@hdelafonte
UN BREF ETAT DES LIEUX en Israël
Avec la myriade de villages militairement isolés les uns des
autres, la Cisjordanie, où vit la majorité du peuple palestinien,
ressemble indéniablement aux “réserves indiennes“ des
Etats-Unis.
L’ensemble de ce territoire est sous le contrôle de l’armée
israélienne qui fait régulièrement des incursions dans la maigre
zone A (4% du territoire !) qui est, en principe, sous le
contrôle de l’Autorité palestinienne.
La zone B, dite mixte, est en réalité totalement contrôlée par
Israël.
Sachant que l’Autorité palestinienne n’a aucun pouvoir sur la
zone C, il suffit de regarder la carte pour se rendre compte que
Abbas et le Fatah ne contrôlent plus rien, excepté ce qu’Israël
décide de lui déléguer, momentanément !
Seul Gaza peut encore être considéré comme territoire sous
autorité palestinienne.
Objectivement parlant, Gaza est devenu le “plus grand camp de
concentration à ciel ouvert du monde“[3] avec ses 1,6 million
de personnes enfermées dans un espace de 360 km2… 7 fois moins que
le Luxembourg !
Selon l’ONU, cette population passera à 2,1 millions en 2020 ce
qui portera la densité à 5.800 habitants au km2.
En août 2012, des responsables de l’ONU ont averti [4] :
si des mesures ne sont pas prises contre le blocus qui continue à
leur être imposé, les conditions de vie des habitants de la bande
de Gaza vont s’aggraver d’ici 2020.
En Cisjordanie, Israël poursuit chaque jour le vol de l’eau,
les destructions de maisons et les expulsions pour l’installation
de colonies. A Jérusalem-Est, le régime développe la
« judaïsation » en chassant les habitants, sous l’œil
complice des États-Unis et des pays de l’Union européenne.
Une des techniques utilisées pour s’accaparer les terres est de
décréter que tel champ ou telle oliveraie devient zone militaire.
Une fois les occupants expulsés, l’armée décide que ce
n’est plus une zone militaire… Et la cède aux colons !
Il
faut y ajouter ce honteux mur (760 km prévus) qui empiète un
peu plus sur les terres palestiniennes. Quand il sera achevé, 9,5 %
de la Cisjordanie sera côté israélien ! [5] et privera les
habitants de leurs récoltes, d’accès à leurs puits, à leur
famille.
Dans certains cas – Al Walaja[6] avec ses 2000 habitants est
l’exemple le plus connu – le village est carrément enfermé par
cette muraille.
En 2004, Israël a été condamné par la Cour de Justice
Internationale de La Haye.
Elle a exigé la destruction du mur ainsi que le démantèlement
des colonies installées au delà de la Ligne Verte de 1967… Israël
a répondu par le mépris en continuant à ériger la barrière et en
accélérant la colonisation en Cisjordanie !
Il est vrai que, comme le proclamait Sharon : « Israël
a le droit de mettre les autres en procès, mais certainement
personne n’a le droit de juger le peuple juif et l’État d’Israël
» [7]
Qui peut d’ailleurs encore croire un seul instant que cette
muraille a comme objectif d’empêcher les attentats terroristes
quand on sait qu’elle est loin d’être hermétique : chaque
jour, environ 15.000 ouvriers palestiniens la franchissent
clandestinement pour se faire exploiter comme travailleurs
« illégaux“… et sous-payés, évidemment.
Le nettoyage ethnique n’a pas cessé depuis 1947… Seulement
la méthode ! :
En effet, Netanyahou menace les Palestiniens d’expulsions
massives, il le fera d’autant plus facilement que Israël est
un état raciste où l’apartheid règne depuis sa création.
Ainsi, Jonathan Cook écrivain et
journaliste basé à Nazareth, Israël membre du comité de
parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine nous apprend que :
« Israël a refusé de reconnaître une nationalité
israélienne à l’instauration du pays en 1948, faisant ainsi une
distinction inaccoutumée entre « citoyenneté » et
« nationalité ». Même si tous les Israéliens sont
qualifiés « citoyens d’Israël », l’État, lui,
est défini comme appartenant à la « nation juive »,
c’est-à-dire non seulement aux 5,6 millions de juifs israéliens
mais encore aux plus de 7 millions de juifs de la diaspora.
Le statut spécial de nationalité juive est un moyen pour
saper les droits de citoyenneté des non juifs en Israël,
spécialement pour le cinquième de la population qui est arabe.
Quelques 30 lois en Israël privilégient spécifiquement les juifs,
notamment dans les domaines des droits relatifs à l’immigration, à
la naturalisation, à l’accès à la terre et à l’emploi.
Grâce à l’apartheid, il est donc facile pour le
gouvernement Israélien de chasser de leur pays tous les non juifs
pour laisser la place aux juifs venus de pays étranger. Le but est
de faire d’Israël un État juif peuplé que de juifs, véritable
sanctuaire d’une religion qui dérape vers des pratiques sectaires.
Israël a pour obsession l’agrandissement de son territoire pour
accueillir le maximum de juifs.
Ce pays fait régner le terreur autour de lui. Il n’hésite pas
à kidnapper des enfants palestiniens pour faire que la peur s’empare
des palestiniens.
En effet,les forces israéliennes ont arrêté en une année
environ 700 enfants palestiniens, et les traduire en cour martiale
sous l’inculpation pour jet des pierres sur des véhicules ou des
soldats israéliens. 97 pour cent d’entre eux ont été soumis à
la torture, et 14 pour cent d’entre eux étant soumis à des
agressions sexuelles, ou la menace d’agression sexuelle. Ceci
est révélé par la journaliste israélienne Amira Hass, dans un
journal « Ha’aretz ».
De plus, 1337 enfants assassinés par l’armée israélienne
et les colons depuis le soulèvement d’Al Aqsa
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[3] Selon le dictionnaire : lieu fermé de grande taille créé
pour regrouper et détenir une population considérée comme ennemie
[4] « Le Parisien » du 27/8/2012
[5] Laurent Zecchini dans son article « Prières contre le
mur de Crémisan » (Le Monde du 19-20 août)
[6] Voir le reportage « La bataille d’Al Walaja »
(www.france24.com/fr/20100723)