Dur métier que celui de médecin. L’erreur est
statistiquement inévitable. Chaque médecin en fait plusieurs au cours de sa
carrière. J’en connais (retraités) qui n’en ont pas commises, mais c’est la
chance, l’exception. Il arrive qu’on commette des erreurs dans l’industrie ou d’autres
métiers (j’en ai fait), mais les conséquences sont moins graves, moins directes :
on est toujours plusieurs à prendre des décisions qui engagent. Le médecin est
seul.
C’est pourquoi je n’en veux pas à un professeur de
médecine générale (un autre professeur qui me traitait pour une longue maladie dont
j’ai guéri m’avait envoyé chez son collègue) qui m’avait prescrit une valise de
psychotropes alors que je tremblotais un peu, n’arrivais plus à écrire (c’était il y a 25 ans). Un mois
plus tard, je le revois dans un état aggravé. Je lui suggère la thyroïde (des
membres de ma famille ont souffert de la thyroïde). Il me dit « pourquoi
pas » et m’envoie faire un examen de la thyroïde : elle était en feu. Maladie de Hashimoto.
Le cas de Onfray surprend. Ce cumul d’erreurs est
incompréhensible du point de vue statistique. Mais on ne connaît pas avec
précision les symptômes dont il a souffert et déclarés aux médecins. Pas facile de juger de loin.