@Laulau
Bonsoir,
Je
n’ai pas eu le temps de répondre aujourd’hui sur Agoravox, mais j’ai
néanmoins, ce matin, noué une brève correspondance avec JP Page,
notamment à propos de savoir s’il faut revendiquer en salaire net ou
brut. Il me précise donc que sa revendication est 1800 euros net
pour le SMIC. Dans sa dernière réponse il nous dit, et avec
autorisation de le publier :
« je
suis opposé au concept de partage des richesses qui est en
fait l’équivalent à mes yeux de la recette du pâté d’alouette(un
cheval+une alouette) voir mon article et mon livre à ce sujet ! »
Ma
réponse, retardée pour les mêmes raisons : « Effectivement
le partage des richesses entre Capital et Travail tient de la recette
du pâté d’alouette, où l’alouette du Travail se fait constamment
et nécessairement plumer. Et d’autant plus en période de crise.
Mais
pour que cela paraisse évident au plus grand nombre, au point de
prendre conscience de la nécessité de rupture avec le capitalisme,
il faut donc mettre le système au défi d’apporter des solutions
d’amélioration comptablement cohérentes. C’est face à son refus
que se forge la détermination d’en changer. C’est l’incapacité du
système à répondre aux besoins sociaux élémentaires de
catégories sociales de plus en plus étendues qui attise le feu de
la colère. C’est quand toutes les solutions d’améliorations les
plus évidentes auront été officiellement rejetées par le pouvoir
que cette colère se transformera réellement en force politique
révolutionnaire.
D’ici
là, il n’y a aucune étape qui puisse être escamotée, ni même
simplement négligée, prise à la légère.
C’est
dans ce combat que commencera à se forger une force capable de
répartir les richesses créées par les travailleurs entre les
travailleurs eux-mêmes, en fonction de leurs besoins sociaux réels
et de ceux de leurs familles. Une répartition qui ne sera plus un
partage entre capital et travail, mais qui se fera par contre en
correspondance avec le partage du travail nécessaire et suffisant
pour répondre à ces besoins.
Des
besoins sociaux urgents et incontournables qui auront déjà commencé
d’être définis au cours de la lutte revendicative, qui est en
quelque sorte, à travers cette définition des revendications
immédiates, la première pierre de la construction d’un programme
d’alternative révolutionnaire.
Un
programme qui devra donc unir autour du prolétariat l’ensemble des
classes sociales populaires, sur un ensemble de revendications et
d’objectifs complémentaires, et non pas contradictoires.
C’est
pourquoi il est d’ores et déjà important de faire preuve de
cohérence dans l’élaboration des revendications, tout en essayant
non seulement de conserver l’unité la plus large qui était celle du
17 Novembre, mais en plus de lui donner une première base concrète
sous la forme d’une plate-forme revendicative unitaire.
C’est
dans cet esprit que la question de savoir s’il faut revendiquer en
brut ou en net n’est pas sans importance, car elle est liée
directement à la question de la répartition des cotisations
sociales entre les différentes classes sociales, selon leur rôle
économique.
Il
est donc utile, et même essentiel de montrer comment, à partir de
la situation concrète actuelle, on doit finalement arriver à une
situation entièrement nouvelle, rationnelle et cohérente, qui est
celle du socialisme prolétarien.
Malgré
l’ampleur de la juste colère populaire, nous n’en sommes encore
qu’aux tous premiers pas, et à un stade où il est crucial d’éviter
les faux pas pour rester sur le bon chemin, qui restera encore
longtemps périlleux malgré les premiers succès. »
Luniterre