@Vraidrapo
« A la réflexion, les USA sont trop
vastes pour espérer une Révolution à la mode de la vieille Europe... »
La
Russie était bien plus vaste que les Etats-Unis, mais actuellement, aux Etats-Unis,
les clivages sont transversaux et ils s’établissent sur des bases raciales,
sociologiques, institutionnelles, démographiques.
« Si
quelque chose devait advenir, il me semble que ça ne peut se produire qu’à
partir d’un seul des 50 États et faire tache d’huile par la suite. »
L’éclatement
qu’évoque Kent est lisible sur la carte du vote des comtés en 2016. Les
démocrates dominent sur les côtes Est et Ouest, là où se trouvent grandes
concentrations de population, et où les Blancs tendent à devenir minoritaires,
s’ils ne le sont pas déjà.
http://www-personal.umich.edu/ mejn/election/2016/countymaprb512.png
A
New York en 2010, les Blancs non Hispaniques ne représentaient déjà plus que le
tiers de la population. Dans l’Etat, Clinton l’a emporté avec 58.8 % des voix, dans
le comté de New York, elle a recueilli 87.2 % des voix, mais Trump a recueilli
la majorité du vote masculin blanc.
En
Californie, la proportion de Blancs non Hispaniques n’était plus que de 40 % en
2010. Clinton y a obtenu 61.7 % des voix, et c’est là qu’elle fait la
différence en voix qui lui permet de passer Trump dans les résultats nationaux.
Alors qu’au total, elle l’a devancé de 2.5 millions de voix, elle l’a surpassé
de 4.27 millions de voix dans la seule Californie et, pourrait-on ajouter, dans
les comtés côtiers de la Californie
« Vu
de ce côté de l’Atlantique, je ne vois pas lequel et comme je ne connais pas les
particularités de ces États… »
La
Californie pourrait envisager de faire sécession. Certains y songent, mais ça
ne paraît pas très sérieux, eu égard à toutes les dispositions constitutionnelles tant
américaines que californiennes qu’il faudrait surmonter.
Cela
dit, il reste que l’élection de Donald Trump a révélé une déchirure, qu’il n’a
pas provoquée. Elle venait de loin, puisque dès 1994, Bill Clinton disait que,
dans l’avenir, le plus grave question de sécurité nationale serait celle de « l’identité
avec l’immigration, l’évolution des communautés et des minorités… ».
Ce
qui lui donne, du point de vue de l’intelligence politique, des dizaines de
longueurs d’avance sur les présidents français qui, se shootant à l’universalisme
républicain depuis tantôt cinquante ans, « pensent » que ça finira par se tasser
tout seul, sur fond de renforcement du communautarisme musulman.