Ce mouvement étudiant archi-minoritaire amène une réflexion : comment une minorité aussi minuscule peut-elle bloquer toute une université ?
Le mécanisme est simple : cette minorité convoque une AG. L’immense majorité des étudiants actuels, qui se moquent de la politique comme de l’an 40, ne vont pas à cette AG, sauf quelques uns pas trop occupés, pour voir ce que c’est. L’AG, complètement noyautée par les membres des « syndicats » étudiants de « gauche » décide « à une large majorité » de faire grève et de bloquer la fac. Les rares étudiants « normaux », hostiles à la chose, se font huer, voire pire, s’ils osent déclarer lors de cette AG qu’à tout prendre, une sélection sur le talent est bien meilleure qu’un tirage au sort.
Une fois l’entrée de tout ou partie de l’université bloquée par cette minorité d’étudiants, ceux qui veulent bosser sont trop respectueux de la légalité pour aller dégager cette minorité à coups de poings, et attendent que l’administration de l’université fasse évacuer les piquets de grève en faisant appel à la force publique.
Or ceci ne risque guère d’arriver, car, parmi l’administration de l’université, il y en a beaucoup qui ont intérêt au statu quo. En effet, si l’on publiait, comme ça a été dernièrement préconisé, les résultats des diverses formations universitaires en terme de carrière professionnelle et de débouchés, plus aucun parent sain d’esprit ne financerait pour ses enfants des études aussi manifestement dépourvues de débouchés que les études de sociologie, d’AES, de STAPS ou de psychologie. Ceci menacerait évidemment les rentes de situation des enseignants de ces diverses facultés....