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Commentaire de François Pignon

sur Vercingétorix, si tu savais les bêtises qui, aujourd'hui, se disent : Gergovie, Bibracte, Alésia...


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Séraphin Lampion François Pignon 25 janvier 2019 17:01

Peu d’écrits relatent l’histoire de Vercingétorix qui est avant tout une création moderne et joue davantage un rôle de héros mythologique que celui de personnage historique.

Seuls quatre auteurs romains et cinq grecs ont écrit sur lui en ne lui consacrant pour certains que quelques lignes, des lignes écrites par ses ennemis, dont on peut douter de l’objectivité.

Pour exhumer ce héros oublié il a fallu attendre le Second Empire qui lui a taillé le costume qui convenait au rôle que ses anges rédempteurs lui réservaient, en le dotant d’une personnalité très différente de ce qu’elle devait être en réalité.

L’aspect physique, pour commencer, dont le Second Empire n’avait aucune idée mais a quand même construit un héros superbe en s’inspirant notamment du visage de l’empereur et de sa moustache. Car une chose est certaine, Vercingétorix n’avait pas de moustache : les Arvernes se rasaient. Et la seule image qui soit restée de lui, sur 25 statères d’or à son effigie le présente glabre, avec des cheveux courts dont rien ne permet dire qu’ils fussent blonds !

 La manipulation ne s’arrête pas là. Vercingétorix n’a jamais un chef gaulois, car la Gaule n’existait pas. La Gaule est une création romaine, un fourre-tout rassemblant la plupart des peuples installés sur un territoire comprenant l’actuelle France et une partie de la Belgique et de la Suisse. Mais elle était peuplée de tribus totalement indépendantes, sino ennemies dont Vercingétorix allait devenir le chef éphémère.  Vercingétorix n’était donc pas un chef gaulois, mais un chef arverne à qui s’étaient alliés d’autres tribus de Gaule apr opportunisme, momentanément.

La raison de son génie militaire vient de ce qu’il avait servi durant cinq ans aux côtés de César comme contubernale (compagnon de tente) l’avait aidé à combattre... des Gaulois, avant de se retourner contre lui.

En 1850, les français ne connaissaient pas Vercingétorix ! Les grandes figures de l’histoire de France étaient Clovis, Charlemagne, Saint-Louis, Louis XIV... et quelques autres avant ou après. Mais de Vercingétorix aucune mention. Mais Napoléon III avait besoin d’un symbole rassembleur qui ne pouvait pas être Clovis, un franc, donc germanique, ni Charlemagne également franc dont la capitale était une ville allemande. Napoléon III, grand admirateur de César, connaissait Vercingétorix dont il a fait son étendard. C’est lui qui a financé des fouilles à Gergovie avant d’y installer une stèle commémorative. Lui aussi qui a fait ériger à Alésia, une statue de 7 mètres de haut.

Mais après seulement 10 ans de gloire, comme Vercingétorix, Napoléon III a été lui aussi vaincu. Le mythe de l’Arverne ne s’est pas arrêté pour autant. Au contraire, la victoire allemande lui a donné un nouvel élan. La jeune république avait elle aussi besoin d’un héros national et Vercingétorix était le candidat idéal. Jeanne d’Arc a eu aussi une bonne place sur le podium. Cette Lorraine née en Champagne dans un Barrois mouvant aux frontières indécises venait d’être embauchée pour symboliser et légitimer l’unité d’un territoire que même Vercingétorix ne pouvait pas couvrir.

Ces deux figures sont les deux opérations de communication les plus réussies et sont devenues le père et la mère d’un peuple (ou d’une nation) qui ne recherche pas davantage la vraisemblance ou la cohérence que les Romains ne se souciaient de l’état-civil de Remus et Romulus.


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