@Cadoudal
Suite de la 1ere partie.
Encore dans la premièrte partie, concentrez vous sur la nature des Relations Afrique-Occident.
"Passons à la Chine. L’Empire du Milieu a fait un long chemin depuis
le début des années 2000 —période d’une entrée impressionnante dans les
affaires africaines. Aujourd’hui, la République populaire chinoise est
tout simplement le premier partenaire économico-commercial de l’Afrique,
et ce malgré toutes les campagnes hostiles menées en Occident contre la
présence de Pékin en terre africaine. La Chine, elle, n’interfère pas
dans les affaires intérieures des pays du continent et se base sur le
respect de la souveraineté.
En effet, la Chine exporte massivement ses produits de consommation,
mais surtout pas sa vision de la gestion des affaires internes, en se
basant sur le fait que chaque nation a ses propres traditions et
valeurs. Il ne serait d’ailleurs guère surprenant que si vous réalisiez
aujourd’hui un sondage dans la cinquantaine d’États africains, demandant
aux habitants de savoir s’ils préfèrent des partenaires occidentaux ou
chinois, ils seraient entre 70 et 80% à préférer les seconds.
Cette approche chinoise vis-à-vis de l’Afrique ressemble beaucoup à
celle de la Russie, à une différence près. Si jusqu’ici la Chine n’a pas
accordé une très grande attention à l’aspect sécuritaire des pays
africains, préférant principalement miser sur l’économie, Moscou y porte
au contraire une grande attention. Pourquoi ? Pas seulement parce que
l’État russe est un important exportateur d’armements, mais bien parce
que la Russie comprend que seul un État sûr et stable permet de faire
des affaires au bénéfice des deux parties. Là est toute la différence.
Alors que l’Occident préfère tirer profit soit en maintenant un pays
dans le chaos, soit en l’occupant par des troupes néocoloniales, la
Russie souhaite au contraire permettre aux Africains d’être maîtres chez
eux —aussi bien dans le cadre de la sécurité de ses frontières que du
contrôle de ses ressources. Et ce serait justement la plus-value de la
Russie en qualité de partenaire de l’Afrique.
Cette opinion est d’ailleurs largement partagée par les experts
africains. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si les panélistes de la
chaîne panafricaine Afrique Média y ont récemment consacré une émission
spéciale en mentionnant deux points essentiels : « nous avons vu les
résultats de la Russie en Syrie. Nous voyons maintenant les changements
positifs qui s’opèrent en République centrafricaine, là aussi grâce aux
efforts de Moscou. C’est cela, un partenariat gagnant-gagnant ». En
d’ajouter : « dans un partenariat gagnant-gagnant, la question n’est pas
forcément de savoir que chacun touchera toujours du 50/50. Cela
peut-être, dans certains cas, du 60/40 et vice-versa. L’essentiel étant,
c’est que cela ne soit plus jamais un système de type 95/5. Et enfin
que la souveraineté africaine soit respectée et défendue. »
C’est certainement la raison de l’hystérie de l’Élysée, comme de
Washington et de Londres, en voyant la Russie revenir sur un continent
qu’elle n’a jamais colonisé et dont elle a formé des milliers de cadres.
Des cadres par ailleurs réellement heureux de revoir le pays de leur
formation de retour. Et ils sont loin d’être les seuls."
Mikhail Gamandiy-Egorov
source :https://fr.sputniknews.com/points_de_vue/201806251036939849-afrique-russie/