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#3 des Tendances

Jésus de Nazareth devant l’Histoire : le verdict irréfutable des preuves

Face aux bavardages négationnistes qui prétendent réduire Jésus de Nazareth à une pure invention mythologique, la critique historique moderne est catégorique : l'existence de l'homme de Galilée est un fait établi. De la Rome des Césars aux diatribes du Talmud, en passant par les pamphlétaires païens, les sources non chrétiennes livrent un témoignage sans appel que même le scepticisme le plus radical ne peut effacer.

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L'ombre de la croix sur le sol impérial

Juillet de l'an 64. La Rome des Césars brûle. Pendant six jours et sept nuits, un incendie monstrueux dévore les quartiers populaires de la Ville éternelle, réduisant en cendres des insulae de bois et plongeant la capitale de l'empire dans le chaos. Dans les couloirs du palais palatin, l'empereur Néron cherche fiévreusement un bouc émissaire pour couper court aux rumeurs qui l'accusent d'avoir lui-même ordonné la destruction de la ville. Son regard se pose sur une secte naissante, jugée bizarre, superstitieuse et antisociale, dont les membres se réunissent dans l'ombre des catacombes.

 

 

C'est sous la plume de l'historien romain Tacite, écrivant quelques décennies plus tard dans ses Annales (Livre XV, chapitre 44), que la mémoire de cet épisode s'incruste dans la pierre de l'Histoire. Le grand annaliste, connu pour son flegme aristocratique et son mépris souverain pour les croyances orientales, ne rédige pas un pamphlet religieux : il dresse le procès-verbal d'une répression d'État.

"Pour faire taire la rumeur, Néron présenta des coupables et infligea des supplices raffinés à ceux que le vulgaire appelait chrétiens et que leurs abominations faisaient haïr. Ce nom leur vient du Christ, qui, sous le règne de Tibère, fut livré au supplice par le procurateur Ponce Pilate."

En une seule phrase, sèche, factuelle, dénuée de la moindre sympathie pour la doctrine nouvelle, le plus rigoureux des historiens romains pose les jalons inébranlables de l'Histoire. Ponce Pilate, le préfet romain de Judée, qualifié ici de procurateur par anachronisme sous la plume de Tacite. Tibère, l'empereur de Rome. Le supplice de la croix. Nous ne sommes pas ici dans le registre des paraboles ou du merveilleux spirituel, mais dans la mécanique froide des archives administratives de l'empire. Tacite, qui avait un accès direct aux Acta Senatus (les registres officiels du Sénat romain) en sa qualité de haut fonctionnaire et de sénateur, ne s'embarrasse pas de légendes. Lorsqu'il consigne l'exécution du Christ, il valide un fait d'État.

 

 

L'effervescence de la capitale et le témoignage des préfectures

Moins de dix ans après la chronique de Tacite, vers 120 de notre ère, un autre haut fonctionnaire impérial enfonce le clou. Suétone, secrétaire a studiis et ab epistulis de l'empereur Hadrien — ce qui lui donne un accès illimité aux archives privées du palais —, rédige la Vie des douze Césars. Lorsqu'il aborde le règne de l'empereur Claude (vers l'an 49-50), il consigne une note administrative édifiante sur les troubles de la capitale :

"Il chassa de Rome les Juifs qui se soulevaient continuellement à l'instigation de Chrestus."

Cette graphie, "Chrestus", est une altération phonétique extrêmement fréquente chez les Romains du Ier siècle pour désigner le Christus. Que nous apprend ce rapport de police ? Qu'à peine quinze ans après la mort de Jésus sur le Golgotha, son nom et son enseignement font déjà trembler les synagogues de la capitale impériale. Des émeutes éclatent au cœur de Rome entre défenseurs de la tradition mosaïque et partisans du prédicateur crucifié en Judée, au point de contraindre le pouvoir impérial à une expulsion massive.

Au même moment, dans les provinces orientales de l'Empire, le gouverneur de Bithynie, Pline le Jeune, écrit une lettre devenue célèbre à l'empereur Trajan (Lettre X, 96). Dépassé par la prolifération de cette nouvelle communauté qui refuse de sacrifier aux divinités officielles et aux statues de l'empereur, Pline mène l'enquête, interroge sous la torture des servantes chrétiennes et décrit leurs rites :

"Ils affirmaient que toute leur faute ou leur erreur s'était bornée à l'habitude de se réunir à jour fixe, avant le lever du soleil, de chanter entre eux tour à tour un hymne au Christ comme à un dieu..."

Pour Pline comme pour Hadrien, le Christ n'a rien d'un mythe solaire ou d'un concept abstrait. Il s'agit du fondateur historique d'un mouvement perçu comme une "superstition déraisonnable et démesurée", dont les disciples préfèrent affronter le supplice plutôt que de renier le nom de leur maître.

 

Le regard de Jérusalem : la preuve par Flavius Josèphe

Si le témoignage de la Rome païenne est précieux par son impartialité hautaine, celui des historiens juifs du Ier siècle s'avère décisif. Le cas de Flavius Josèphe est à ce titre emblématique. Né à Jérusalem quelques années seulement après la crucifixion, issu d'une grande famille sacerdotale et chef militaire lors de la première guerre judéo-romaine avant de se rallier à Rome, Josèphe rédige vers l'an 93 ses Antiquités judaïques. Son objectif ? Expliquer l'histoire de son peuple à l'élite gréco-romaine.

 

 

Dans le livre XX de cette somme monumentale, Josèphe rapporte un événement survenu à Jérusalem en l'an 62 : la condamnation à mort du frère de Jésus par le Grand Sanhédrin, profitant de la vacance du pouvoir romain entre la mort du gouverneur Festus et l'arrivée de son successeur Albinus. Le texte est d'une sobriété cristalline :

"Anan réunit le Sanhédrin, traduisit devant lui le frère de Jésus appelé Christ — nommé Jacques — ainsi que quelques autres, les accusa d'avoir transgressé la loi et les livra pour être lapidés."

Ce passage ne fait l'objet d'aucun débat critique chez les historiens modernes. Sa neutralité, la désignation précise de Jacques comme "le frère de Jésus appelé Christ", exclut toute interpolation chrétienne ultérieure. Un chrétien n'aurait jamais qualifié Jacques de cette manière si distante. Josèphe mentionne Jésus comme un repère chronologique et familial évident pour ses lecteurs de l'époque.

Mais il y a plus. Dans le livre XVIII des mêmes Antiquités judaïques, figure le célèbre Testimonium Flavianum. Bien que retouché au Moyen Âge par des copistes chrétiens désireux d'en accentuer la portée théologique, la critique textuelle moderne a permis de reconstituer le noyau originel du texte de Josèphe :

"Vers cette époque vivait Jésus, un homme sage. Car il était un accomplisseur de faits extraordinaires, un maître pour les gens qui reçoivent la vérité avec plaisir. Il attira à lui beaucoup de Juifs et beaucoup de Grecs. Quand Pilate, sur la dénonciation des premiers d'entre nous, le condamna à la croix, ceux qui l'avaient aimé d'abord ne cessèrent pas de le faire. Et jusqu'à ce jour, la tribu des chrétiens n'a pas disparu."

L'analyse philologique est formelle : le vocabulaire utilisé ("accomplisseur de faits extraordinaires", "tribu des chrétiens") est pur Flavius Josèphe et ne se retrouve nulle part dans la littérature chrétienne primitive. Un historien juif, attaché à la Loi et au temple de Jérusalem, consigne objectivement l'existence d'un maître de sagesse exécuté par Rome sous la pression des autorités religieuses locales.

 

L'aveu des pires ennemis : Celse, Lucien et la tradition rabbinique

S'il est une preuve qui achève de convaincre les esprits les plus chagrins, c'est bien la réaction des adversaires déclarés du christianisme naissant. Si Jésus avait été une pure affabulation inventée par quelques sectateurs enthousiastes, la première arme de ses ennemis aurait été de dénoncer la supercherie et d'en démontrer la vacuité matérielle. Or, les détracteurs les plus féroces des IIe et IIIe siècles n'ont jamais contesté l'existence de Jésus : ils ont cherché à salir sa mémoire, à rabaisser sa naissance et à diaboliser ses actes.

Vers l'an 178, le philosophe platonicien Celse rédige le Discours vrai, la première attaque philosophique de grande ampleur contre les chrétiens. Conservé grâce à la réplique méthodique du théologien Origène (Contre Celse), le texte montre un polémiste païen particulièrement bien renseigné. Celse ne nie à aucun moment la réalité de Jésus. Il s'emploie au contraire à déconstruire sa figure divine en le présentant comme le fils illégitime d'une pauvre villageoise et d'un soldat romain nommé Pandéra, ayant appris la magie en Égypte avant de revenir haranguer la Judée avec une poignée de pêcheurs crédules. Celse détaille sa trahison par l'un des siens, son arrestation et son exécution infamante. L'ennemi juré du christianisme confirme point par point le cadre biographique de l'homme qu'il combat.

Celse (fl. 1er siècle après J.-C.) - French School

 

Quelques décennies plus tôt, vers 165, le satiriste grec Lucien de Samosate jette lui aussi un regard railleur sur cette communauté grandissante dans son ouvrage La Mort de Pérégrinus (chapitres 11 à 13). Moqueur, Lucien qualifie Jésus de "sophiste" et de "législateur" adoré par des naïfs :

"Ces pauvres diables se sont mis dans la tête qu'ils sont immortels et qu'ils vivront éternellement... Ils méprisent donc la mort et se livrent eux-mêmes pour la plupart. De plus, leur premier législateur leur a persuadé qu'ils sont tous frères dès qu'ils ont une fois abjuré les dieux des Grecs pour adorer ce sophiste crucifié et vivre selon ses lois."

 

 

Même son de cloche du côté de la tradition rabbinique conservée dans le Talmud de Babylone (notamment dans le traité Sanhedrin 43a). Écrit dans un contexte de vive rivalité religieuse, le Talmud consigne la mémoire de Yeshu (Jésus) avec une hostilité non feinte. Loin d'évoquer un mythe, les rabbins rapportent les détails de sa condamnation :

"La veille de la Pâque, on a pendu [crucifié] Yeshu. Un héraut avait marché devant lui pendant quarante jours, criant : 'Il va être lapidé parce qu'il a pratiqué la sorcellerie, séduit et égaré Israël.' [...] Mais on ne trouva rien pour sa défense, et on le pendit la veille de la Pâque."

Le Talmud confirme ainsi la date de l'exécution (la veille de la Pâque juive), les motifs d'accusation religieuse (sorcellerie et égarement du peuple, requalification hostile des miracles des Évangiles) et le supplice subi. Que ce soit sous la plume d'un philosophe païen, d'un satiriste romain ou des maîtres du Talmud, l'existence de Jésus est un présupposé indiscutable.

 

 

L'épreuve du réel : la méthode critique contre le mythe

Au-delà des textes eux-mêmes, c'est la méthode historique moderne qui rend la thèse du "Jésus mythique" absolument insoutenable. Deux critères fondamentaux de l'historiographie contemporaine scellent définitivement le débat.

Le premier est le critère d'embarras théologique. Si les premiers disciples avaient inventé de toutes pièces le personnage de Jésus pour en faire le Messie universel, ils n'auraient jamais imaginé un scénario aussi catastrophique selon les critères de l'Antiquité. Dans le monde gréco-romain comme dans la Judée du Ier siècle, la crucifixion n'est pas seulement une mise à mort : c'est le supplice le plus infamant qui soit, réservé aux esclaves révoltés, aux brigands et aux traîtres. Pour un Juif, "celui qui est pendu au bois est maudit de Dieu" (Deutéronome 21:23). Inventer un Messie crucifié relevait de la folie pure, ce que l'apôtre Paul résumera parfaitement en parlant de "scandale pour les Juifs et folie pour les païens". Si ce détail dérangeant figure au cœur de tous les récits, c'est pour une raison simple : il s'agit d'un fait historique brut, impossible à dissimuler.

Le second critère est celui de l'ancrage géopolitique et matériel. Les récits consacrés à Jésus décrivent avec une précision d'archéologue la Judée et la Galilée des années 30 de notre ère. La féodalité complexe des Hérodes, le rôle exact des gouverneurs romains, la géographie précise des villages du lac de Tibériade, la tension permanente entre la caste sacerdotale des Sadducéens et le mouvement populaire des Pharisiens, ou encore les détails topographiques de la Jérusalem d'avant la destruction de l'an 70 (comme la piscine de Béthesda et ses cinq portiques, fouillée et confirmée par l'archéologie moderne) : tout démontre un enracinement direct dans le réel. Une fiction élaborée tardivement à Rome ou à Alexandrie aurait accumulé les anachronismes.

 

Le verdict de la science historique

L'Histoire ne s'écrit pas avec des désirs idéologiques ou des postures militantes, mais avec des faits, des méthodes et des preuves. Aujourd'hui, de l'Université de Princeton à la Sorbonne, en passant par les chaires d'histoire ancienne du monde entier, la conclusion est unanime : Jésus de Nazareth a bien marché sur les routes de Galilée, a enseigné à Jérusalem et a été exécuté sous le mandat de Ponce Pilate.

 

 

Contester la réalité historique de Jésus revient, par contamination logique, à rejeter l'existence de la quasi-totalité des figures de l'Antiquité, de Socrate à Spartacus, dont les traces documentaires sont parfois bien plus minces ou plus tardives. On a le droit le plus strict de ne pas croire à la dimension divine du Christ ou à la théologie chrétienne ; mais nier l'existence de l'homme de Nazareth relève de la cécité intellectuelle ou de la fraude idéologique. L'Histoire a tranché, et son verdict est définitif.

 

 

Bibliographie & références

  • Tacite, Annales, Livre XV, 44 (Éditions Belles Lettres).
  • Flavius Josèphe, Antiquités judaïques, Livres XVIII et XX (Éditions Cerf).
  • Suétone, Vie des douze Césars, Vie de Claude, XXV, 4 (Éditions Belles Lettres).
  • Pline le Jeune, Lettres, Livre X, 96 (Éditions Belles Lettres).
  • Origène, Contre Celse (sur le Discours vrai de Celse) (Éditions du Cerf, Sources Chrétiennes).
  • Lucien de Samosate, La Mort de Pérégrinus, 11-13 (Éditions Belles Lettres).
  • Talmud de Babylone, Traité Sanhedrin, 43a.
  • Marguerat, Daniel, Jésus de Nazareth : histoire et foi, Éditions du Moulin, 2003.
  • Mimouni, Simon Claude, Le Judaïsme ancien du VIe siècle avant notre ère au IIIe siècle de notre ère, PUF, 2012.
  • Meier, John P., Un certain Juif, Jésus. Les données de l'histoire, 5 volumes, Éditions du Cerf, 1999-2018.

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16 réactions à cet article    


  • pasglop 9 septembre 12:09

    les prophètes sont légion dans l’Histoire, ce n’est pas à vous que je vais l’apprendre.

    Certains ont réussi, la plupart sont oubliés. Moi je suis plutôt pro-fête.


    • Étirév 9 septembre 12:16

      Le Christianisme primitif avait été une doctrine sur le Christ, son nom est resté pour l’indiquer, ses partisans s’appelaient « Christiens » (et non « Chrétiens ») ; ce ne fut pas une doctrine sur Jésus, qui n’y fut introduit que plus tard par des esprits vulgaires. Le Jésuisme allait tuer le Christianisme.
      Cependant, la doctrine qui a triomphé a gardé le nom de Christ, parce que les noms féminins donnent toujours une idée de grandeur et de sainteté dont les usurpateurs profitent.
      C’est l’an 325, lors du Concile de Nicée, que la secte catholique, qui avait complètement dénaturé le Christianisme depuis Paul, s’installa en maîtresse à Rome.
      Par sa constitution de l’an 312, Constantin avait introduit dans les lois l’esprit « jésuique » ; par le concile œcuménique qui fut réuni sous ses auspices le 19 juin 325 à Nicée, il donna à l’Église son organisation et l’associa au pouvoir politique. Ces événements firent du IVème siècle une époque de la plus haute importance pour l’avenir de la société.
      Au passage, notons que la croix n’est devenue le signe du Christianisme qu’au VIIème siècle de notre ère, lors du Concile de Constantinople qui eut lieu de 680 à 684. Jusque-là, la religion nouvelle, c’est-à-dire le second Christianisme (le faux), celui qui triompha sous Constantin au Concile de Nicée, et qui s’édifia sur les ruines du premier (le vrai), avait pour insigne trois phallus enlacés (représentant la Trinité catholique). Le culte du « Saint Graal », « Vase sacré » des Mystères, et le « Secret de Bismillah », semblent une réaction contre ces trois phallus.
      NB : L’interversion des rôles est un travestissement moral qui naquit en même temps que le carnaval ; permis pendant quelques jours de l’année, pour s’en amuser, il finit par se maintenir en toutes saisons. Et, chose curieuse, quand l’homme prend le rôle de la femme il continue à prendre, en même temps, son costume, sa robe, d’où le verbe « dé-rober » ; en anglais « to rob ».
      Chez les Perses, lorsque la Divinité fût représentée sous une forme masculine, entourée des grandes ailes qui symbolisaient l’Esprit féminin, on donna à ce nouveau Dieu la barbe de l’homme, mais on lui laissa la robe de la Déesse.
      Dans l’ouvrage « Psychologie comparée de l’Homme et de la Femme », il est un chapitre, intitulé « Les trois robes », consacré aux fonctions que l’homme remplit en portant la robe de la Femme et qui étaient la base même du régime gynécocratique : le Sacerdoce, la Justice, l’Enseignement. Ces trois usurpations furent le sujet de violentes récriminations, puis finalement donnèrent l’occasion de fonder des Mystères.
      Le travestissement est devenu un usage acquis :
      - Pour rendre la justice, fonction féminine, l’homme met la robe du juge, la robe de Thémis.
      - Pour exercer le sacerdoce, fonction féminine, il met la robe de la prêtresse, la robe blanche de Junon, de Minerve.
      - Pour enseigner les lois de la Nature, fonction féminine, il met la robe universitaire : le satin et le velours dont on faisait la robe des neuf Muses.
      Rappelons que l’Egypte fut longtemps gouvernée par des Prêtresses que l’histoire appelle des Pharaons ; les Pharaons sont des magistrats sacerdotaux toujours représentés en costumes de femmes.
      Notons aussi que le personnage de Jésus sera vêtu, comme les femmes, d’une robe flottante.
      Le « Diable est le singe de Dieu », dit-on ; c’est l’homme qui imite la femme et prend sa place. On le représente sous des formes hideuses, symbolisant tous les aspects du mal : la laideur accompagne toujours la méchanceté. Cependant, la perversion est quelquefois logée dans de beaux hommes, mais l’expression, de la haine, de la jalousie et de l’orgueil les rendra laids.
      Blog


      • Gollum Gollum 9 septembre 12:44

        Il s’emploie au contraire à déconstruire sa figure divine en le présentant comme le fils illégitime d’une pauvre villageoise et d’un soldat romain nommé Pandéra


        Vous oubliez juste de préciser qu’on a retrouvé le tombeau du bonhomme en Allemagne ce qui accrédite que Jésus fut bien fils d’un romain et d’une juive probablement violée et que le tout fut soigneusement caché sous des fariboles pour gogos...


        Voir ici : https://fr.wikipedia.org/wiki/Tiberius_Iulius_Abdes_Pantera


        Donc oui Celse était bien renseigné.


        • @Gollum

          La stèle de Bingerbrück existe, mais y voir la preuve des origines de Jésus, c’est prendre des souhaits pour des réalités.

          « Pantera » était un surnom militaire très banal dans l’empire romain. « Pandéra » n’est que sa transcription en hébreu et en araméen, qu’on retrouve d’ailleurs dans le Talmud. Ce nom n’est en aucun cas une preuve archéologique : c’est le produit d’une guerre de communication. Quand Celse l’utilise au IIᵉ siècle, il ne révèle aucun secret d’État. Il reprend à son compte une satire anti-chrétienne construite sur un jeu de mots féroce entre le grec parthenos (la vierge) et pantheras (la panthère/le soldat).

          Prendre une moquerie politique de l’Antiquité, la croiser avec une simple coïncidence de prénom sur une tombe en Germanie et crier à la révélation, c’est de la surinterprétation pure et simple. Celse ne faisait pas de l’Histoire, il faisait de la propagande.


        • Gollum Gollum 9 septembre 14:00

          @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

          Voui le fait de dire qu’il est probable que Jésus fut un fils illégitime c’est de la propagande, le fait de dire qu’il a été engendré par l’esprit saint n’en est pas...

          Bon, au delà de cette guignolade, je cite une partie de l’article Wiki qui est intéressante : 

          James Tabor, après d’autres historiens, a émis l’hypothèse d’un éventuel lien entre Abdes Pantera et la famille de Jésus. Il estime que les informations de Celse au sujet d’une naissance illégitime de Jésus peuvent être exactes. Il note que des phrases comme « N’est-ce pas le charpentier, le fils de Marie, le frère de Jacques, de José, Juda et Simon » que l’on trouve dans l’évangile attribué à Marc (6,3), indiqueraient que Jésus n’est pas le fils légitime de Joseph, puisque l’on parle du fils de Marie, alors que dans la société juive de l’époque, l’usage est de distinguer un fils avec le nom de son père, et qu’il ne semble pas exister d’autres exemples d’une telle pratique

          Déjà ce détail incongru d’appeler Jésus fils de Marie montre bien que le père... bref... smiley

          Suite : 

          De même, on peut remarquer qu’en parlant de Jésus dans l’une de ses lettres, Paul de Tarse (saint Paul) écrit qu’il est « né d’une femme ». Pour J. Tabor, il en est de même pour la réponse que font les adversaires juifs de Jésus dans l’évangile attribué à Jean : « Nous ne sommes pas nés de la prostitution (Jn 8,41) », une accusation contre Jésus que l’on retrouve de façon explicite dans les Actes de Pilate[28], ainsi que dans le Talmud[18] et les Toledot Yeshou[19],[20]. Il pense qu’un soldat de ce nom, originaire de Sidon où les évangiles synoptiques disent que Jésus s’est rendu[29] et vivant à la bonne période, pourrait donc être le père de Jésus : la carrière de Tiberius Iulius Abdes Pantera montre en effet qu’il se trouvait dans la région de la Palestine, lorsqu’il était jeune, à l’époque de la conception de Jésus[30].

          Bon voilà. Pour moi la messe (si je peux me permettre) est dite.
          Signalons que l’œuvre de Celse a été détruite entièrement (sauf passages autorisés) ainsi que celle de Julien l’Apostat..

          Je passe aussi sur l’absurdité d’un supplice romain demandé par des autorités religieuses juives, (Jésus pour blasphème aurait dû être lapidé), pour un motif clair : prétendant au trône.

          Je passe sur les disciples armés et incités à acheter des armes.

          Je passe aussi sur Néron. D’autres disent que ce sont bien les chrétiens qui ont mis le feu pour détruire Babylone la Grande, Néron n’était d’ailleurs pas sur place quand cela eut lieu. https://fr.wikipedia.org/wiki/Grand_incendie_de_Rome#Hypoth%C3%A8se_de_la_responsabilit%C3%A9_effective_des_chr%C3%A9tiens

          Jésus fut probablement un chef zélote, ou apparenté, transformé en autre chose après sa mort... https://www.amazon.fr/Z%C3%A9lote-Reza-Aslan/dp/2070464377/

          Sans doute charismatique, un mélange de chef guerrier, cherchant à coller aux « prophéties » (voir la montée à Jérusalem sur l’ânon pour coller avec l’AT), un peu guérisseur, et devenu ressusciteur de cadavres avec le temps, temps qui enjolive les choses...

          Après, on a eu droit aux religieux qui ont imposé le truc et ça a duré pendant des siècles, avec les dégâts que l’on sait...

          Mais maintenant on sait à peu près comment ça s’est passé, seuls les convaincus veulent encore nous embobiner... 


        • @Gollum

          C’est un très beau scénario de thriller archéologique, idéal pour faire un carton en librairie ou alimenter les forums complotistes, mais la réalité historique est un peu moins romanesque. Le problème avec le « picorage » de versets à la James Tabor, c’est qu’on lui fait dire tout et surtout n’importe quoi dès qu’on ignore le contexte culturel du Ier siècle.
          Prenez votre fameux « fils de Marie » qui semble tant vous réjouir. Vous y voyez un aveu d’illégitimité biologique ? Manque de chance, dans le monde juif antique, interpeller un homme par le nom de sa mère au milieu d’une dispute publique, c’est l’insulte suprême. C’est une punchline de l’époque pour l’humilier, pas un extrait d’acte de naissance. Idem pour le « né d’une femme » chez Paul, où Tabor voit un indice suspect. C’est un hébraïsme ultra-banal que l’on retrouve partout dans l’Ancien Testament pour dire, tout bêtement, « un être humain mortel ». En faire une preuve de bâtardise, c’est juste ne pas comprendre la langue de l’époque. Mais c’est vrai que c’est plus vendeur.
          Quant au Jésus chef de guerre zélote tiré du livre de Reza Aslan, on est en plein anachronisme. Le mouvement zélote, en tant que parti armé organisé, n’existait même pas à l’époque de Jésus ; il s’est structuré des décennies plus tard. Si Jésus avait été un général de guérilla avec des troupes armées, les Romains n’auraient pas juste crucifié le leader en laissant ses disciples repartir tranquillement propager un message de non-violence. Ils auraient nettoyé la Galilée par le sang. S’il a fini sur une croix, c’est pour sédition politique – s’être proclamé « Roi des Juifs » face à l’Empereur –, pas pour avoir mené une insurrection militaire.
          Bâtir une théorie révolutionnaire sur un squelette de soldat retrouvé en Allemagne ou sur un jeu de mots satirique du Talmud, c’est distrayant, mais ce n’est pas de l’histoire. Ce n’est pas l’Église qui rejette Tabor et Aslan, ce sont les historiens laïcs, athées et agnostiques, pour qui ces théories relèvent de la pure science-fiction. Bref, la messe est dite, mais visiblement, il n’y a pas que les croyants qui aiment les dogmes et les belles histoires.

        • Gollum Gollum 9 septembre 15:28

          @Giuseppe di Bella di Santa Sofia

          Ok vous marquez des points.

          Il n’en reste pas moins que les textes évangéliques sont incohérents (deux généalogies qui se contredisent, deux narratifs incohérents sur la venue de Jésus), des versets à pouffer de rire (comme le chap 16 de Marc), les morts de Jérusalem qui se baladent lors de la mort du Christ, une prophétie faite par Jésus lui-même de son retour très proche (Matthieu), invalidée par les faits (on attend toujours), etc, etc...

          On n’en finirait pas de critiquer.

          Sans oublier les 1800 ans de coercition religieuse, avec des martyrs à la clé.

          Tout ça n’est pas bien engageant... 


        • Gollum Gollum 9 septembre 15:36

          deux narratifs incohérents sur la venue de Jésus ---> Je parlais de sa venue à Jérusalem pour sa naissance... 


        • Doume65 9 septembre 23:00

          @Giuseppe di Bella di Santa Sofia
          « c’est le produit d’une guerre de communication »
          « c’est de la surinterprétation pure et simple »
          Vous le remarquez très bien chez les autres.


        • Rinbeau Rinbeau 9 septembre 13:21

          L’ère Jésus..

          Je connais l’ère du diplodocus !

          Il y a eu l’ère du papy russe égyptien ! scribouillage hiéroglyphique !

          je connais l’ère mite saint Antoine de partout !

          l’ère con de certains !

          L’ère rance des huiles oligarques !

          L’ère glacière, quand je pars à la plage !

          L’ère paisse à mon gland, ma jolie !

          l’ère heure fatale lorsque l’on se marie !

          L’ère hitage que se transmettent les morpions !

          L’ère du couillonavirus !


          MAIS.. L’ère Jésus.. 


          CONNAIS PAS.


          • ETTORE ETTORE 9 septembre 14:04

            Salve Giuseppe

            Je ne vous dirais pas ma satisfaction, de voir sur ce forum des articles de qualité, et surtout d’une réelle profondeur historique.

            Articles qui laissent un frisson, parce que cela interroge sur le sens de ce monde.

            Et surtout mets en balance, des epizooties de cretinisme profond ( comme la dernière en date de la Tondelier, qui semblait n’avoir jamais entendu parler de De Gaulle)

            Et d’autres, dont le passé, le présent, et même le futur semble déranger au plus au point, parce que, en définitive, leur place personnelle, semble ne se loger nulle part

            et que les Maisons des Jeunes et de la Culture, sont des ruines depuis longtemps remplacés par des salles de shoot .

            Grazie Giuseppe


            • Salve Ettore !
              Un immense merci pour votre message, il m’a touché droit au cœur. C’est un vrai bonheur de vous lire et de voir que ce travail de fond et cette recherche de vérité historique résonnent chez des esprits fins et exigeants comme le vôtre.
              Je partage totalement votre constat et ce « frisson » dont vous parlez. L’Histoire, quand on s’y plonge avec honnêteté, ce n’est pas juste aligner des dates ou des théories pour faire du buzz. C’est un miroir brut qui nous pousse à réfléchir sur le sens de notre monde, sur ce qui dure et sur ce qui s’effondre.
              Vous mettez le doigt sur une triste réalité avec vos mots sur le délitement de la culture et la perte de nos repères. Face à ce vide ambiant et à l’effondrement du niveau général, continuer à chercher la vérité des faits, sans concession, c’est presque une forme de résistance. Vos lignes, pleines d’une nostalgie lucide mais tellement humaine, donnent tout son sens à ma démarche sur ce site. 
              Encore un grand merci à vous, Ettore, pour votre fidélité, votre hauteur de vue et la profondeur que vous apportez à nos discussions. 


            • juluch juluch 9 septembre 21:09

              Les Chrétiens à Rome n’étaient pas disposé à être persécutés.

              les Romains accueillaient volontiers les autres cultes du moment que les nouveaux venus acceptaient les dieux romains et le culte de l’Empereur.

              Rejeter les idoles a été une raison de leurs persécution.

              Pour Jésus qu’il est existé oui surement mais les récits qui ont été fait bien après sa mort sont pour moi pure invention....les textes ont été modifiés au fur et à mesure des siècles et des besoins du moment comme pour la bible.

              Chacun y est allé à sa façon dont Paul....ses épitres par exemple.

              Des origines de Jésus en passant par les Evangiles et les premiers Papes il y a un gouffre !


              • La Bête du Gévaudan 9 septembre 22:45

                merci de rappeler quelques fondamentaux historiques... ne pas croire à la divinité du Christ est une chose parfaitement légitime (d’ailleurs, la plupart des contemporains n’ont pas cru à sa divinité, à commencer par les docteurs juifs)... mais nier sa réalité historique, au regard des traces, est assez ridicule.

                La discussion antique se plaçait au niveau spirituel, métaphysique et ontologique. On stipulait sur le fond de l’affaire. Ou on le prenait pour un hurluberlu. C’est seulement à l’époque moderne qu’on s’est soudainement mis à nier l’existence naturelle du Christ.

                La modernité est incapable d’argumenter sur la plan métaphysique, et en est donc curieusement réduite à nier l’existence du Christ pour nier sa divinité ! (faille intellectuelle féconde à explorer, qui en dit long sur l’inconscient religieux refoulé de la modernité). 

                Le déclin de la culture métaphysique et ontologique dans la modernité est, à mon avis, en bonne partie à l’origine de la négation physique du Christ. 

                Notons d’ailleurs que le début de cette médiocrité intellectuelle et métaphysique a été préfiguré par les thèses islamiques sur Jésus : incapable de s’élever au plan abstrait, la pensée islamique en est réduite à ramper dans les théories complotistes plus ou moins ringardes. Cela préfigure assez la débilité des modernes. 


                • La Bête du Gévaudan 9 septembre 22:55

                  autre paradoxe amusant : la modernité qui se gargarise de renouer avec la philosophie antique, est en réalité bien impuissante en la matière ! La doctrine chrétienne est une philosophie antique. Augustin et Thomas d’Aquin, les pères et les docteurs de l’église, sont pétris de métaphysique et d’ontologie. Ce sont les débiles modernes, totalement dépourvus des moindres bases en la matière, qui abordent la doctrine et les textes chrétiens comme on aborderait les Fables de Lafontaine en croyant que les animaux se parlent vraiment ! 

                  Quand on a simplement quelques modestes bases en métaphysique et ontologie, on est frappé par la crétinerie abyssale et l’ignorance crasse des modernes (y compris de la plupart des « grands noms ») en la matière. Ils en sont réduits à ricaner sur des concepts qu’ils ne comprennent pas (fils de dieu, péché originel, immaculée conception, etc.) comme on ricanerait sur la Cigale et la fourmi

                  Notons, encore une fois, que ce début de « ras des pâquerettes » est largement incarné par l’islam qui est, par exemple, apparemment incapable de comprendre la notion de « fils de dieu » (et de discerner une paternité chronologique d’une paternité ontologique). La débilité musulmane semble, en la matière, parfaitement se marier à l’ineptie moderne. Le temps n’est pas loin où l’on brûlera le Louvre pour « impudeur », les esprits étriqués étant incapables de comprendre la dimension analogique de l’art. 


                • Doume65 9 septembre 23:04

                  « nier l’existence de l’homme de Nazareth relève de la cécité intellectuelle ou de la fraude idéologique »

                  Certes, mais qui le nie au juste ? Je ne crois pas que la question soit vraiment sur la table. Je ne suis bien sûr pas au courant de toutes les controverses.

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