Nasser etc. Evidemment à ce jeu là
l’état hébreu apparaîtra sous un bon jour. Mais les faits sont
têtus Israël est un puissance coloniale qui a annexé des
terres qui ne sont pas les siennes selon le droit international.
Doit-on changer le droit international ?
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@Abdelkarim Chankou
Vous savez aussi
bien que moi qu’il est impossible de considérer Israël comme une
« puissance coloniale ». C’est ce que racontait hier Abou
Mazen dans un discours aussi délirant que sa thèse négationniste
où il expliquait que les Juifs avaient inventé la shoah pour se
faire plaindre.
Quand les premiers sionistes sont
arrivés en Palestine, ils ont acheté des terres ; ils ont
trouvé là-bas des Juifs qui étaient installés depuis des temps
immémoriaux, et ceux qu’on n’appelait pas encore des
« Palestiniens », qui étaient pour la plupart des
descendants d’immigrés récents. Un ministre de l’intérieur du
Hamas, il y a quelques mois, expliquait très bien que la moitié des
Palestiniens venaient de l’Egypte, l’autre de l’Arabie. Le bonhomme
avait dû faire un repas un peu trop arrosé : in vino veritas !
Un tel discours, en effet, ne ressemble évidemment pas à la doxa officielle
imposée par le narratif palestinien.
L’Allemagne de Merkel aura accueilli en
un an un million de migrants venus surtout de Syrie. On ne peut
pourtant pas dire que les Syriens aient un lien très évident avec
l’ancienne Allemagne. Il s’en faut bien cependant que les
Palestiniens se soient conduits avec autant de générosité qu’Angela Merkel avec les
sionistes qui avaient pourtant, eux, un lien plus que millénaire
avec une région qui avait été le berceau de leur civilisation. Les
Britanniques, mais aussi les élites intellectuelles et politiques de
l’Egypte pensaient, au lendemain de la déclaration Balfour, que
l’installation d’Européens très au fait des derniers développements
de la science européenne serait une très bonne chose dans ce
diverticule d’un Empire ottoman en pleine décomposition, qui
végétait depuis des siècles dans une économie pastorale
misérable.
Ce qu’on appelle aujourd’hui la
Cisjordanie, c’est la réunion du royaume de Juda et du royaume
d’Israël, lesquels existaient déjà mille ans avant l’ère
chrétienne et auxquels les Juifs ne pouvaient pas être totalement
étrangers, vous en conviendrez ! La Judée-Samarie est restée aux
Jordaniens après la guerre de 48. Possession reconnue seulement par
les Britanniques, le Pakistan et l’Irak. En 67, les Jordaniens ayant
fait la sottise de se rallier in extremis à Nasser pour prendre une
raclée, ils auront ipso facto perdu la Judée-Samarie. Ce territoire
provisoirement administré, au terme de différents accords, par
l’Autorité palestinienne, ne constitue pas un état. Le terme le
plus exact et le plus neutre, c’est : « territoires
disputés ». Dans la perspective d’un accord, ils pourraient
constituer un état palestinien, mais on n’en est pas là.
Vous observerez que les arabes restés chez eux pendant le conflit de 48 y sont toujours, leur population ayant
seulement été multipliée par 7. Ils constituent une importante minorité
(20%) mais ils sont citoyens israéliens jouissant des mêmes droits
que tous les autres.
Il serait parfaitement normal que les
Juifs vivant actuellement en Judée-Samarie puissent, pareillement,
devenir une minorité, citoyenne dans un état palestinien. Or, il
n’en est pas question. La position des différentes factions qui
composent l’Autorité palestinienne n’a jamais varié depuis Arafat :
pas un seul juif dans un état palestinien . On veut une
Palestine judenrein, et c’est quelque chose qu’aucun esprit
civilisé ne peut évidemment accepter, les Juifs moins que quiconque.
La situation des Palestiniens est de
plus en plus préoccupante : 50% de chômage à Gaza sous la
botte du Hamas, un effondrement de l’économie et de tous les
services nécessaires dans un état : le fric des aides est
passé dans la construction des tunnels et dans les poches des
malfrats qui « gouvernent ». Ca ne va pas mieux du côté
de l’Autorité qui refuse désormais de négocier avec l’Amérique,
et dont les comportements férocement irréalistes indisposent de
plus en plus les états sunnites qui ont désormais, avec l’Iran,
d’autres chats à fouetter. On a vraiment l’impression, à voir ce
qui se passe du côté palestinien ces derniers jours, que des
leaders séniles sont en train d’organiser une espèce de suicide
collectif. Il serait temps qu’ils cèdent la place à des jeunes qui
aient un peu les yeux en face des trous et soient capables de rompre
avec un vieil antisémitisme fabriqué dans la région par le mufti
de Jérusalem dont la vision du monde se sera perpétuée sur trois générations . Si rien ne change, dans soixante-dix ans on en sera
encore au même point. Quel sac de nœuds ! Quel gâchis !