@Mélusine ou la Robe de Saphir.
Lire : Nouvelle
suite des leçons d’introduction à la psychanalyse. Œuvres complètes, PUF, XIX,
XXXIIIe Leçon, La féminité...
Page 216 : « Nous attribuons donc à la féminité
un plus haut degré de narcissisme qui influence encore son choix d’objet,
si bien qu’être aimée est pour la femme un besoin plus fort qu’aimer. A la
vanité corporelle de la femme participe encore l’action de l’envie de pénis,
étant donné qu’il lui faut tenir en d’autant plus haute estime
ses attraits, en dédommagement tardif pour son infériorité sexuelle
originelle. A la pudeur, qui passe pour une qualité féminine par
excellence, mais qui est beaucoup plus affaire de convention qu’on ne pourrait le penser, nous
attribuons la visée originelle de masquer la défectuosité de l’organe génital.
Nous n’oublions pas qu’elle a plus tard assumé d’autres fonctions.
On
estime que les femmes ont apporté peu de contributions aux découvertes et aux
inventions de l’histoire de la culture, mais peut-être ont-elles quand même
inventé une technique, celle du tressage et du tissage. S’il en est ainsi, on
serait tenté de deviner le motif inconscient de cette prestation. C’est la
nature elle-même qui aurait fourni le modèle de cette imitation, en faisant
pousser, au moment de la maturité sexuée, la toison génitale qui dissimule
l’organe génital. Le pas qui restait encore à franchir consistait à faire
adhérer les unes aux autres les fibres qui, sur le corps, étaient plantées dans
la peau et seulement enchevêtrées les unes avec les autres. Si vous repoussez
cette idée incidente comme fantastique et si vous m’imputez comme une idée fixe
l’influence du défaut de pénis sur la configuration de la féminité, je suis
naturellement sans défense ».
Page 218 : « Le fait qu’il faille
reconnaître à la femme peu de sens de la justice est sans doute en corrélation
avec la prédominance de l’envie dans sa vie d’âme, car l’exigence de justice
est une élaboration de l’envie, indiquant à quelle condition on peut se
départir de celle-ci. Nous disons aussi des femmes que leurs intérêts sociaux
sont plus faibles et leur capacité de sublimation pulsionnelle moindre que
celle des hommes. ».
« Que la fille reconnaisse
le fait de son défaut de pénis ne veut pas dire pour autant qu’elle s’y
soumette facilement. Au contraire, elle reste encore longtemps attachée au
souhait d’acquérir aussi quelque chose comme ça, elle croit à cette possibilité
jusqu’à un âge invraisemblablement avancé et, encore en des temps où le savoir
de ce qu’est la réalité a depuis longtemps mis au rebut l’accomplissement de ce
souhait comme étant inaccessible, l’analyse peut mettre en évidence que ce souhait
est resté conservé dans l’inconscient et qu’il a gardé un investissement
d’énergie considérable. Le souhait de finir par acquérir quand même le pénis
tant désiré peut encore apporter sa contribution aux motifs qui poussent la
femme mûre à entrer en analyse, et ce qu’elle peut raisonnablement attendre de
l’analyse, par exemple la capacité d’exercer une
profession intellectuelle, peut souvent être reconnu comme un avatar sublimé de
ce souhait refoulé. ».
Ajoutons encore que pour Freud, les frissons des
femmes hystériques, tout comme les migraines féminines sont attribuées aux
réminiscences de la pression exercée par le père sur les tempes de la fillette
lorsqu’il la forçait à lui administrer une fellation (d’où, ensuite, des
eczémas labiaux à répétition). (Lettres à
Wilhelm Fliess, lettre du 3 janvier 1897 et celle du 8 février 1897 PUF, 2006, pp. 281 et 294).
Notons encore que pour Freud, les
femmes agoraphobes ne sont que des nymphomanes qui se retiennent : « L’agoraphobie chez les femmes, c’est le
refoulement de l’intention d’aller chercher dans la rue le premier venu. » Lettres à Wilhelm
Fliess. Lettre du 17 février1896, PUF, 2006, p. 277).