec actuellement. Mais cette province
francophone a plus de chemin à parcourir que nous n’en avions, nous
en France.)
L’idéologie
libérale règne en maîtresse chez les merdias des milliardaires et
les service publics d’information ce qui donne l’illusion qu’elle
subjugue encore les esprits éclairés du peuple. Mais ce n’est
qu’une illusion.
"Après
Caracas, Lisbonne va-t-elle devenir La Mecque de tous ceux qui sont
aujourd’hui en quête d’ « un autre monde » ?
Les plus ironiques souriront à l’idée que la jeunesse révoltée
se tourne vers un gouvernement de front populaire dans lequel la
social-démocratie joue un rôle prépondérant. Mais, après tout,
pourquoi pas ? A chaque génération, son exotisme…"
Ce paragraphe plein de mépris hautain pour l’adversaire situe bien
le camp dans lequel se trouve l’auteur de cet article « orthodoxe »
!
Toujours
cette idée à droite qu’il faut des modèles étrangers aux
économistes français de la vraie gauche pour avoir un programme
alternatif à cette horreur économique que nous vivons en France
depuis maintenant des décennies, sans interruption depuis le
« tournant de la rigueur » en 1983, en réalité l’austérité
pour les travailleurs.
"En 2006, la
dette publique du Portugal s’élevait à 133% du PIB. En soi, un
tel chiffre ne veut a priori rien dire. Par exemple, la dette
publique du Japon s’élève à 246,6% du PIB. Et cela ne pose aucun
problème puisque cette dette est largement financée par de
l’épargne intérieure. Cette configuration particulière met à
l’abri la dette publique nipponne d’attaques spéculatives."
Ainsi donc vous reconnaissez que les capitaux flottants
internationaux spéculatifs sont hostiles, et nuisibles aux nations
et au peuple ? Bien d’accord avec vous !!! D’autant plus qu’ils
proviennent de la planche à billets US dont l’endettement public et
privé est bien supérieur à celui de la France !
"L’économie
portugaise repose en bonne partie sur la conjoncture de ses
partenaires commerciaux au détriment d’éléments plus clairement
endogènes. L’amélioration de la conjoncture explique depuis une
dizaine de mois l’amélioration de la croissance mais vu la
dépendance du pays à ses exportations, la tendance s’inversera
inexorablement."
Mais c’est le cas aussi de l’Allemagne et de la Chine !!! Vous pensez
vraiment que la Chine est au bord du gouffre ?
Bon,
on peut être plus pessimiste au sujet de l’Allemagne qui exporte des
voitures et des machines outils, des biens que nombre de pays
émergents peuvent fabriquer moins cher malgré la sous-traitance
allemande dans les pays de l’Est.
Heureusement
pour elle, grâce à la France, elle empoche aussi des bénéfices
dans la haute technologie.
Sans
nos ingénieurs, en s’associant à d’autres pays européens, elle
produit un chasseur, l’Eurofighter raté, que le directeur d’Airbus
n’a vendu à l’Autriche qu’après versement de pots-de-vins ...
C’est
révélateur à mon avis.