Peu importait pour lui la véracité historique :
Mitterrand n’a fait que surfer sur la vague celtique inaugurée en Grande-Bretagne
et reprise par les idéologues français au XIXème siècle pour ancrer le mythe
patriotique de ces deux nations et convaincre la chair à canon que le culte des
ancêtres valait la peine de donner sa vie.
Les Gaulois, les Britons, Pictes et Gallois ont servi à
exalter les peuples.
Napoléon III a fait ériger sur le site présumé d’Alésia
une immense statue d’un Vercingétorix moustachu et ila inauguré deux ans plus
tard le musée des Antiquités. Parallèlement, tableaux, sculptures, poèmes,
opéras, s’inspiraient déjà du héros gaulois, avec quelques libertés
artistiques.
En 1870, le siège de Metz et la capitulation de Sedan
face aux Prussiens ont été vécus par certains auteurs comme la réédition de la
défaite d’Alésia. Peu leur importait le lieu et les circonstances réelles :
Vercingétorix incarnait dorénavant l’unité nationale, celui qui s’était
sacrifié pour sa « patrie » (alors que les peuples « gaulois »
n’ont jamais constitué une « nation » et n’ont jamais administré un « état »),
tandis que Jules César était réincarné en Bismarck.
Mitterrand avait besoin de remettre au goût du jour le
mythe patriotique initié sous le second empire et achevé par les « hussards
noirs » de la troisième république pour faire oublier ses errances pétainistes
et rivaliser avec le fantôme alors encore encombrant de De Gaulle.
Archéologie et histoire ne font pas toujours bon
ménage, mais quand les mensonges d’état se fixent dans des plaques, des statues
et des pavés littéraires présentés comme recherches historiques, il devient
difficile de mettre au jour une réalité bien moins séduisante que le récit
servi depuis plusieurs générations.
Bon courage !