A l’auteur.
Bonjour.
Papier intéressant qui mérite une analyse approfondie.
Il me semble en effet que votre utilisation d’un concept (celui de bourgeoisie, quelque chose que vous ne connaissez pas par essence et qui est protéiforme, comme la classe ouvrière par exemple, laquelle comprend elle aussi des valeurs de bourgeoisie et d’aristocratie profondes) et d’une grille d’analyse idéologique obsolète, vous empêchent de comprendre ce qui est actuellement en cours.
Se référer au concept de fascisme en prenant pour base le cadre idéologique des années 1930 tout en oubliant ses racines socialistes profondes et les mutations politiques, économiques, sociales, géopolitiques qui l’on conduit à évoluer, est une impasse. Lisez à ce propos Ugo Palheta dans l’entretien qui suit et qui vous montre (malgré la valeur intellectuelle et la qualité de l’analyse proposée) que l’usage d’une grille idéologique obsolète (cf. la belle illustration en exergue de votre papier) empêche une lecture en phase avec une lecture du monde en adéquation avec la réalité ambiante.Je suis d’ailleurs surpris que votre discours ne soit pas émaillé des « passages obligés » que constituent les références à H. Arendt, A. Gramsci, W. Pareto et pourquoi-pas, soyons fou, A. Rand.
Tout cela transpire la purée idéologique et le brouillard conceptuel, ce qui est infiniment regrettable car le sujet que vous abordez est un sujet réel, brûlant, mais que l’outil idéologique dont vous vous servez pour le traiter vous conduit à une erreur de parallaxe.
On voit par exemple à ce propos que le passage obligé par les concepts de populisme et les références aux gros vilains du moment (Orban, Salvini, Trump) tournent autour d’un unique sujet qui est celui d’une immigration imposée dont en réalité personne ne veut. Ecrire, dire, penser comme vous le faites que - je vous cite - "l’ennemi commun à tous ces régimes réactionnaires malgré leurs spécificités nationales reste la classe ouvrière (et que) les
ouvriers, s’ils veulent affronter et vaincre ces gouvernements, n’ont
d’autres choix que de commencer par surmonter leurs propres divisions et
construire leur union avant d’envisager de s’allier avec d’autres
couches de la société trompées par ces pouvoirs fascisants« , est un combat d’arrière-garde voué à l’échec dès lors qu’il tente d’y adjoindre le »prolétariat« de l’immigration pour s’en servir d’allié et de bouclier (ici, c’est moi qui parle).
La réalité est très simple. L’ennemi de cette »bourgeoisie« que vous distinguez est constitué par les »classes moyennes« (dans lesquelles se trouve aujourd’hui la classe dite ouvrière dont les conditions de vie n’ont plus rien à voir avec celles qui ont précédé les »Trente Glorieuses« ), classes moyennes qui aujourd’hui en France, sont littéralement passées à la »paille de fer« . Le combat ouvrier, aussi honorable qu’il soit et qui doit défendre 150 d’histoire sociale et d’acquis gagnés de haute lutte, doit impérativement changer de logiciel idéologique et, plutôt que de continuer à se faire peur sur l’aggiornamento du retour aux années 30 et à ce concept passe-partout d »heures sombres« , réaliser que le véritable fascisme n’est plus de couleur brune mais qu’il est désormais de couleur verte : incarné par le fascisme islamique, réel , tangible et d’actualité, celui-là (attentats terroristes, crimes quotidiens, intégration et vivre-ensemble impossibles) que les islamo-collabos dits de gauche accueillent à bras ouverts au nom du sans-frontierisme, de l’immigration etc.
Ci-dessous le lien qui renvoie au très intéressant article d’Ugo Palheta, lequel me donne tout comme vous l’impression d’un astronome qui voudrait explorer le ciel avec une paire de jumelles alors que les télescopes de dernière génération offrent une exploration inimaginable du »ciel profond" .
Bien à vous,
Renaud Bouchard