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Commentaire de knail

sur La vie d'artiste


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knail knail 4 avril 2018 13:39

@Croa 
Bonjour Croa,
Le mécénat public et d’entreprises privées est très important, et même indispensable, en matière artistique. Aujourd’hui encore. En Belgique pour ne donner qu’un exemple que je connais par mon propre métier, des fonds sont automatiquement créés lors de la construction ou rénovation par exemple de logements sociaux, fonds alloués à des œuvres d’art. Des budgets d’achats d’œuvres d’art contemporain sont évidemment prévus non seulement pour les musées, mais également pour les bâtiments et lieux publics. A côté de ce mécénat direct, il y a évidemment aussi toutes les structures artistiques subsidiées, qui sont partout, quasiment jusque dans les moindres villages (Opéras, ballets, festivals, académies, concerts, spectacles, œuvres d’arts pour les bâtiments ou lieux publics, paysagiste, urbaniste, architectes, architectes de jardin, d’intérieur, designers etc.) . Quand aux droits d’auteur, j’ai déjà répondu ailleurs, c’est une chimère, à moins d’être archi célèbre. La simple célébrité ne suffit déjà plus. Si dans mon entourage on parle d’éventuels droits d’auteur (en réalité on en parle à peu près jamais), c’est pour en rire ; c’est comme de parler des intérêts de votre compte d’épargne, ça rapporte, c’est sûr, et ça vous permet même d’en vivre .... si vous possédez des millions.
Heureusement que la création artistique ne se limite pas aux quelques créateurs qui collectionnent les millions, nos sociétés seraient bien ternes et l’art réservé alors uniquement aux couches les plus privilégiées des hyper riches.
L’art et la création artistique sont au contraire heureusement partout autour de nous et le résultat le plus souvent du travail de gens simples et modestes dont le labeur n’est pas toujours facile à défendre, loin s’en faut. Notamment parce que il est difficile d’admettre qu’avant de mettre en forme de la matière et de vendre son kilo de ferraille, il faut que quelqu’un ait réfléchi à la façon dont on allait le mettre en forme, et que cette métamorphose là est au départ un processus immatériel difficile à évaluer autant qu’il est indispensable. Le créatif est toujours en situation périlleuse de voir son travail accaparé par celui qui possède le moyen de produire ou simplement d’acheter sa pensée. L’architecte est parfois pour son client de peu de poids dés que l’entrepreneur débarque avec ses équipes et bulldozers, même si sans architecte il n’y a tout simplement ni projet, ni budget, ni chantier possible. La condition même de possibilité de l’existence d’une oeuvre, quelle qu’elle soit, ... c’est le processus créatif. Vous pouvez remplacer ’architecte’ par tous les métiers créatifs que vous voulez (à la nuance, de taille, que les architectes sont une profession organisée), la problématique reste identique : la difficulté de percevoir et d’accorder une valeur à un processus indispensable, qui requiert des gens pour qu’il existe, mais dont on suspecte régulièrement qu’il ne serait pas vraiment un véritable travail. Le créatif a donc une tendance à être injustement sanctionné socialement de par son statut paradoxal de travailleur, pour partie, de l’immatériel. Il suffit de lire les commentaires à cet article pour s’en rendre compte. Jamais vous ne liriez de tels commentaires à propos d’un terrassier ... et c’est tant mieux pour les terrassiers !


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