@Abdelkarim Chankou
il existe au Maroc une
méfiance (pour ne pas dire aversion) naturelle envers les hommes politiques
riches et cette défiance est sans doute liée à notre culture musulmane. D’ailleurs
pas uniquement au Maroc et dans les pays musulmans. L’affaire Cahuzac en France
fut aussi le révélateur de cette aversion liée aussi en partie à la culture
catholique rehaussée par celle d’une gauche, pétrie de soupçons à l’égard des liens
qu’entretiennent responsables politiques et monde de l’argent. Au
fond, qu’on se vive comme un petit paysan contre les grands
propriétaires, un rural contre l’urbain fantasmé comme riche ou comme ouvrier
contre le patron, cette suspicion trouve un écho chez beaucoup d’électeurs.
Au final, ce mépris citoyen
à l’égard de l’argent est facteur de dérives. Il alimente un "tous
pourris" qui profite à l’extrême droite en France par exemple et
aux islamistes au maroc
La différence est qu’au
maroc nous souffrons d’une faiblesse d’institutions (tel que le conseil de la
concurrence) qui puisse empêcher les dérives hégémoniques, naturelle, lorsque
il n’y a pas de contre-pouvoir qui puisse freiner leur élans vénaux. Et dérive
hégémonique il y a eu !
La question qui se pose et de savoir si l’homme
politique devra-t-il être pauvre demain ?
C’est le risque des affaires comme celles-ci : faire renaître cette
idée qui veut que le représentant du peuple en soit issu. Pourtant,
historiquement, cela n’a jamais existé. C’est une pure fiction, mais qui trouve
une résonance en chacun de nous.