@Xenozoid
Tout à fait.
La subversion ne peut fonctionner que lorsque la cible est réceptive c.à.d.
qu’elle incube en elle de graves antagonismes. Les révolutions ne se
déclenchent pas ex-nhilo, aucun acteur politique n’à le pouvoir de les créer de
toutes pièces à partir de rien, il faut un terreau favorable, un contexte
permettant la réussite des méthodes de subversion. De bons services de
renseignements et particulièrement de contre espionnages peuvent
ponctuellement, à court et moyen terme empêcher la réalisation de telle ou
telle autre manœuvre de subversion venant d’un ennemi mais sur le long
terme , seule l’unité du corps politique permet d’y être réfractaire.
Mais si le
cadre général est le même, il y’a des spécificités. Comment la classe
dirigeante iranienne arrivera-t-elle à surmonter ses antagonismes ? La grande nécessité aujourd’hui pour l’Iran, c’est
de réussir à réformer le secteur parapublic, sur ce point Rohani a raison mais
comment faire ? Sa petite manipulation a échoué et s’est retournée contre
lui et le régime.
Ensuite, il
y’a des problèmes liées aux grandes orientations économiques. La stratégie libérale de Rohani est aujourd’hui dans l’impasse : les grands
projets qui attendent le renfort de l’investissement étranger sont paralysés et jusque-là aucun pays n’a avancé de crédit à
l’exportation ou apporté des financements substantiels. Donc, si Rohani mise
principalement dessus, la situation est bloquée, sans parler du fait qu’une
politique de privatisation tous azimuts réduit la marge d’intervention de
l’Etat pour amortir les coûts sociaux. II y a 10 ans déjà, le
guide suprême, l’ayatollah Khamenei, a mis en garde les Iraniens en déclarant
qu’« on ne peut plus faire confiance à l’Occident ». Mais l’entourage de Rohani
fait montre d’obstination dans le choix des partenaires européens qui pour
l’instant ne veulent rien leur vendre, ou leur financer.
La principale alternative est de se
tourner vers l’Est. Il
faudrait renforcer le partenariat stratégique avec les Chinois, les Russes, et
les Turcs, avec lesquels les Iraniens ont des accords mais qui peinent à
développer les affaires en travaillant à partir de leurs monnaies nationales
respectives.Mais après l’annonce faite par la Chine d’acheter son pétrole en
yuan indexé à l’or, on imagin e la fin irrémédiable du système de Bretton
Woods. Pékin et Moscou disposent également d’alternatives technologiques
illustrées notamment par les 40 millions de comptes Télégram (application
russe) ou les radars de mesure balistique. Nous sommes de ce point de vue en
train d’assister à un tournant stratégique majeur. Sauf que ça prendra du
temps. Pour le moment, ça piétine. La Chine
octroie des crédits par le biais de banques commerciales, mais les taux
d’intérêts sont élevés. L’Inde a signé un accord
pour développer le port de Chabahar, mais le projet reste très limité. Les problèmes
risquent de persister.