@Christian Labrune
Ce que vous dîtes : « Ce que
vous écrivez à propos de Netanyahou me paraît tout à fait fantaisiste. Les
Américains ne sont pas pour grand-chose dans le choix qui avait été fait de ne
pas ratatiner immédiatement le Hamas. » Je m’excuse, Christian, mais
vous ne comprenez pas comment fonctionne la géostratégie.
Dans les grandes manœuvres surtout à
l’échelle mondiale, et Hamas fait aussi partie de la stratégie globale
américaine pour maintenir sa domination sur le monde. Si Netanyahou n’a pas
retenu la position belliciste de Avigdor Liberman, c’est que c’était à
contrecœur. Le Premier ministre voulait certainement en découdre avec les
Palestiniens du Hamas. Il aurait provoqué un bain de sang chez les
Palestiniens, mais il y a les pressions outre atlantique que le Premier
ministre israélien ne pouvait ignorer. Sans la puissance américaine,
Israël n’est rien.
Vous dîtes : « La position
plus belliciste de Liberman aurait été également possible sans que les
Américains et même les chancelleries européennes y pussent trouver rien à dire,
mais la position de Netanyahou, à tout prendre, n’était pas moins
stratégique. Liberman voulait gagner une bataille au Sud qui en aurait
probablement entraîné une autre au Nord, quand Netanyahou — et probablement
aussi les Américains— veulent gagner LA GUERRE. »
Mais non, pourquoi le divorce parce que
Liberman réfléchit en local. D’ailleurs, en avril 2019, Netanyahou, homme du
système américain, il l’emportera. Et le peuple d’Israël qui a subi un formidable
formatage historique par la propagation sioniste, et par les guerres
incessantes, le retiendra inévitablement.
Ceci étant, reste l’Iran, la bête noire
d’Israël et des États-Unis qui faussent tous leurs plans. Et les États-Unis
sont, partout dans le monde, en recul, et prônent l’isolationnisme. Comme vous
dîtes : « Les Américains, pas plus que les Israéliens, ne
tiennent à intervenir en Iran, même si l’opposition ne laisse pas de réclamer
des soutiens : une intervention extérieure peut toujours devenir
calamiteuse, comme l’ont montré les deux guerres américaines contre l’Irak. »
Effectivement, une intervention contre l’Iran ne sera pas seulement calamiteuse
mais explosive, et touchera tout le Moyen-Orient, mettant à néant
les plans de domination israélo-américains.
Quant au gouvernement des mollahs qu’il
fût renversé par l’opposition elle-même, d’où les sanctions, il ne faut pas
rêver. Les mollahs pour qu’ils changent, il faut que change le régime sioniste
qui gouverne Israël, et que change aussi la politique impérialiste des
États-Unis.
Et ce ne sera pas demain ni après-demain.
Il faut que l’histoire règle le problème comme elle l’a réglé dans les grands
problèmes du monde passés. Et c’est ce qu’on peut dire : CELA
POURRAIT ARRIVER, CELA DEVRAIT ARRIVER. A l’instar des grands conflits
passés PARCE QU’IL N’Y A PAS DE SOLUTION dans cette région
centrale du monde.
Quand les deux positions des adversaires
sont très éloignées, et la guerre ne s’arrête pas, alors le processus de
l’affrontement armé entre dans une « spirale » de violence
toujours plus élevée. Et le monde aujourd’hui se rapproche de plus en
plus à ce Moyen-Orient d’explosivité latente. Dès lors, « la guerre appelle la
guerre, jusqu’à ce que tout explose. » Et cette déflagration globale
rebattra obligatoirement toutes les donnes, au point qu’après la déflagration,
rien ne sera plus comme avant. Comme cela fut en Europe, après 1945, rien
n’était plus comme avant. Tous les pays d’Europe se sont trouvés à rejeter
toute guerre et à chercher la paix, puis se sont progressivement unis.
Au final, qui a gagné ? C’est la
guerre qui a gagné ! C’est l’histoire qui a gagné et a amené les peuples à
faire la paix. Sinon ils ne feraient que s’autodétruire. Et l’histoire,
à travers la guerre, a tranché.
Voilà, Christian, ce qui peut arriver dans
un avenir pas très lointain. Si Israël et les États-Unis ne font pas la paix et
mettent fin à ces guerres insensées.