Une dizaine de soutiens du Média se
désolidarisent de la webtélé proche des « insoumis ».
Ils emboîtent le pas à Noël Mamère,
qui a abandonné son émission sur le « pure player »
alternatif en réaction à l’éviction brutale d’une journaliste
et aux propos d’un « correspondant » sur la guerre de
Syrie.
A l’automne 2017, ils avaient appelé
de leurs vœux la naissance d’un « nouveau média citoyen »,
« humaniste et antiraciste, féministe, écologiste et
progressiste ». Ils regrettent aujourd’hui d’avoir apposé
leur signature en bas du « manifeste » publié dans Le
Monde en septembre.
Onze personnes, parmi la centaine de
personnalités du monde politique, de la société civile et du
spectacle qui avaient soutenu la création d’un « pure
player » « fondamentalement alternatif par sa
gouvernance, son modèle économique et son fonctionnement »,
ont fait savoir, dans un texte confié au Monde, qu’elles se
désolidarisaient du Média, la webtélé proche des « insoumis »
lancée le 15 janvier et dirigée par le psychanalyste Gérard
Miller et la communicante chargée des campagnes de Jean-Luc
Mélenchon, Sophia Chikirou.
Ces onze personnalités soucieuses de
prendre ainsi leurs distances sont l’ancienne ministre de la
culture Aurélie Filippetti, proche de Benoît Hamon, l’avocat
Antoine Comte, l’écrivain Gérard Mordillat, le médecin
urgentiste Patrick Pelloux, les comédien et comédienne François
Morel et Judith Chemla, les journalistes Cécile Amar, de L’Obs,
et Edouard Perrin, de « Cash investigation », les
musiciens Giovanni Mirabassi et Médéric Collignon.
L’ancien candidat des Verts à
l’élection présidentielle Noël Mamère – l’une des vedettes
de l’antenne, chargé de réaliser chaque mardi l’interview d’un
défenseur de l’écologie –, a également signé le texte et
fait savoir qu’il « ne [remettrait] plus les pieds dans
cette chaîne de télévision ».
Vendredi après-midi, deux nouvelles
personnalités ont, à leur tour, souhaité retirer leur soutien à
la web-télé alternative : la comédienne Josyane Balasko et la
chanteuse Agnès Bihl.
En cause, la brutale mise à l’écart,
lundi 19 février, de la journaliste Aude Rossigneux, l’un
des piliers de l’équipe rédactionnelle, qui avait été chargée
de recruter les équipes. Mais aussi les propos tenus à l’antenne,
vendredi 23 février, par Claude El Khal, « correspondant »
au Liban de la chaîne sur la guerre de Syrie, justifiant le choix
de ne pas diffuser d’images des massacres perpétrés dans la
Ghouta orientale, en banlieue de Damas, au motif qu’elles ne
seraient pas « vérifiées de manière indépendante »
et par refus du « sensationnalisme ».
« Nous avons signé le
“Manifeste pour un nouveau média citoyen” en septembre
dernier », expliquent ces anciens soutiens du texte, rédigé
par les cofondateurs de la chaîne, Gérard Miller, Sophia Chikirou,
aujourd’hui directrice générale du Média, et le réalisateur
Henri Poulain.
« Mais aujourd’hui, Le Média
ne répond plus, à nos yeux, à la promesse initiale, ni sur le
fond ni sur la forme, se désolent les signataires. Nous ne pouvons
plus le soutenir. »