• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Accueil du site > Tribune Libre > Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse

Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse

Freud pensait que la psychanalyse était une révolution de l'esprit, qui devait troubler la conscience du monde. Il regardait l'inconscient comme un réservoir des forces pulsonnelles, refoulées dans les profondeurs biologiques de l'âme.

Explorateur des ruses de la parole, Jacques Lacan est le seul parmi les héritiers de Freud, à abandonner ce romantisme de la science issue de Darwin, et à réveiller le génie subversif de la psychanalyse. Il fait de l'inconscient, une structure de langage, dont la logique formelle se déploie à la manière d'une flûte de Bach ou d'un poême de Mallarmé. 

"Je suis celui qui a lu Freud..." dira-t-il.

 

- Le "sujet" lacanien et le "moi" freudien  :

Si l'on veut faire le point sur le passage de Freud à Lacan et l'émergence de la psychanalyse chez Lacan, il faut bien voir que cela suppose une reconstruction totale des concepts. Par exemple le concept de "sujet". Comment caractériser le "sujet" au moment où il apparait clairement dans la doctrine lacanienne ? Le "sujet", c'est ce qui doit être pensé dans la constitution du "moi". Parce qu'avant de théoriser à fond le "sujet", Lacan s'est d'abord interrogé sur le "moi"...Chez Freud, le "moi" est un concept sans grands mystères. C'est le système perception-conscience..Chez Lacan, sous influence philosophique, au moment du fameux écrit sur le "stade du miroir", voilà que le "moi" devient le résultat de "l'autre". C'est à dire mon "moi" c'est une image de moi. C'est un "moi" spéculaire, qui se réfléchit dans le miroir de l'autre et qui m'est renvoyé pour dire les choses simplement. Qui est renvoyé à qui ?...à quelque chose d'assez énigmatique qui va bientôt s'appeler le "sujet". Le moi est donc fondamentalement illusoire ou lieu d'illusions. Voilà comment Lacan approche le "sujet".

Le "stade du miroir" est le moment durant lequel, l'enfant entre six et dix huit mois, anticipe la maitrise de son unité corporelle, par la captation de son image dans un miroir. En 1936, Lacan s'inspire de la lègende de Narcisse, condamné par les dieux à se noyer dans la contemplation de son reflet. Quand le "sujet" reconnait autrui, il parvient à la socialisation et se détache d'un monde intérieur centré sur le "moi". Quand au contraire il régresse vers le narcissisme primaire, il s'abandonne à un univers fermé, où l'autre n'existe pas.

Il faut donc voir l'apport de Lacan comme un tableau moderne. Il n'est plus dans l'univers classique des représentations. C'est en somme la peinture de Picasso, par rapport au classicisme représenté par Freud. Lacan serait donc un Freud démesuré, déformé...

 

- Lacan et la paranoïa  :

Né à Paris le 13 avril 1901 dans une famille de vinaigriers Orléanais, Jacques Lacan était issu de la moyenne bourgeoisie catholique bien pensante. Il eut avec son jeune frère, Marc-françois, qui deviendra moine Bénédictin, une relation privilégiée. Durant ses études au collège Stanislas, il s'initie à l'oeuvre de Nietzsche et de Spinoza, puis rejette le catholicisme. Il retire de ces années en uniformme, la conviction intime que les blessures psychotiques les plus violentes, surgissent toujours à l'intérieur des collectivités apparemment soumises à la plus grande normalité. Il se sent incompris par son père, qui le destine au commerce des moutardes. Il entre ainsi dans la modernité du vingtième siècle, par la voie d'une rébellion intelectuelle. 

Désireux d'explorer l'essence de la folie, dont il avait perçu les ombres dans sa propre famille, il s'oriente vers la psychiatrie. A l'hopital Sainte-Anne, il se confronte à la souffrance de l'asile et se passionne pour la paranoïa, une forme de folie tellement cohérente, que Freud la comparait à un système philosophique. Lacan fait de la paranoïa un mode de raisonnement logique, inscrit au coeur de la personnalité humaine.

On pourait s'interroger sur le thème même de la paranoïa. Cela a beaucoup compté pour Lacan, puisque ce fût le sujet de sa thèse de doctorat. La paranoïa, c'est la quête de la vérité. La supposition du paranoïaque, c'est que quel que soit le désordre des apparences, il doit y avoir quelque part un réel caché, dont lui est absolument certain, et qui donne son sens à tout ce qui a lieu. Ce réel généralement, c'est un complot ou un crime préparé contre lui. Ça, c'est donc la structure même de notre quête de la connaissance. Quand nous voulons connaitre les choses obscures, les choses cachées comme disaient les sceptiques, nous sommes nécessairement paranoïaques. Donc la paranoïa, la psychose, éclaireraient la structure même du "désir de connaitre", dont tout le monde sait depuis Aristote, que c'est le désir de la science. C'est précisément cela qui fascine Lacan. Cela veut dire que le fond de l'esprit est délire, et si le "fond de l'esprit est délire" selon la formule de Deleuze, "la vérité est au bout de cette quête délirante"...

 

- Les premiers cas :

En 1930, les psychiatres de sa génération, marqués par l'essor de la psychanalyse, s'intéressent autant à l'écriture du délire, qu'aux attitudes passionnelles des femmes hystériques. L'hystérie et la paranoïa, dessinent pour eux, comme pour les poètes surréalistes, les contours étranges d'une vérité convulsive, qui les renvoie aux égarements d'un monde en proie au déclin des valeurs classiques de la raison et du progrès.

En 1932, Lacan publie sa thèse de médecine, consacrée à l'étude d'un cas de paranoïa féminine. Il y raconte la destinée d'une femme persécutée, issue d'un milieu modeste. C'est l'histoire d'une employée des postes, qui rêve d'une autre vie et qui va commettre une tentative de meurtre sur une célèbre actrice de l'époque, Huguette Duflos. Elle rate son coup. Après la tentative de meurtre, elle est internée à l'hopital Sainte Anne. Confiée aux soins de Lacan, qui n'est pas encore psychanalyste, qui est psychiatre, il va en faire une description fascinante, qui va subjuguer les milieux psychiatriques et littéraires de l'époque. Ce que lacan montre dans cette histoire de paranoïa d'auto-punition, c'est qu'en frappant la comédienne, elle a frappé son idéal du "moi". Ce à quoi elle s'identifiait le plus. L'année suivante, en 1933, les soeurs Papin, domestiques dans la ville du Mans, assassinent sauvagement leur patronne. Comme dans le cas précédent, Lacan démontre que le véritable mobile du crime n'est pas la haine de classe, mais la structure paranoïaque à travers laquelle, un sujet frappe l'idéal du maitre qu'il porte en lui.

 

- Hegel, Kojève :

A l'hopital Ste Anne, chacun s'interroge sur les extases de ces femmes aliénées. Selon Lacan, cette folie féminine ressemble à un théatre de la cruauté, surgit d'un temps immémorial. Elle est la forme contemporaine d'une tragédie antique, revue et corrigée par la dialectique hégélienne du maitre et de l'esclave.

A partir de 1934, Lacan suit le séminaire d'Alexandre Kojève sur la "Phénoménologie de l'esprit" de Hegel, parue en 1907 et non encore traduite en français. D'origine Russe, Kojève délivre à ses auditeurs un commentaire talentueux du texte de Hegel. Il s'appuie sur des exemples concrets tirés de l'histoire politique du temps présent. Georges Bataille et Raymond Queneau, sont des adeptes de cet enseignement oral, dont Lacan imitera le style.

Ce que retire semble-t-il Lacan des leçons de Kojève, c'est l'insistance qu'a celui-ci à interpréter tout le système hegelien, en fonction de la dialectique du maitre et de l'esclave, qui s'origine elle même dans la lutte des consciences, permettait à Lacan de penser le "sujet". En effet, le génie hégélien consistait à découvrir que quand j'essaie de prendre certitude de moi-même, c'est à dire de mon existence, je suis obligé de demander la reconnaissance de cette existence à l'autre. Par conséquent, l'autre devient le maitre de mon propre être. Lacan a poussé à l'extrème la logique hégélienne, qui veut que mon discours est sa cause dans l'autre. Il le prend au pied de la lettre. Puisque la cause du discours que je tiens est toujours "l'autre", il y a un lieu de "l'autre" qui est précisément ce trésor des signifiants, où se constitue d'une certaine manière, la langue. C'est ce qui me fournie les lambeaux de discours que je vais articuler. Le lieu de "l'autre", c'est du même coup le lieu où s'organise la structure même de mon désir.

 

- Lacan, les femmes, la folie :

En 1934, Lacan épouse Marie-Louise Blondin, dont il aura trois enfants. Trois ans après son mariage, il tombe amoureux de l'actrice Sylvia Bataille, dont la famille d'origine juive a émigré de Roumanie. A cette époque, celle-ci est séparée de l'écrivain George Bataille, dont elle est toujours l'épouse légitime et avec lequel elle a eu une première fille, Laurence, qui deviendra psychanalyste. Pendant l'occupation, réfugiée en zone libre, Sylvia aura avec Lacan une deuxième fille, Judith, née en 1941. Après la guerre, Lacan épouse Sylvia. mais avec l'accord de Marie-Louise, il dissimule à ses enfants du premier mariage, l'existence de son deuxième foyer.

Théoricien de l'amour et de la jouissance féminine, Lacan recherchera sans cesse les rafinements d'une séduction, dont il saura décrire toutes les tromperies.

"Qu'est ce que c'est que ce quelque chose qui se répète ?...un certain mode du jouir.. "                       "La femme n'existe pas. L'amour, c'est donner ce que l'on n'a pas, à quelqu'un qui n'en veut pas."                "Le désir de l'homme, c'est le désir de l'autre..."

Lacan avait l'art d'inventer des maximes, et de les exprimer avec humour.

Il repère quelque chose de spécifique à la femme, à la jouissance féminine, à la sensualité féminine, mais sans en faire une nature. Sans remettre l'ordre de la naturalité. Il n'assigne pas les femmes à la maternité. Il saisit quelque chose d'une folie féminine.

 

- Nouvelle méthode, Claude Lévi-Strauss, chaine signifiante :

La tradition de la présentation des malades, héritée de la médecine hospitalière, consistait a exhiber un patient devant un auditoir de praticiens et d'étudiants, et à lui poser des questions dont la signification profonde était censée lui échapper. Les acteurs de ce cérémonial, entrainés par des année d'enfermement, produisaient en réalité tous les symptômes que les maitres de l'asile attendaient d'eux.

Lacan brise cette clinique du regard, pour donner la parole aux malades. Il était extraordinairement courtois avec eux, ne les traitant pas du tout comme des patients d'asile, mais comme des "êtres humains"...

Donnant en parallèle ces fameux séminaires à l'hopital Ste Anne, où étudiants et praticiens, subjugués par son éloquence, sa verve, et ses démonstrations absolument uniques, avaient vraiment l'impression de participer, d'assister là, dans un mouvement inventif, à la naissance de la psychanalyse. Sentiment sans doute partagé par les premiers disciples de Freud.

Après la seconde guerre mondiale, sans renoncer à l'héritage de la philosophie Allemande, Lacan se tourne vers les structures symboliques de la subjectivité. Il s'appuie sur les travaux de l'anthropologue Claude Lévi-Strauss et du linguiste Roman Jakobson, pour faire de l'inconscient, le lieu d'une chaine de signifiants. Lévi-Strauss a eu une importance considérable dans ses travaux. Parce que le problème que résout Lévi-Strauss avec les structures élémentaires de la parenté, c'est de montrer que l'interdit de l'inceste, c'est à dire cette coupure, cette obéissance à la loi du symbolique, signifie au fond, le passage de la nature à la culture. En d'autres termes, ce n'est pas parce que l'homme a horreur de l'inceste qu'il se l'interdit, c'est bien parce qu'il le désire. Ça, Freud l'avait déjà repéré. Mais Lévi-Strauss, montre que c'est structurel des relations de parenté. On passe donc à l'organisation structurale des relations de parenté, qui détermine les structures symboliques de la société. Ces structures symboliques sont donc dominées par des régles qui sont celles du language.

La chaine signifiante, c'est donc la structure de base de l'inconscient. C'est à dire du language, du discours, tel qu'il constitue le sujet humain. Celà veut dire que quand nous parlons, nous mobilisons dans un ordre d'ailleurs absolument aléatoire, des structures, cest à dire des différences. Le language est marqué par des différences. Des différences de phonèmes, de mots...ces différences s'articulent selon une logique. Lacan parle d'une chaine, parce que les signifiants s'enchainent selon une logique et que la cure analytique doit viser a exhiber cette logique qui est propre à tous sujets. Cette chaine elle se forme sur terme absent. Elle est comme un bracelet dont le fermoir sauterait. Et cet endroit où ça saute, c'est là selon Lacan, qu'est la cause du tout. C'est ce maillon là, l'objet du désir.

 

- Le conservatisme freudien, la rupture :

Pionnière de la psychanalyse, Marie Bonaparte se pensait en 1950, comme la seule héritière française de Freud, dont elle célébrait pieusement la mémoire, avec l'appui de l'IPA  "International Psychoanalytical Assocition" fondé par Freud en 1910. L'IPA était alors dominé par une corporation de clinitiens honorables, majoritairement anglophones et peu ouverts à la virtuosité lacaniènne.

Critiqué par les tenants de cette légitimité, Lacan quitte la société psychanalytique de Paris et participe en 1953 avec Daniel Lagache, Serge Leclaire, Wladimir Granoff et François Perrier, à la création de la société française de psychanalyse. Son amie Françoise Dolto, fondatrice d'une nouvelle approche psychanalytique de l'enfant, lui apporte son soutien. La SFP durera 10 ans et sera un véritable bouillon de culture pout toute la jeunesse de l'époque. Lacan se pose donc en refondateur ; avec la part de transgression qui l'accompagne. Il ne respecte aucune règle. Pour l'IPA, c'est inacceptable. On accepte l'enseignement de Lacan, mais qu'il reste dans l'IPA comme philosophe, théoricien, mais surtout pas comme formateur d'élèves.

Il va se trouver dans une situation qui n'a jamais été celle de Freud. C'est à dire de fonder l'école freudienne de Paris en 1964, en étant le maitre a penser, l'analyste, le chef politique. Il cumule toutes les fonctions, alors que Freud avait délégué le pouvoir à ses disciples.

Unique en son genre, l'aventure de l'école freudienne de Paris, s'achèvera 16 ans plus tard en 1980. Elle aura permis à Lacan de placer le désir d'être analyste, au coeur de la formation des didacticiens.

"L'inconscient reste le coeur de l'être pour les uns, et d'autres croiront me suivre , à en faire l'autre de la réalité. La seule façon de s'en sortir, c'est de poser qu'il est le réel. Ce qui veut dire aucune réalité. Le réel en tant qu'impossible à dire. C'est à dire en tant que le réel , c'est l'impossible tout simplement. "

il y avait chez Lacan beaucoup d'emphase, de comédie. Ces cols mao, ces fameux cigares torsadés...beaucoup de ceux qui assistaient à ses séminaires, ne comprenaient rien de ce qu'il pouvait raconter. La forme comme le fond, paraissaient inaccessibles. S'en rendant compte, il avait lancer lors d'un séminaire à Ste Anne, devant un parterre de spécialistes et d'intellectuels médusés..." Mais enfin ! Vous allez finir par l'ouvrir votre comprenoir !! "

 

- Les concepts de Lacan : 

C'est à Rome en 1953, dans cette ville qu'il aime passionnément au point d'y retourner sans cesse, que Lacan définit les trois termes majeurs de son enseignement, lors d'un discours adressé aux membres de la société française de psychanalyse.

" Le symbolique, l'imaginaire, le réel, les trois registres par lesquels j'ai introduis un enseignement qui ne prétend pas innover, mais rétablir quelques rigueurs dans l'expèrience de la psychanalyse. "

Les trois registres par lesquels Lacan veut rétablir en quelque sorte la psychanalyse dans sa "dignité"... trois registres qui sont noués. Trois concepts fondamentaux, au sens de la plus ancienne tradition philosophique. Le platonicisme, le stoïcisme, l'aristotérisme, avaient des concepts fondamentaux. C'est assez impressionnant d'entendre la prétention à la " Fondation ".

Qu'est-ce que " l'imaginaire " pour Lacan ? ...ça va être le lieu des illusions du " Moi". Ces illusions existent, elles forment notre psyché. Nous vivons dans un monde d'illusions, de représentations, qui nous marquent à vie et qui resteront.

Le " Symbolique ", qui est en quelque sorte le primât qui nous détermine, qui fait loi. C'est la fonction symbolique au sens de Lévi-Strauss. C'est l'idée qu'on est dominé par les structures, qui peuvent être sociales, des structures de language.

Le "Réel ", échappe à toutes symboliques. Le lieu de la folie, des pulsions. L'émergence de l'illimité. Le "réel" suscite "l'imaginaire" et le "symbolique", et s'articule à eux. Lacan est un formidable réaliste et se rattache à toutes les grandes écoles réalistes de la philosophie.

 

- Le praticien ;

Dés 1950, Lacan avait mis en cause le rituel des séances chronométrées à 55 minutes, imposé par l'IPA, et destiné a préserver les patients et élèves en formation, de la toute puissance transférentielle des maitres. Lacan pulvérise cette règle. Il invente celle de la séance à durée variable, qui conduit l'analyste a intervenir dans la cure, par des cèsures ou des interprétations, afin que l'analysant (terme lacanien pour patient) explore plus rapidement ses fantasmes inconscients et perde moins de temps a énoncer des paroles vides.

A l'âge de 70 ans, angoissé de n'avoir pas assez de temps pour transmettre son enseignement, Lacan commence a prendre en analyse tous les disciples qui lui vouent un amour immodéré. Sans justification clinique, il transforme progressivement l'expérience de la cure, en un laboratoire de l'extrème, et finit par racourcir à quelques minutes la durée de la séance.

Lacan a en quelque sorte inscrit cette pratique jusqu'à la dissolution même de la séance. D'abord parce qu'il ne pouvait refuser personne en analyse dans cette position de maitre sollicité. Que d'autre part, sa passion lui donnait une écoute très particulière, même dans cette absence de temps. L'arrêt, parfois brutal d'une séance, devient en soit un élément important de la cure.

 

- Méfiance et réticence :

Il est intéressant de voir que Lacan a eu beaucoup de succés dans les départements littéraires ou cinématographiques des universités, à cause de leur amour de la théorie, alors qu'il a été marginalisé cliniquement, particulièrement dans le monde anglo-sasxon. Il y a des raisons complexes à la marginalisation clinique, ou tout le moins à la méfiance qu'il pouvait inspirer. D'abord pour une très bonne raison, sa théorie a énormément influencée le monde universitaire. Mais c'est pour de mauvaises raisons, qu'on l'a véritablement dénigré dans son travail clinique. C'était probablement un clinicien difficile, et un tas de choses ayant un lien dans le cadre de sa pratique lui ont valu une mauvaise réputation. Il y avait des rumeurs sur le nombre de suicides. L'idée même que Lacan travaillait en flirtant avec la psychose, effrayait. Sa pratique clinique même, l'image de sa conception théorique, privilégiaient en quelque sorte le coté psychotique. Cela était considéré comme dangereux et l'était peut-être. Mais quelle pratique ne l'est pas ?... Contrairement à d'autres cliniciens, Lacan avait toujours accepté de recevoir en analyse des patients psychotiques ou suicidaires. Parfois, il ne pouvait éviter le passage à l'acte.

 

- Les noeuds :

A la fin de sa vie, fasciné par les mathématiques, Lacan dessine des noeuds et des tresses, cherchant à formaliser en figures topologiques, les trois éléments fondamentaux de sa doctrine. Atteint de troubles cérébraux, il perd progressivement la parole devant les auditeurs de son séminaire. Chacun regarde le vieil homme silencieux, privé de cette voix fulgurente et tragique, qui avait tenue en haleine des générations d'intellectuels et de praticiens.

Dans cette dernière période, il a voullu que quelque chose, dans une sorte de pytagorisme un peu étrange, par l'usage des figures et des nombres, vient signifier, non plus simplement la rigueur des structures de l'inconscient, mais le réel lui-même. Le noeud était là pour essayer de transmettre, pas simplement le réel comme vérité ou indiscible, mais le réel comme ce qui est là dans sa plus grande nudité et sa plus grande insignifiance.

 

- Le désir finalement :

Il a été celui qui a le mieux, de la façon la plus moderne, interrogé le rapport de l'homme à la vérité de son désir nu. La question du réel. La question de la violence dans l'histoire. C'est l'homme d'après Auschwitz. Il a vécu ce que Freud avait pressenti, c'est à dire la capacité de l'homme d'aller très loin dans la destruction de lui-même.

Lacan c'est aussi la chute des illusions de la révolution. Qu'est-ce qui va rester, quand on sera revenu de toutes les illusions de l'engagement révolutionnaire ?. Lacan est un penseur sceptique c'est vrai. Et en même temps passionné. C'est la possibilité de croire en quelque chose, c'est à dire au désir. Donc il ne faut pas désespérer le sujet. Mais la seule chose qui peut compter, c'est l'éthique du désir, puisqu'au fond, il ne nous reste plus que ça. Ne pas céder sur son désir, c'est ça l'héroïsme moderne.

Jacques Lacan meurt le 9 septembre 1981.

" Je suis obstiné...Je disparais. "

 

Documents joints à cet article

Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse Jacques Lacan, le second souffle de la psychanalyse

Moyenne des avis sur cet article :  3.25/5   (4 votes)




Réagissez à l'article

42 réactions à cet article    


  • Choucas Choucas 18 janvier 11:15

    Lacan était hégélien, Freud nietzschéen
    Aussi Lacan avait prédit déjà que le marché commun allait pousser le racisme.
    La globalisation du marché coexiste idéalement avec une très forte identité ethnique, raciste…le multi-akulti 
     
    « 10000 urocrates ont des salaires supérieurs à celui de Cameron (175 k€)  »
     
    « Les eurocrates se sont acharnés à faire de l’UE le cheval de Troie de la déseuropéinisation » Finkielkraut
     
    « L’UE doit faire de son mieux pour détruire l’homogénéité des nations européennes » Peter Sutherland
     
    « Jean Monnet était un agent américain payé pour détruire les états européens »
    Marie France Garraud (chez Taddeï qui depuis a été mis au pas ...)
     
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=1Atyvt9TlcQ
    http://www.upr.fr/actualite/europe/la-cia-finance-la-construction-europeenne
    http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=nwS0E1N1OCg


    • Diogène diogène 18 janvier 11:25
      « Il fait de l’inconscient, une structure de langage, dont la logique formelle se déploie à la manière d’une flûte de Bach ou d’un poême de Mallarmé. »

      C’est quoi, une « flûte de Bach » ? Une traversière de ruisseau ou un bac à bec ?


      • Choucas Choucas 18 janvier 11:34

         
         
        « Je n’aime pas les libéraux de gauche, les multiculturalistes qui disent : « On doit comprendre l’autre. » Non, je ne veux pas comprendre l’autre, je m’en fous. Mon idéal, ce n’est pas de vivre dans un immeuble où il y a une famille viet, une autre latino, une autre noire. »
         
        Slavoj Zizek  marxiste, disciple de Lacan
         
         
        « Notre avenir de marché commun trouvera sa balance d’une extension de plus en plus dure des procès de ségrégation. »
         
        Proposition du 9 octobre 1967 sur le psychanalyste de l’École, Lacan
         


        • bouffon(s) du roi bouffon(s) du roi 18 janvier 11:59

          En psychanalysant devant mon miroir l’autre matin, que j’aurais aisément pu traverser la veille, tant l’accès était évident, facilité par un portier alcoolique qui avait plié boutique au petit matin, je m’étais donc dit, non péremptoirement, étant dans mon intime intimité, propre et bien réveillé, que je vivais dans le meilleur des mondes, n’en connaissant finalement pas tellement d’autres. Mais la radio me rappelait que cette sereine situation, n’était valable qu’en certains moments bien choisis, et en certains lieux, accompagné ou non, telles, la salle de bain ou la bibliothèque, ou encore la cuisine.


          • Gollum Gollum 18 janvier 12:00

            Ça existe encore des disciples de Lacan ? smiley


            J’ai bien aimé votre délire sur la paranoïa…

            Quand nous voulons connaitre les choses obscures, les choses cachées comme disaient les sceptiques, nous sommes nécessairement paranoïaques. Donc la paranoïa, la psychose, éclaireraient la structure même du « désir de connaitre », dont tout le monde sait depuis Aristote, que c’est le désir de la science. 

            Donc d’après Lacan le désir de connaître a une base pathologique. Autrement dit un être sain ne devrait pas chercher à connaître. smiley
            Wahou… J’avais jamais lu de tels délires jusqu’ici, j’avoue être comblé.

            Bon, c’est bien évidemment l’inverse qu’on observe. Notamment chez les enfants. Ceux qui vivent dans un environnement familial stable, sécurisé, rempli d’amour, avec des parents épanouis (non paranos donc) sont ceux qui manifestent la plus grande curiosité vis à vis de l’extérieur, des choses en général.

            Allez on va continuer dans les délires : En effet, le génie hégélien consistait à découvrir que quand j’essaie de prendre certitude de moi-même, c’est à dire de mon existence, je suis obligé de demander la reconnaissance de cette existence à l’autre. Par conséquent, l’autre devient le maitre de mon propre être. Lacan a poussé à l’extrème la logique hégélienne, qui veut que mon discours est sa cause dans l’autre. 

            Ben désolé mais moi je n’ai pas besoin de l’autre pour assurer mon être. smiley

            Quant à dire que mon discours a (et non pas est, apprenez le français un peu..) sa cause dans l’autre c’est quelque peu vrai puisqu’un discours consiste à transmettre un message. M’enfin bon c’est du trivial tout ça. Mais ça ne l’est pas totalement parce que si je vous parle de Lacan pour le ridiculiser cela vient bien de moi et de moi seul.

            .beaucoup de ceux qui assistaient à ses séminaires, ne comprenaient rien de ce qu’il pouvait raconter. 

            Sans blague ? smiley

             Il a vécu ce que Freud avait pressenti, c’est à dire la capacité de l’homme d’aller très loin dans la destruction de lui-même.

            Et de raconter beaucoup de conneries en même temps ce qui est une forme d’autodestruction et d’automystification. smiley

            Beaucoup de fautes d’orthographe dans votre texte. Langage en français c’est sans le u.

            Bref, et pour faire court, Lacan direction poubelle...



            • Choucas Choucas 18 janvier 13:25

               
              Language, réflexe pavlovien du colonisé
               
              La dialectique du maître et de l’esclave dans la reconnaissance du visage lévinassien de l’autre c’est du Kojève pas du Hegel...
               
              Hegel en reste à la conscience de soi par le logos, le laguuuage = rationnel, c.a.d ce qui est propre à l’humain le ver déplumé de la nature a besoin de communiquer, d’où son « ontologie » prédicative (donner des attributs aux choses) et indicative (donner des sujets), l’avorton naturel de Nietzsche qui compense.
               
              Le désir de connaître a une base pathologique :
               
              thème classique existentialiste, hégélo-heideggerien-marxiste, Ellul, Adorno, Debord, l’hubris de la raison, la volonté de puissance par la raison amène l’arraisonnement du monde, et la domination de l’outil sur l’homme (où de la Finance, critique du Reform Bill de Hegel), et la domination pathologique (aliénation)
               
              « Le parallélisme entre l’idéologie et la schizophrénie établi par Gabel (La Fausse Conscience) doit être placé dans ce processus économique de matérialisation de l’idéologie. Ce que l’idéologie était déjà, la société l’est devenue. La désinsertion de la praxis, et la fausse conscience anti-dialectique qui l’accompagne, voilà ce qui est imposé à toute heure de la vie quotidienne soumise au spectacle ; qu’il faut comprendre comme une organisation systématique de la « défaillance de la faculté de rencontre », et comme son remplacement par un fait hallucinatoire social : la fausse conscience de la rencontre , l’« illusion de la rencontre ». Dans une société où personne ne peut plus être reconnu par les autres, chaque individu devient incapable de reconnaître sa propre réalité. L’idéologie est chez elle ; la séparation a bâti son monde. » Debord
               


            • Jean-Yves TROTARD Jean-Yves TROTARD 19 janvier 10:31

              @Choucas
                     


                             Debord : en voila un qui a su ce que parler Français veut dire . Choucas ,lui , fait un massacre

            • La langue des oiseaux existait avant Lacan. Sa description de la parano n’est guère plausible et pour un homme obsédé par le « stade du miroir » qui confronte l’humain à autrui, il n’avait que peu de soucis de ceux-ci. Se rasant devant son miroir pendant les séances qui en plus coûtaient l’APPEAU d’EPHESE. Laissons lacan à ses lacanneries. Les français n’ont jamais accepté que le Père de la psychanalyse n’était pas un coq mais un AUTRE Y CHIEN. 


              • Le propre du paranoïaque est justement de ne pas accepter d’être « pénétré » (si je puis m’exprimer ainsi) par la connaissance. On serre les fesses, ce qui facilite l’extension du bras. Oh-TOMATE.


                • Bélier, pas étonnant que toute sa théorie tournait autour du phallus. Freud, taureau était bien plus axé sur le pulsionnel. Trop diront certains et Jung, le solaire a heureusement spiritualisé le matérialisme freudien.


                  • JC_Lavau JC_Lavau 18 janvier 12:47

                    Là où j’ai adoré, c’est quand Lacan a été subjugué par plus imposteur encore que lui. J’ai nommé Salvador Dali et son coup de la « méthode paranoïaqqque cccritiqqque »...


                    Hybride pour hybride je préfère de loin le loup-phoque à la cane-hyène.

                    • Gollum Gollum 18 janvier 15:30

                      @JC_Lavau


                      Encore que Dali avait un réel talent artistique. Donc pas si escroc que ça. Alors qu’il n’y a strictement rien à garder de Lacan. Nada, peau d’zob..

                       je préfère de loin le loup-phoque à la cane-hyène.

                      Vous parlez la langue des oiseaux vous aussi ? smiley Si vous avez la Lune en Sagittaire et votre Soleil en Cancer je peux vous arranger un rendez-vous avec une fée clochette, vous vous entendrez comme larron en foire. smiley

                    • JL JL 18 janvier 15:53

                      Bonjour Delphus,
                       
                      J’ai trouvé intéressant cet article.

                       
                       ’’ La paranoïa, c’est la quête de la vérité. La supposition du paranoïaque, c’est que quel que soit le désordre des apparences, il doit y avoir quelque part un réel caché, dont lui est absolument certain, et qui donne son sens à tout ce qui a lieu. ’’

                       « Le biais d’agentivité consiste à penser que derrière le cours des choses se trouve nécessairement une intention cachée. » (in Alternatives Économiques 01/18, page 92)
                       
                      Un bel exemple nous en est fourni par Manuel Valls quand il dit : ’’expliquer c’est justifier, voire, excuser’’ . La projection abusive de ce biais cognitif a donné naissance au concept de complotisme lequel n’a lui-même d’autre fondement que ce même biais cognitif.
                       
                       
                       
                      ’’Le symbolique, l’imaginaire, le réel, les trois registres par lesquels j’ai introduis un enseignement qui ne prétend pas innover, mais rétablir quelques rigueurs dans l’expérience de la psychanalyse. 

                      Qu’est-ce que « l’imaginaire  » pour Lacan ? ...ça va être le lieu des illusions du « Moi ». Ces illusions existent, elles forment notre psyché. Nous vivons dans un monde d’illusions, de représentations, qui nous marquent à vie et qui resteront.

                      Le « Symbolique », qui est en quelque sorte le primât qui nous détermine, qui fait loi. C’est la fonction symbolique au sens de Lévi-Strauss. C’est l’idée qu’on est dominé par les structures, qui peuvent être sociales, des structures de langage.

                      Le « Réel », échappe à toutes symboliques. Le lieu de la folie, des pulsions. L’émergence de l’illimité. Le « réel » suscite « l’imaginaire » et le « symbolique », et s’articule à eux.
                       
                      Si je comprends bien, par réflexe on pourrait penser que l’Imaginaire ce serait le Moi, le Symbolique le Surmoi, et le réel le ça ?
                       


                       


                      • @JL


                        Je vous invite à relire Michel de M’Uzan qui vient de mourir. Vous y verrez plus clair. La paranoïa, c’est le contraire de l’imaginaire et du symbolique. C’est au contraire une fausse logique hyper rationnelle et solaire.

                      • JL JL 18 janvier 16:15

                        @Mélusine ou la Robe de Saphir.
                         
                         c’est quoi, une fausse logique ?
                         

                        ’’En psychiatrie, on appelle paralogisme un trouble sémantique (lié à la signification des mots ou à la structure du langage) qui consiste à détourner le sens d’un mot ou d’une locution au profit d’une signification personnelle différente de celle qui est communément admise.’’
                         
                        Exemple « commerce des moutard-e-s  »


                      • Pierre Laroche 19 janvier 08:33

                        Lacan aurait mieux fait de vendre des cornichons ! Il aurait d’ailleurs pu vendre n’importe quoi. Il a d’ailleurs contribué à créer la plus grande secte de charlatans du monde. Noam Chomsky concluait comme ceci : « Lacan était un charlatan conscient de l’être, qui jouait avec le milieu intellectuel parisien pour voir jusqu’où il pouvait aller dans l’absurdité, tout en continuant d’être pris au sérieux ». Finalement, Lacan, c’était qui ? Il le disait lui-même : « Je suis un poète ».


                        • Demandez-vous pourquoi ONFRAY s’en est pris à Freud plutôt qu’à LACAN.


                          • Gollum Gollum 19 janvier 11:24

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                            Parce qu’il était plus connu ? Et qu’en déboulonnant Freud on déboulonne aussi Lacan dans la foulée ?

                          • @Gollum

                            Roudinesco sa pire ennemie est avant tout lacanienne.... S’il avait été plus malin,..... Freud est et reste indéboulonnable et passera à la postérité. Pas Lacan.

                          • Pierre Laroche 19 janvier 11:50

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                            Il ne fait nul doute que Lacan était un rigolo. Il ne s’est construit aucune légende sur Lacan comme celles qui entourent Freud. Il y a de quoi s’intéresser au cas Freud pour le démystifier quand on sait ses penchants fascistes, sa misogynie, son racisme, son charlatanisme, son égocentrisme, etc.

                            Entre Lacan et Freud, c’est quand même bien la légende de Freud qui a fait le plus de mal à notre société.


                          • @Pierre Laroche
                            Je peux répondre à tous les reproches qui ont été fait à Freud. Cela me prendra le temps qu’il faut. Jai commencé sur l’article du viol. Misogyne Freud,...allons, allons. Tant de femmes savent ce qu’elles lui doivent dans leur libération,..mais elles sont plutôt discrètes,...Freud a été revisité par les femmes qui l’ont suivi en associant son complément féminin : Mélanie Klein,...


                          • Gollum Gollum 19 janvier 13:22

                            @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                            Freud est et reste indéboulonnable et passera à la postérité.

                            Il est déjà has been Freud. Il n’y a qu’en France qu’il y a encore quelques retardataires qui s’accrochent. Ils finiront par mourir un jour.

                          • @Gollum


                            c’est vrai qu’Hermès Trismégiste astrologue et à l’origine du langage a précédé FReud et Lacan. Mais la psychanalyse a encore de très beaux jours devant-elle. Etes-vous à ce point aveugle pour ne pas voir qui guide Macron ?,... Du temps de Mythe errant, c’était Tessier.

                          • Un misogyne n’aurait jamais écrit : LA GRADIVA. Par contre Lacan a bien défendu l’idée que la femme de l’homme était : LA GARCE (si vous allez lu Robert Merle : le garçon).


                            • Pierre Laroche 19 janvier 14:18

                              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                              Lire : Nouvelle suite des leçons d’introduction à la psychanalyse. Œuvres complètes, PUF, XIX, XXXIIIe Leçon, La féminité...

                              Page 216 : « Nous attribuons donc à la féminité un plus haut degré de narcissisme qui influence encore son choix d’objet, si bien qu’être aimée est pour la femme un besoin plus fort qu’aimer. A la vanité corporelle de la femme participe encore l’action de l’envie de pénis, étant donné qu’il lui faut tenir en d’autant plus haute estime ses attraits, en dédommagement tardif pour son infériorité sexuelle originelle. A la pudeur, qui passe pour une qualité féminine par excellence, mais qui est beaucoup plus affaire de convention qu’on ne pourrait le penser, nous attribuons la visée originelle de masquer la défectuosité de l’organe génital. Nous n’oublions pas qu’elle a plus tard assumé d’autres fonctions.

                              On estime que les femmes ont apporté peu de contributions aux découvertes et aux inventions de l’histoire de la culture, mais peut-être ont-elles quand même inventé une technique, celle du tressage et du tissage. S’il en est ainsi, on serait tenté de deviner le motif inconscient de cette prestation. C’est la nature elle-même qui aurait fourni le modèle de cette imitation, en faisant pousser, au moment de la maturité sexuée, la toison génitale qui dissimule l’organe génital. Le pas qui restait encore à franchir consistait à faire adhérer les unes aux autres les fibres qui, sur le corps, étaient plantées dans la peau et seulement enchevêtrées les unes avec les autres. Si vous repoussez cette idée incidente comme fantastique et si vous m’imputez comme une idée fixe l’influence du défaut de pénis sur la configuration de la féminité, je suis naturellement sans défense ».

                              Page 218 : « Le fait qu’il faille reconnaître à la femme peu de sens de la justice est sans doute en corrélation avec la prédominance de l’envie dans sa vie d’âme, car l’exigence de justice est une élaboration de l’envie, indiquant à quelle condition on peut se départir de celle-ci. Nous disons aussi des femmes que leurs intérêts sociaux sont plus faibles et leur capacité de sublimation pulsionnelle moindre que celle des hommes. ».

                              « Que la fille reconnaisse le fait de son défaut de pénis ne veut pas dire pour autant qu’elle s’y soumette facilement. Au contraire, elle reste encore longtemps attachée au souhait d’acquérir aussi quelque chose comme ça, elle croit à cette possibilité jusqu’à un âge invraisemblablement avancé et, encore en des temps où le savoir de ce qu’est la réalité a depuis longtemps mis au rebut l’accomplissement de ce souhait comme étant inaccessible, l’analyse peut mettre en évidence que ce souhait est resté conservé dans l’inconscient et qu’il a gardé un investissement d’énergie considérable. Le souhait de finir par acquérir quand même le pénis tant désiré peut encore apporter sa contribution aux motifs qui poussent la femme mûre à entrer en analyse, et ce qu’elle peut raisonnablement attendre de l’analyse, par exemple la capacité d’exercer une profession intellectuelle, peut souvent être reconnu comme un avatar sublimé de ce souhait refoulé. ».

                              Ajoutons encore que pour Freud, les frissons des femmes hystériques, tout comme les migraines féminines sont attribuées aux réminiscences de la pression exercée par le père sur les tempes de la fillette lorsqu’il la forçait à lui administrer une fellation (d’où, ensuite, des eczémas labiaux à répétition). (Lettres à Wilhelm Fliess, lettre du 3 janvier 1897 et celle du 8 février 1897 PUF, 2006, pp. 281 et 294).

                              Notons encore que pour Freud, les femmes agoraphobes ne sont que des nymphomanes qui se retiennent : « L’agoraphobie chez les femmes, c’est le refoulement de l’intention d’aller chercher dans la rue le premier venu. »  Lettres à Wilhelm Fliess. Lettre du 17 février1896, PUF, 2006, p. 277).


                            • @Pierre Laroche



                              Ce sujet mériterait tellement d’échanges qu’il m’est impossible de répondre. Janine Chasseguet-Smirgel a beaucoup écrit sur la sexualité féminine en restant freudienne, mais en le dépassant. Ma psychanalyste préférée reste : ANNE CLANCIER qui a beaucoup écrit sur la créativité féminine. Nous sommes en 2017, pas en 1900.

                            • Pierre Laroche 19 janvier 15:01

                              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                              Freud, Lacan, astrologie, ou autres fadaises, c’est du pareil au même : charlatanisme. Nous sommes en 2017. La place de la psychanalyse est au cimetière des fausses sciences. Mais au titre de la liberté du culte, vous pouvez continuer d’y croire si cela vous chante.


                            • Pierre Laroche 19 janvier 15:39

                              @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                              Les propos ci-dessous ne datent pas de 1900... !

                              La psychanalyse défend la culture du viol et celle de l’inceste. Françoise Dolto tenait parfois des discours délirants :

                              comme ceux sur le viol (les féministes y seront sensibles) : « Il n’y a pas de viol du tout. Elles sont consentantes ». Lire : Entretien de F. Dolto dans la revue « Choisir » - Le viol du silence - Eva Thomas - 1979),

                              et ceux sur l’inceste : « Si les enfants savaient que la loi interdit les privautés sensuelles entre adultes et enfants, et bien, à partir du moment où un adulte le lui demande, s’il accepte, c’est qu’il est complice, il n’a pas à se plaindre. Mais il peut avoir, sans se plaindre, à dire : « mais ça m’a fait très mal. – Oui. Pourquoi t’es-tu laissé faire puisque tu savais que ce n’était pas permis… » ». Lire : L’enfant, le juge et la psychanalyste - Entretien entre F. Dolto et A. Ruffo - Gallimard - 1999.

                              Voir également les propos tenus par Aldo Naouri : « Violez-là ! .


                            • @Pierre Laroche

                              Lisez plutôt Hystérie : le risque du féminin

                              Jacqueline Schaeffer dit bien que la femme jouit de céder à l’homme qu’elle aime mais ajoute hélas que de nombreuses femmes tombent sur des psychopathes et des pervers (neuf semaines et demi), à leur risque et péril.

                            • Allez Gollum, je vous mets sur la VOIE. Tessier, astrologue solaire. Macron : astrologie lunaire. Allons voir si la ROSE....


                              • Gollum Gollum 19 janvier 14:11

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.


                                Tessier c’est de la daube..

                              • @Gollum


                                Tessier : Astrologie solaire qui ne prend pas compte de la dynamique inconsciente, comme la Lune Noire par exemple. Prenons le Cas DSK. Elle n’avait pas analysé sa lune noire (si je puis dire, n’y voyant aucune allusion,...). Braquée sur bon jupiter. Attention à Jupîter (double face).

                              • Gollum Gollum 19 janvier 14:26

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Même avec Lune noire Tessier restera Tessier : une branquignolle…

                                Tout le monde se fout de sa gueule dans le milieu astrologique.

                                Quant à la Lune noire ce n’est pas une donnée traditionnelle. 

                              • @Gollum


                                Pour moi, l’astrologie est un outil avec lequel il faut « jouer ». Aussi imprécis que l’analyse du Rorschach qui dépend beaucoup de la qualité d’interprétation,...Il convient donc de prévenir au départ. Résultat non garanti qui dépend aussi beaucoup de la volonté de la personne en thérapie. aide-toi, le ciel t’aidera,...

                              • Gollum Gollum 19 janvier 14:48

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Oui j’ai vu que vous aimiez jouer. Pour ce qui est de l’imprécision inutile d’en rajouter en racontant des âneries. Comme par exemple dire que le Taureau est le signe de la qualité. (gros soupir). Ce qui est une grosse ânerie. 


                                Mais vous n’arrêtez pas d’en proférer je ne vais donc pas toutes les relever.. Vous avez le tempérament littéraire de surcroît ce n’est pas bon pour une telle discipline.

                              • @Gollum


                                Première leçon d’astrologie. Chaque planète ou signe à une face sombre ou lumineuse (en psychanalyse cela s’appelle la sublimation des instincts, Jung parlerait de spiritualité ou d’individuation. Prenons le taureau, un signe qui a longtemps eu ma sympathie,..Il y a le taureau bourrin de chez bourrin et le céramiste qui sculpte sensuellement sa céramique https://www.google.be/search?q=Lampecco&source=lnms&tbm=isch&sa=X&ved=0ahUKEwizwcHOmeTYAhWOCOwKHbUoCccQ_AUICigB&biw=1280&bih=675#imgrc=rp_mYUD-y2nCaM :

                              • @Gollum

                                Jacqueline Harpman que j’ai bien connue était psychanalyste et romancière. C’est peu conseillé. J’imagine le patient : madame, j’ai lu dans votre livre que,....Problème de neutralité. Je suppose qu’à un moment, elle a arrêté. De nombreux psychanalystes écrivent sous pseudo ou attendent leur décès pour pour être publié. Exemple : PONTALIS.

                              • Gollum Gollum 19 janvier 15:29

                                @Mélusine ou la Robe de Saphir.

                                Première leçon d’astrologie.

                                Et donc toute votre prose ici consiste à vous contredire. Le qualitatif n’est pas affilé à un signe particulier. Merci pour la leçon mais j’étais déjà au courant. smiley

                              • @Gollum


                                attention mon ami : lune noire en scorpion. Mots-clés : frère, indien, vie, enfant, chef, tribu, croix, lumière, Soleil, sculpture, colline, rocher, oratoire, temple, croix, lever, intelligence, prière. 

                                Une indienne implore le chef de sa tribu d’épargner la vie de ses petits.

                                Une croix éclairée par le Soleil levant, sculptée dans une relief rocheux, près d’un oratoire.

                                Un temple.

                                Un relief rocheux sur lequel est taillé une croix, face au Soleil levant.

                                Initiation à la valeur de la prière. Compenser ou atténuer les exigences du karma. Il faut intercéder en faveur d’individus pris au piège. Sécurité. Caractère lumineux. Dispositions d’ordre spirituel. Compassion. Intelligence subtile. Imaginatif et profond. Le plus connu de ses frères.

Ajouter une réaction

Pour réagir, identifiez-vous avec votre login / mot de passe, en haut à droite de cette page

Si vous n'avez pas de login / mot de passe, vous devez vous inscrire ici.


FAIRE UN DON

Auteur de l'article

Delphus

Delphus
Voir ses articles






Les thématiques de l'article


Palmarès