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Accueil du site > Actualités > Société > La vie d’artiste

La vie d’artiste

Imaginez que pour préparer ce délicieux repas pascal que vous venez de déguster en bonne compagnie, vous vous soyez rendu chez le boucher, il y a à peine quelques jours, et que vous ayez tenu ce genre de propos :

Écoutez, nous adorons vraiment votre magnifique épaule d’agneau, c’est vraiment un morceau de choix et justement, pour Pâques, nous avons décidé de servir un beau festin à nos meilleurs amis, notre famille la plus proche, quelque chose de vraiment très sympa, très chaleureux et auquel nous tenons beaucoup. C’est là vraiment un évènement qui fait honneur à votre travail de boucher et à votre merveilleuse épaule, par contre, il va vous falloir faire un effort, parce que nous avons prévu un budget de 15 € pour cette épaule quand vous osez nous en demander 45 €. Franchement, vous ne voudriez pas gâcher notre fête par votre entêtement que nous ne comprenons vraiment pas. D’ailleurs, ni le pâtissier qui a travaillé sur les desserts ni le caviste n’ont demandé plus que ce que nous avions prévu de leur allouer. Donc, il va falloir être un peu raisonnable quand même et vous aligner sur nos moyens.

Avouez qu’il vous faudrait un sacré effort d’imagination pour rendre seulement plausible une tirade pareille.

Pourtant, il ne s’agit pas d’une mauvaise blague, mais bien de la transposition la plus réaliste possible de ma vie quotidienne d’artiste ou, tout au moins, de personne vivant d’une série d’activités qui sont généralement considérées par autrui plus comme d’aimables hobbys, voire de passions autosatisfaisantes, que comme de véritables activités professionnelles.

Culture de la gratuité vs gratuité de la culture

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Une œuvre du photographe néerlandais Teun Hocks
http://teunhocks.nl/

J’avais déjà tenté de sensibiliser sous une forme humoristique au côté profondément condescendant de cette culture de déconsidération économique des activités dites artistiques. Tenté de faire toucher du doigt que les métiers artistiques, numériques, intellectuels, etc. étaient justement des activités professionnelles qui demandent des formes d’investissement non moins intenses que celles nécessitées par des métiers considérés comme plus techniques, plus stratégiques, plus importants, plus pointus… et auxquels sont attachées des notions de prix du travail, de cout, de rémunérations bien plus conséquentes et surtout, qui n’ont pas à être justifiées sans cesse.

Je trouve particulièrement agaçant de toujours devoir légitimer le principe même de rémunération dans mon secteur d’activité. Je me souviens d’une époque où un devis pour un site internet était généralement accueilli par un petit sursaut d’indignation et une saillie assez peu délicate de cette teneur :

— Non, mais, franchement, mon petit neveu sait faire ça en un mercredi après-midi après le gouter, alors je ne vois pas pourquoi je devrais payer autant pour ça  !

Ce à quoi, je rétorquais généralement quelque chose dans le genre :

— Vous avez tout à fait raison. Vous devriez d’ailleurs vous dépêcher de l’appeler sur son babyphone, entre le rot et la sieste  !

C’est ainsi qu’est née toute une collection de sites web from Hell, garantis 100 % faits maison en mode cyberconsanguin. Heureusement, depuis quelque temps, j’ai l’impression que l’idée qu’internet est un archipel de métiers qui bien qu’ayant été inventés par des pionniers, nécessitent finalement des compétences plus au moins difficiles à acquérir et font donc l’objet d’un véritable professionnalisme, est finalement entrée dans les mœurs et je ne me retrouve plus à devoir justifier sans cesse de ma rémunération.

Cependant, force m’est de constater que les métiers comme la photographie, le dessin et l’écriture continuent de souffrir du même manque de considération non pas tant pour leurs qualités intrinsèques d’œuvres, leur impact socioéconomique, mais surtout pour le principe même de survie des créateurs.

Le tarif bohème

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Autoportrait au grenier de Tommaso Minardi (1807)

Je suis d’autant plus agacée par la déconsidération économique dont souffrent les activités artistiques que, généralement, ceux qui s’étonnent toujours de ce que nous, les artistes, ne fassions pas plus d’efforts en rognant sur nos émoluments pourtant déjà bien comprimés par la rationalité économique ambiante, sont généralement des gens qui sont plutôt à l’abri de tout ce que le travail peut avoir de précaire, insécurisant, violent et paupérisant. Et je ne comprends pas, personnellement, comment un salarié assuré de sa rente mensuelle peut se permettre de me demander de sacrifier la moitié ou les deux tiers de mon revenu, sous prétexte que le projet à venir serait particulièrement intéressant ou de nature à me mettre en valeur. Lui-même, consentirait-il à abandonner une part significative de son salaire pour soutenir une idée, un ami ou même un service communautaire  ?

Bien sûr que non. Parce que le salarié, lui, il a des charges. Entendez la famille, les emprunts sur la maison, la voiture, la cagnotte pour les vacances, les études des gosses, la maison de retraite des parents, les factures, le nouveau canapé… et il a parfaitement raison. C’est juste qu’il a l’air de complètement lui échapper que l’artiste, en face de lui, a exactement les mêmes contraintes, les mêmes charges, les mêmes factures, qu’il ne bénéficie pas d’un hypothétique tarif bohème pour satisfaire EDF, le proprio, la cantine des gosses, la facture de l’épicier, mais qu’en plus, s’ajoutent à ces chaines communes de la société de la rareté, celles de la précarité, de la nécessité d’investir et d’entretenir ses outils de travail, de financer la protection sociale dont il bénéficie pourtant bien moins que le salarié, toutes les obligations légales et administratives de son métier… parce que oui, barbouiller des toiles, fixer la lumière via un capteur ou raconter des histoires sont aussi des métiers à part entière  !

L’insoutenable précarité du créateur

Je pense que la représentation sociale mythique de l’artiste mendigot et bohème née au XIXe siècle — joyeuse période de l’explosion des inégalités sociales et de l’exploitation capitaliste des forces de travail  ! — continue à pondre dans la tête de nos contemporains. Et que la soi-disant culture de la gratuité propulsée par la dématérialisation des supports n’a rien fait pour améliorer la condition artistique contemporaine, elle a juste, comme tous les modèles économiques actuels, enrichi monstrueusement les intermédiaires tout en précarisant à l’extrême les créateurs eux-mêmes. La chaine de l’édition, par exemple, réserve la portion congrue à celui qui aura pourtant le plus donné de lui-même et de son temps à l’œuvre : l’auteur  !

Ce n’est pas pour rien que ces dernières années, j’ai rejoint les rangs d’un syndicat artistes, le CAAP, tant il est nécessaire pour les artistes d’unir leurs forces pour ne plus être une des professions libérales les moins lucratives de France (juste avant les coiffeurs…). Et encore, il s’agit là d’une moyenne. La réalité artistique — en dehors des quelques champions de l’optimisation fiscale de la FIAC —, ce sont des revenus réels qui ouvrent droit au RSA. Est-ce à la solidarité nationale de financer la création  ?

Ou alors, faisons-nous le choix d’une activité artistique de dilettantes qui serait l’apanage du temps libre des classes bourgeoises  ?

Quoi qu’il en soit, et pendant que nous tâtonnons à trouver d’autres moyens de financer la création artistique, cessons de traiter les artistes comme des créatures fantasmatiques et éthérées et admettons que comme tous les professionnels, ils méritent aussi de recevoir les justes fruits de leur travail et d’en vivre décemment.


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153 réactions à cet article    


  • Fergus Fergus 3 avril 09:44

    Bonjour, Monolecte

    Je comprends parfaitement votre propos. Et c’est un débat que nous avons déjà eu avec des amis regroupés dans un collectif d« artistes » (peintres et sculpteurs) dont j’ai fait partie durant quelques années sans jamais me prendre pour tel.

    Pourquoi un débat ? Parce que le mot « artiste » est accolé à des réalités bien différentes. Nombre de ceux qui s’en revendiquent sont en effet des créatifs autoproclamés « artistes » dont le talent est bien discret et la capacité à séduire un public à peu près nulle.

    Défendre les artistes - et notamment les intermittents - est une cause juste. Le problème est qu’elle est polluée par tant de personnes qui se croient un destin que cela pénalise les vrais talents, ceux qui devraient pouvoir être soutenus et qui galèrent de fait dans une société qui ne reconnait plus la qualité des hommes et des œuvres, ce qui est d’ailleurs du pain béni pour les usurpateurs (genre Koons et Kapour) et ceux qui spéculent sur leurs productions.


    • Monolecte Monolecte 3 avril 10:47

      @Fergus
      Soyons précis : je ne parle pas ici de talents, de qualités intrinsèques de l’œuvre, du débat même de ce qu’est une œuvre. Je parle de ceux qui ont un statut d’artistes (à tort ou à raison, ce n’est pas mon propos) ou qui y sont assimilés dans le regard de l’acheteur et/ou du quémandeur.

      Il y a un long débat à avoir sur la valeur de l’œuvre ou de l’art ou même de l’objet, mais ce n’est pas le propos non plus.

      Il s’agit de la rémunération du travail. Quand quelqu’un veut acquérir le fruit du travail d’autrui, c’est déjà qu’il lui donne une valeur subjective suffisante pour vouloir l’utiliser ou se l’approprier. Cela me suffit. Ce que je dénonce, c’est cette volonté de s’approprier le fruit du travail d’autrui sans contrepartie, sous prétexte que produire de l’art, c’est plus cool que de bosse à l’usine et que la reconnaissance et la notoriété, ça serait désirable, se mangerait en salade ou paierait le facture d’EDF.

      Donc, je suis bassement terre à terre.

      Tout travail mérite salaire, y compris celui de l’artiste.


    • oncle archibald 3 avril 12:04

      @Monolecte : il y a quand même un os dans votre raisonnement. Si un boulanger s’installe et fait du pain que personne n’aime, il tient deux mois, fait faillite et va essayer de changer de métier pour pouvoir vivre. Pourquoi n’en serait-il pas de même avec un artiste ?

      Deuxième question : qui est capable d’apprécier la valeur d’une œuvre artistique ? Van Gogh, et bien d’autres « géants » n’arrivaient pas à vivre de leurs peintures .... Modigliani payait son loyer en donnant une toile, ce dont son propriétaire a fini par se lasser, Gauguin est mort dans la misère, etc ...


    • Alren Alren 3 avril 12:53

      @oncle archibald

      C’est bien ça le nœud du problème : combien l’acheteur-client est-il prêt à débourser pour s’offrir une œuvre, unique certes, mais noyée dans une concurrence très grande et alors que l’offre dépasse la demande, œuvre dont au final il peut se passer et que beaucoup n’acquièrent que pour afficher un certain statut social ?

      Aucune régulation n’est envisageable, c’est un rapport de force qui s’établit avec des intérêts antagonistes. Et l’artiste ordinaire qui n’a d’autres ressources que la vente de ses œuvres est en position de faiblesse.

      Seul ceux qui ont franchi le plafond de verre qui fait que posséder une de leurs œuvres est prestigieux (et a de plus un intérêt de placement) sont en force ... et riches !


    • Monolecte Monolecte 3 avril 12:57

      @oncle archibald
      Je ne vois pas où est l’os. Ce que je dénonce, c’est quand des gens veulent une œuvre ou son usage et ne veulent pas payer pour cela, parce qu’il y a justement l’idée reçue qu’un artiste vit misérablement et se paie en poignées de main et tapes dans le dos.

      Si les gens n’aiment pas ce que je fais, c’est ok pour moi. Ici, le propos, c’est quand les gens veulent le pain et ne veulent pas en payer le prix. S’ils trouvent que le pain est trop cher, ils vont ailleurs, mais ils ne vont pas faire de chantage aux bons sentiments pour en avoir quand même, surtout s’ils ne le trouvent pas si bon que cela.

      Personne n’arrive en fixant son prix chez le plombier ou le boulanger.

      Dans la même optique des producteurs dévalorisés, il y a les paysans (et non pas forcément des exploitants, dont certains produisent quand même de la merde en toute conscience) isolés soumis à un marché extrêmement concentré et organisé.

      D’ailleurs, les paysans aussi s’organisent et préfèrent commercialiser eux-même leur production auprès de particuliers qui l’apprécient que de la brader sous le prix de revient à des coopératives totalement financiarisées…

      Dans mon cas, ce qui me fâche, c’est quand quelqu’un veut le fruit de mon travail, refuse d’en payer le prix demandé (ok pour moi, tu as le droit de ne pas penser que mon prix est juste), mais utilise ensuite des tas de manœuvres pour quand même avoir mon travail, sans me filer une juste rétribution. Comme quoi, mon travail ne serait pas si pourri que ça, puisque le gars ne va pas chercher ailleurs. Mais s’il a décidé de son modèle économique était de se faire du pognon sur mon dos, il peut aller se faire bouillir le cul.
      Voilà.


    • Monolecte Monolecte 3 avril 13:08

      @Alren
      Les artistes, c’est un peu plus vaste comme univers que les vendeurs de croutes en galerie.

      Il y a, par exemple, les auteurs de livres, illustrations ou BD. La plupart du temps, les clients directs sont les maisons d’édition. Et là, ça ne joue plus du tout le jeu : clauses léonines, à valoir complètement anémiques quand il en reste encore et % devenus totalement ridicules.

      Il faut bien comprendre que le modèle économique de l’édition repose principalement sur la spoliation des créateurs. Généralement, c’est l’auteur, celui qui a créé tout de même l’œuvre, la matière première, qui y a a passé le plus de temps, qui se retrouve tout en bas de la file d’attente du ruissèlement du fric des ventes. Rien que le libraire, il se prend 30 % du prix du livre. OK, il a ses charges et tout ça. Mais tout le monde prend sa part, tout le monde se fait son petit salaire, ses petites vacances, son petit profit et l’auteur, s’il vend bien, il n’aura même pas de quoi remplacer son ordinateur.

      Et je ne parle pas des expositions qui font payer les exposants, des salons qui réclament 12 h de présence/jour sans un flèche de dédommagement, des administrations publiques (y compris des ministères) qui se font des fonds photographiques ou des logos à partir de concours payés en remerciements.

      Ça se vend bien, l’art, dans ce pays, sous toutes ses formes. Mais comme pour le reste, ça ne ruissèle pas jusqu’au travailleur qui le produit, c’est entièrement récupéré par les intermédiaires.


    • knail knail 3 avril 13:43

      @Alren
      Je ne vois pas l’os dont vous parlez. De la même façon que vous pouvez choisir votre boulangerie ou votre garagiste, vous pouvez choisir votre atelier, l’artiste qui travaillera pour vous. Vous ne marchandez pas votre pain ou le prix de votre bagnole chez le garagiste une fois le prix fixé. Or effectivement les travaux de type créatifs (je suis architecte) sont régulièrement sujet à du chantage, souvent de type affectif alors que la mission est achevée. Sans compter que je sers souvent de banque à mes clients qui ont les raisons les plus invraisemblables - la liste est sans limites et s’allonge chaque année - pour me payer avec retard, des mois et parfois même des années plus tard (parce que, comme ils me disent régulièrement, après une longue collaboration je suis bien le premier à connaître leurs difficultés...) ... sans intérêt évidemment... Comme se fâcher ne mène à rien et que le recours à la justice coûte souvent plus que les sommes à récupérer, on prend son mal en patience, avec un sourire... crispé... en empruntant et en payant les intérêts des sommes dont nous avons besoin pour vivre. Certains clients que je croise en ville finissent parfois par changer de trottoir en baissant la tête, croyant que je ne les remarque pas... D’autres se confondent en excuses en m’assurant qu’ils ne m’oublient pas.... Et il y a pire... ceux qui finissent par justifier qu’ils ne vous paieront pas parce que les mois et les années passant, un argument sérieux leur apparaît pour vous trouver des poux sur la tête... 
      L’indépendant créatif est souvent démuni pour se défendre. Pourtant tous mes clients signent un contrat clair. Nous devrions nous organiser, faire facturer et poursuivre par une coopérative indépendante et spécialisée qui nous déchargeraient de ce rôle de police.
      Ce que j’en déduits, c’est que si certains puissants nous plument, ce n’est pas parce qu’ils sont puissants, mais parce qu’ils sont des hommes et tirent profit de toute faiblesse Je n’ai pas constaté de corrélation entre le degré de fortune, les convictions politiques, le caractère de sympathie, l’âge etc... et le respect de certains principes de droiture et d’honnêteté, qui demeurent des caractéristiques personnelles. Ce serait facile sinon...


    • oncle archibald 3 avril 13:53

      @Monolecte : c’est l’épouvantable règle de l’offre et de la demande. Lui, l’acquéreur potentiel, vous propose un prix qui n’est pas le votre. Vous pouvez soit vendre au prix qu’il propose parce que demain il vous faut payer le loyer ou bien l’envoyer à la pêche avec quelques mors bien choisis pour éviter qu’il ne revienne demain. C’est pareil pour tout !


    • oncle archibald 3 avril 14:33

      @knail : je fus architecte aussi avant d’être retraité et d’accord avec contribution à 100%.

      La meilleure que j’ai à raconter sur les honoraires c’est le client qui m’a expliqué qu’il était « obligé » de reporter à plus tard leur paiement parce que la bourse était trop basse actuellement et qu’il ne pouvait pas vendre pour alimenter son compte courant ! Si-si-si !

      Consolation : il a fait la même chose à plusieurs entreprises et il y en a une qui l’a très mal pris et l’a collé au Tribunal ! Sinon certains clients savent très bien combien ils peuvent nous escroquer en laissant un reliquat impayé, environ mille euros, somme pour laquelle on hésite à engager des frais de justice du même montant .....


    • Fergus Fergus 3 avril 17:06

      Bonjour, Knail

      « Vous ne marchandez pas votre pain ou le prix de votre bagnole chez le garagiste une fois le prix fixé. Or effectivement les travaux de type créatifs (je suis architecte) sont régulièrement sujet à du chantage, souvent de type affectif alors que la mission est achevée. »

      Marchander le prix du pain n’a aucun sens, évidemment, eu égard aux quantités et aux sommes en jeu. Marchander le coût des travaux se fait en revanche avec le garagiste (ou tout autre artisan) et l’on paie le travail fait sur la base du devis établi avant travaux.

      Mais il en va le plus souvent de même pour les commandes d’artistes. Personnellement, j’ai connu (et connais encore) des artistes qui ont travaillé sur commande après négociation sur le prix ; or, les accords ont toujours été respectés dans les cas dont j’ai eu connaissance. Moi-même j’ai acheté trois toiles de commande (à des peintres différents) que j’ai payées à chaque fois au prix convenu préalablement.


    • Croa Croa 3 avril 17:12

      @Monolecte « Tout travail mérite salaire »
      EXACT ! Sauf que les artistes ont une spécificité : Ils ne veulent pas de salaire mais toucher des droits. Cela fait de certains des milliardaires alors que les plus nombreux restent misérables. C’est leur choix après tout de préférer la loterie à un salaire.


    • Fergus Fergus 3 avril 17:17

      Bonjour, oncle archibald

      « c’est l’épouvantable règle de l’offre et de la demande. Lui, l’acquéreur potentiel, vous propose un prix qui n’est pas le votre. Vous pouvez soit vendre au prix qu’il propose parce que demain il vous faut payer le loyer ou bien l’envoyer à la pêche avec quelques mors bien choisis pour éviter qu’il ne revienne demain. C’est pareil pour tout ! »

      Vous avez parfaitement raison. Et c’est pourquoi mes amis peintres qui exposent pour vendre majorent toujours les prix qu’ils espèrent tirer de leurs toiles pour disposer d’une marge de négociation à la vente. L’un d’eux - hélas décédé - a exposé durant des années des œuvres à la galerie du Pont-Neuf à Paris, et ses toiles étaient systématiquement surévaluées de 30 à 50 % du prix de vente espéré pour tenir compte de la fameuse négociation. Ses toiles vendues, la propriétaire de la galerie prélevait selon le lot 40 à 50 % du prix de vente. Mais grosso modo mon ami touchait ce qu’il escomptait du fait de cette majoration préalable.

      J’ajoute à cela qu’il est impossible de faire autrement : les vendeurs (artistes et galeristes) savent que les clients vont marchander, et les clients savent que les vendeurs ont appuyé sur le crayon en vue de ce marchandage à venir ! 


    • aimable 3 avril 17:59

      @oncle archibald
      dans tous les métiers « productifs » vous avez également des artistes .


    • oncle archibald 3 avril 19:09

      @Fergus : la négociation systématique du prix est une pratique dont j’ai horreur et qui n’avait pas cours ordinairement en France a été importée par les pieds noirs à leur retour d’Algérie : « tu m’fais le dix du cent » était leur crédo.

      Impossible de leur vendre quoi que ce soit s’il n’y avait pas la négociation et un rabais au moins égal à 10%. Certains ont très vite compris et ont majoré leurs prix de 20% pour avoir la « marge de négociation » .... et tant pis pour le malheureux gaulois « de souche métropolitaine » qui se contentait de dire « c’est cher » et payait le prix affiché.


    • knail knail 3 avril 21:58

      @Fergus Bien sûr que l’on se met d’accord sur un prix en fonction de la mission demandée. Ce n’est pas de cela dont je parle, mais bien d’un chantage sur le prix qui a été convenu contractuellement, chantage qui apparaît souvent dés que le chantier s’achève évidemment. C’est un classique. Nous étions prévenus déjà lors de notre formation de ce trait de caractère assez commun chez certains clients.
      J’ai même des collègues et amis proches qui, tout jeunes, en ont vécu la caricature chez un important avocat de Bruxelles, qui en fin de chantier leur a dit qu’ il ne paierait évidemment pas la dernière facture, parce que c’était la coutume et qu’il y avait vraiment peu de risques que mes collègues se défendent pour la somme en jeu... S’ils s’y risquaient, menaçait il, il avait toutes les ficelles pour se défendre à leurs dépends... C’est un cas extrême et particulièrement grossier, mais les anecdotes de ce type, plus communes, dans lesquelles des clients avec lesquels vous avez tissé des liens pendant de nombreux mois, vous emberlificotent, sont légions... 


    • knail knail 3 avril 22:41

      @Croa
      Heu... Pardonnez moi, vous en connaissez beaucoup ? Tout ceux que je connais souhaitent avant tout être payé pour leur travail. Mis à part les situations les plus exceptionnelles, les droits, lorsqu’ils existent, ne rapportent quasiment rien... Lorsque vous publiez, par exemple, un guide bien foutu, original etc.. sur les quartiers de New-York (j’en sais quelque chose pcq ma soeur en a publié un récemment et elle m’a parlé des conditions financières prévues au contrat), vous le faites pour le plaisir, mais certainement pas pour gagner quelque chose. Ce que ça vous rapporte vous dédommage tout au plus de votre voyage et de vos frais. Aux artistes plasticiens de mon entourage on propose régulièrement des expositions comme des opportunités pour présenter leur travail : c’est en réalité surtout souvent une vitrine avantageuse pour les villes ou régions qui profitent parfois, sans aucun dédommagement, gratuitement de leur travail créatif sans mettre en oeuvre en contre partie un véritable travail de promotion, comme le fait une galerie. J’ai parfois l’impression qu’on les prend vraiment pour des idiots corvéables à merci pour améliorer le décor à l’oeil. Il faut vraiment être très courageux pour se plier à ces conditions de vie somme toute assez humiliantes. Mais comme le décrit l’article ci dessus, on considère que l’artiste travaille par vocation et passion, ce qui est vrai, sinon ce serait impossible de résister. N’étant pas, comme beaucoup, esclave plus ou moins consentant d’un métier qu’il déteste, il peut bien payer ce privilège de sa personne. Sa liberté ne doit être que d’esprit. Plus que cela, ce serait insupportable.
       Il y a aussi toutes sortes de fantasmes qui traînent à propos des revenus des indépendants de ces secteurs (du genre de celui que vous émettez et qui ne correspond pas à la réalité de la toute grande majorité, même de personnes déjà assez connues) ... ce qui n’aide pas et vient souvent en renfort des chantages auxquels nous sommes soumis... La réalité de tout cela est simple, nous ne sommes pas défendus par une structure commune et devons résister chacun seul à la dure loi des rapports de force, là où par exemple un fonctionnaire a derrière lui une structure énorme, la police, l’armée s’il le faut, pour aller quérir l’argent des impôts là où il se trouve. Ma famille d’employés, de militaires, de fonctionnaires est évidemment ébahie des anecdotes que je lui raconte : elle n’a jamais eu à se soucier d’être payée pour son travail, cela va de soi... Pas pour nous. Simplement récupérer son argent est un travail en plus du travail proprement dit, et c’est harassant.


    • oncle archibald 3 avril 23:07

      @knai : un avocat qui te le mets profond ...... Ça me paraît non seulement possible mais usuel !


    • Christ Roi Christ Roi 4 avril 09:03

      Les artistes ne s’en sortent pas et c’est très bien ! smiley 

      Autrefois l’artiste travaillait À LA COMMANDE. C’est à dire qu’il réalisait les oeuvres dont la population avait besoin. Aujourd’hui les artistes font leurs oeuvres dans leur coin en méprisant les demandes du public et celui-ci leur rend leur mépris en n’achetant pas leurs oeuvres. Tout est bien. Il existe des artistes qui travaillent à l’ancienne sans mépriser le public et je vous assure qu’ils vivent très très bien. Les « artistes » d’aujourd’hui haïssent les gens, qu’ils restent dans leur coin ! smiley

    • knail knail 4 avril 11:44

      @oncle archibald Bonjour,
      Oui effectivement, c’est exactement ce que j’explique. En plus de faire son travail il faut souvent ferrailler pour récupérer son argent, ce qui est harassant. La vie du créatif indépendant est par nature aussi celui d’un soldat. Sinon, il est balayé. Prendre contact avec un avocat, le rémunérer, préparer les dossiers à lui transmettre, relire et analyser ses rapports pour être certain qu’il a bien compris la problématique, tout cela par écrit évidemment, les mois, voir les années de procédures (ce qui est la norme), les coûts que cela entraîne, tant financièrement qu’en temps et espace mental, inquiétudes etc. font que ce n’est que dans les cas les plus graves que l’on se résout à ce type d’action, du moins lorsque l’on est un simple indépendant. C’est évidemment la porte ouverte à tous les abus. C’est pourquoi je pense que les créatifs devraient s’associer afin que la facturation et les poursuites éventuelles soient réalisées par une coopérative dédiée, spécialisée. Certains pays, comme l’Italie, font cela de manière courante. Il faudrait le mettre en place en France et en Belgique.


    • Monolecte Monolecte 4 avril 11:46

      @knail
      Tu as des sources sur les coopératives de recouvrement ?


    • L'enfoiré L’enfoiré 4 avril 18:32

      @Monolecte

       Ok. Pour le bassement terre à terre.
       Mais c’est en plein propos, aussi dans le numérique.
       Vous êtes sur un forum.
       Vous ne payez pas pour y être.
       C’est donc la pub qui achète et qui remplace votre présence avec tous les risques que cela entraîne.
       C’est exactement le sujet de mon dernier billet « Retour vers le futur de Gogol »
       Des artistes y ont trouvé une manière de se faire rétribuer pour leur travail.
       Mais comme toujours, la renommée doit être présente dans tous les moyens de transfert de l’art du producteur au consommateur.
       Vous êtes-vous déjà posé la question dans une construction de codes informatiques, à quel moment, ce qui en ressort doit être facturé ?
       A quel moment, une pièce de texte, est suffisamment productive d’un intérêt pour autrui ?

       


    • magma magma 4 avril 18:46

      @oncle archibald
      parce qu’un artiste au jour d’aujourd’hui a besoin d’un relai média. Ce qui se faisait dans les années 70, n’existe plus aujourd’hui car le marché forcément mercantile ne veut prendre aucun risque


    • biquet biquet 4 avril 19:32

      @oncle archibald
      Non c’est faux, car seule la demande existe dans le domaine artistique. Le demandeur est roi, il doit tout obtenir pour pas un rond.
      La seule chose qui paie c’est le foutage de gueule ; d’où le succès de l’Art Contemporain.


    • oncle archibald 4 avril 22:03

      @biquet : ah oui, je me doute que votre petit fils de cinq ans ferait aussi bien que Picasso en une demi journée.


      Hélas c’est exactement le contraire de ce qui vous passe par la tête. L’artiste crée et il se passerait volontiers de vendre s’il avait un autre moyen d’assumer les dépenses usuelles qui permettent de vivre.

    • magma magma 4 avril 22:54

      @oncle archibald
      et pourquoi pensez vous qu’un artiste veut absolument « vendre »


    • arthes arthes 5 avril 23:57

      @Monolecte


      Les maisons d édition c est une jungle...
      Mais le systeme est idem pour le petit producteur artisanal et /ou maraicher tradi/bio qui se fait tordre par la GD... Ses productions ne seront jamais rénumérée s à la véritable valeur du temps et energie perso consacrées à le s produire.. .Et il n aura jamais plus les moyens de faire les salons autrement que sous le tutorat de ceux qui l exploitent et lui donnent la becquee.. .
      C est ca la réalité mercantile.
      Faut savoir se négocier, se vendre comme un produit si on veut percer.

      Je dis pas que C est bien, je suis hors/contre ce système, mais c est la réalité.

      Et quant à un commerçant boucher ou autre, soyez consciente que ces métiers indépendants sont sur la pente de la fin.

      Alors les croûtes en expo et les saltimbanques qui tendent mains et chapeaux ...Pourquoi pas, c est autre chose mais pas si éloigné dans la démarche quant il s agit de se produire dans des lieux gavés touristiques ou il faut sucer la mairie du bled pour avoir sa place.

      Ce disant, je ne jette pas la pierre, je constate juste que notre époque ne doit plus accepter cela !

      Je préfère les trip artistes confidentiels, une multitude ainsi, et puis briser les chaînes, petit à petit, tous, briser les chaînes.





    • Alren Alren 8 avril 13:54

      @Monolecte

      Pourquoi dites-vous « vendeurs de croûtes » pour les peintres exposant en galerie pour la vente ?

      Pourquoi ce terme péjoratif pour tous les artistes- peintres ?

      Ceux-ci peuvent d’ailleurs éviter les galeries de nos jours grâce à internet.

      Quand on visite les sites, on voit que les prix des œuvres varient beaucoup : c’est le public, lequel dit-on pour les spectacles, « a toujours raison » qui est responsable de ces hiérarchies. Internet permet de faire connaître ses œuvres à l’étranger ce qui est un avantage appréciable. Les étrangers, aisés, sont souvent prêts à payer davantage les œuvres française qui profitent du prestige que la peinture a gagné avec les Impressionnistes. Mais il faut évidemment de la créativité ...

      Le monde du livre est également en train de connaître sa révolution internet.

      Dans ce monde, la BD tire son épingle du jeu car elle demande beaucoup de talents des auteurs pour l’histoire et les dessins. La difficulté est pour les romanciers qui, on le sait bien produisent trop : l’offre excède largement la demande. Et les libraires qui promeuvent les romans originaux à la différence des grandes surfaces, de moins en moins nombreux et dont le niveau de vie baisse régulièrement, sont obligés chaque mois de réexpédier des quantités d’invendus pour accueillir la vague suivante.

      Les éditeurs qui doivent payer pour que ces livres soient détruits et le papier recyclé, font comme les assureurs : ils utilisent l’argent de ceux qui vendent bien pour compenser les pertes, impression distribution, destruction des livres papier de ceux que le public a boudé, parfois par méconnaissance.

      Mais les maisons d’édition de romans - car les livres documentaires qui peuvent s’offrir en cadeaux de noël se vendent assez bien - sont elles-mêmes menacées par un phénomène grandissant qui est l’auto-édition qui aboutira à la vente directe de l’auteur à ses lecteurs par correspondance.

      En effet, les auteurs ne proposent plus des manuscrits écrits à la main ou à la machine à écrire, mais des textes informatisés qui sont imprimables directement avec des imprimantes à fort débit.

      Ils ont réalisé les couvertures en couleurs.

      Il n’y a plus ensuite qu’à réaliser le brochage ce qui pour un imprimeur est facile.

      Hormis les frais d’imprimeur ( il semble que celui-ci est souvent allemand !) et les frais d’expédition, l’auteur encaisse la totalité du prix du livre envoyé. Ce qui lui assure un revenu de complément appréciable dès qu’il vend quelques centaines de livres.

      Sur internet, il existe des clubs de lecture où chacun peut envoyer les bonnes pages de ses œuvres ou même le texte entier. Car s’il est apprécié, le lecteur ou plus souvent la lectrice désirera un livre plus confortable à lire.


    • LeDinoBleu LeDinoBleu 8 avril 17:17

      @Alren
      « Dans ce monde, la BD tire son épingle du jeu car elle demande beaucoup de talents des auteurs pour l’histoire et les dessins. »

      Je crois que vous confondez les nombres d’exemplaires vendus et les bénéfices qui reviennent à la maison d’édition avec ce que perçoivent les auteurs. Il me semble que c’est à la hauteur de 10 à 15% du prix de vente dans le meilleur des cas. Pour un débutant, c’est dans les 5%..

      La BD paye de plus en plus mal et de plus en plus rares sont les auteurs qui en vivent. La plupart on un boulot à côté, de graphiste pour l’artiste et d’autre chose pour le scénariste.

      C’est le même problème que celui dénoncé par l’article : la création en général paye de plus en plus mal.


    • Blek 3 avril 12:38

      Bonjour/ Le problème c’est que se nourrir est indispensable , c’est d’ailleurs pour çà que les traders spéculent sur la bouffe. L’art est malheureusement réservé à des gens cultivés. Les sans dents se contentent de ce que leur offre la TV. Regardez les gens qui paient des fortunes pour le football.


      • bob14 bob14 3 avril 12:59

        Pour Pâques ?...j’ai mangé des moules...bénites du Mt St Michel... smiley


        • Croa Croa 3 avril 17:21

          À bob14,
          Moi, ce fût omelette pascale : Encore un agneau d’épargné ayant donc droit à sa vie normale de mouton smiley 


        • Robert Lavigue Robert La Figue 3 avril 13:55

          Bonjour Monolecte,

          Voilà qui dénote un goût affirmé pour la provocation ! Peut-être vous a-t-il échappé que vous êtes pratiquement la seule à créditer les illustrations que vous utilisez ?
          Les margoulins citoyens, abonnés à la tête de gondole, y compris (et surtout !) ceux qui ont quelques prétentions nartistiques ou d’édification de la populace, n’en voient ni l’intérêt, ni la nécessité.
          Par contre, ils ne manquent jamais d’infliger la longue liste de leurs oeuvres indispensables, de leurs exhibitions passées et à venir, etc... Paille-Poutre ?

          Pour reprendre votre fable, ici, le nartiste-nauteur va chez le boucher et lui dit avec toute la morgue citoyenne de rigueur :
          Je viens vous voler un gigot. C’est pour accompagner ma salade... Et vous pourriez au moins me remercier, j’aurais pu aller le piquer ailleurs !

          Si la direction d’Agoravox avait un tant soit peu d’éthique, elle refuserait de publier des billets qui ne créditent pas les illustrations et qui n’indiquent pas leurs sources en bibliographie.


          • @Robert La Figue

            Y’a peut-être des raisons que ton cœur est incapable de connaître, ce serait même tout à fait dans l’ordre des choses.

            Ce qui n’enlève rien des mérites de Monoclete, qui elle est tout ce qu’il de plus « dans le circuit ».


          • J’avais un ami peintre, l’anti Trémois alors qu’ils étaient amis) qui s’est un jour amusé à recopier à l’identique un billet de banque. Uniquement sur une face. Il avait donc le droit de l’exposer. A mettre en parallèle avec le billet de banque brûlé de Gainsbarre. Lui au moins réchauffait,...sa main,... le temps d’une allumettes comme le Conte d’Andersen. A René Kanpen (sûrement décédé. Ses expos étaient interdites aux moins de 18 ans. A cause de lui je n’ai pu excercer mon métier de thérapeute à cette époque. Il exposait ses toiles dans les escaliers,... Vous voyez le TOPO. https://www.google.be/search?q=Ren%C3%A9+Knapen&sa=X&biw=1280&bih=675&tbm=isch&source=iu&ictx=1&fir=6whFxTkyZSnz1M%253A%252C_88AJ4RCvpHEOM%252C_&usg=__-UqIGBqu2GjaEYdngrACCWFlFWE%3D&ved=0ahUKEwiD5_iwiZ7aAhVhJ8AKHQJzD0sQ9QEILDAB#imgrc=6whFxTkyZSnz1M :


            • Fraternitus Fraternitus 3 avril 15:02

              C’est pareil pour tous les métiers dits « créatifs », ou « passion ».
              Très bon article.


              • pipiou 3 avril 17:07

                Un artiste ne doit pas s’occuper d’économie : il doit vivre d’amour et d’eau fraîche, le comportement bassement mercantiliste de l’auteure est hallucinant.


                • Fergus Fergus 3 avril 17:35

                  Bonjour, pipiou

                  Non, un artiste ne doit pas vivre « d’amour et d’eau fraîche », il doit - comme cela a été dit plus haut - être justement rémunéré pour le travail qu’il produit.

                  Le problème est qu’autrefois, seule une petite minorité de personnes douées d’une sensibilité particulière s’engageait dans une voie artistique en espérant pouvoir vivre de son art. Et cela se faisant en général après être passé entre les mains de maîtres reconnus ou avoir, a minima, suivi l’éducation d’une académie.

                  Or, l’accès aux études et à la culture d’un nombre croissant de personnes au fil du temps a mis de plus en plus de monde en contact avec le monde des arts et suscité des vocations en grand nombre là ou, naguère, peu d’aspirants artistes franchissaient le pas.

                  Dès lors, quiconque sait un peu manier une brosse de peintre ou un ciseau de sculpteur peut, sans aucun cursus formateur, espérer percer sur le marché et, pour peu qu’il soit porteur d’un concept innovant, faire - pourquoi pas ? - fortune. D’où l’inflation d’artistes autoproclamés qui, d’une certaine manière, poursuivent les mêmes chimères que les gamins de cité qui se voient tous un avenir à la Messi ou à la Neymar.

                  Et sans doute y a-t-il de vrais talents parmi ceux-là. Mais ils sont noyés dans la masse...


                • pipiou 3 avril 21:41

                  @Fergus
                  Monolecte nous fait régulièrement le coup de « l’argent et le matérialisme c’est pas bien », alors il faut qu’elle aille au bout de son ideologie : amour et eau fraîche oui, non à l’affreux marchandage, à la productivité, à la valeur ajoutée.

                  Sinon, le jour où vous aurez trouvé la règle mathématique de « juste rémunération » d’une oeuvre artistique vous m’appellerez !


                • Fergus Fergus 4 avril 11:10

                  Bonjour, pipiou

                  « le jour où vous aurez trouvé la règle mathématique de « juste rémunération » d’une oeuvre artistique vous m’appellerez ! »

                  Il n’existe pas de règle en la matière, vous avez parfaitement raison.

                  Disons qu’un artiste professionnel devrait pouvoir vivre décemment de son travail, déduction faite de tous les frais qu’il engage pour réaliser ses œuvres.

                  Ce qui nous ramène toujours à la même question : le talent des artistes (dont la plupart autoproclamés) justifie-t-il une prétention professionnelle ? Pour certains, c’est évident ; pour d’autres, c’est très discutable.


                • pipiou 4 avril 21:50

                  @Fergus
                  Vous déplacez le problème : qu’appelez-vous « décemment » ?

                  Le train de vie de Picasso ou Dali était-il décent ?
                  Et je ne vous parle pas de Johnny smiley

                  Dans tous les cas un artiste qui parle pognon est forcément quelqu’un perd son art ; quand c’est un artiste engagé comme Monolecte c’est carrément un dilemme insoluble ... sauf si elle vit d’amour et d’eau fraiche. Certains choisissent cette voie.

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