L’auteur rappelle que : « Les
États ne sont pas construits par les slogans, ni même par l’importance des
ressources et le potentiel matériel, mais par la volonté et la foi dans l’être
humain et par un véritable investissement dans sa construction. »
C’est tout à fait exact.
Quelques notions sur l’origine de
la « patrie ».
Commençons
par dire que la terre natale s’appelait la « Matrie » et non la « Patrie ».
Le Romain a fondé la Patrie en détruisant la Matrie ;
c’est là son crime. Cessons de considérer l’idée de Patrie comme un idéal
supérieur, puisque c’est l’antithèse du droit naturel que représente la Matrie.
Ce n’est pas un progrès de fonder une patrie ; c’est une décadence, puisque
c’est la substitution du droit factice de la force au droit naturel de l’Esprit
qui régnait dans les nations.
C’est parce
qu’il s’agit de l’existence sociale des nations, de la durée des empires
subordonnée au maintien des principes gynécocratiques. Cela veut dire : «
Respecte ta Mère, respecte son autorité, et ta nation, basée sur cette
autorité, aura une longue durée. »
Il s’agit de la vie des peuples et non de celle des
individus. L’amour de la Patrie, comme on l’entendit à Sparte et à Rome, ne fut
jamais que l’imitation de l’amour de la Matrie : au lieu de la paix et de la
durée, il engendra la guerre et la destruction. Sparte et Rome se sont
écroulées parce qu’elles ont été fondées sur le principe de la Patrie. Si les
nations antiques avaient duré de longs siècles, c’est parce qu’elles étaient
fondées sur le principe de la Matrie.
La Nation est au-dessus de la Patrie. L’unité des
grands Etats sous un chef despote n’est pas un progrès, cela ne crée pas une
civilisation, c’est un asservissement général, une décadence. La civilisation
est dans le morcellement des Etats, dans les petites, républiques confédérées
et gouvernées chacune par la plus haute puissance spirituelle qui y fait régner
la vérité, la justice, le bien de tous. Une unité fédérative de tous les Etats
du monde dans la vérité définitivement acquise, voilà le progrès, voilà la base
de la grande civilisation, de la prospérité et du bonheur des Nations.
Mais le pouvoir de la force et de l’audace ou du
hasard de l’hérédité centralisée en une seule main, qui peut être despotique ou
imbécile, c’est une cause de ruine, de souffrances générales et de guerres
perpétuelles.
Les chevaliers celtes ne
reconnaissaient pas le principe de la Patrie romaine, ils ne se rattachaient
qu’à la Matrie dont ils dépendaient, c’est-à-dire à la Nation locale où ils
étaient nés et avaient été élevés sous l’égide d’une Mère protectrice.
C’est pour cela que les Nations (lieux où l’on est né)
sont toujours représentées par une figure de femme.
La Déesse-Mère était la Providence (de providere,
celle qui pourvoit) de ceux qui étaient groupés autour d’elle. Elle les
instruisait, elle les pacifiait ; car c’est elle qui rendait la Justice.
Les hommes n’entreprenaient rien sans la consulter.
Ils étaient ses fidèles et dévoués serviteurs. Ils étaient Féals, mot qui vient
de Faée (fée) et a fait féodal (qui appartient à un fief).
Le Fief (domaine noble) donnait à la Dame des droits
féodaux auxquels les Seigneurs participaient, sous condition de foi et hommage.
Les Seigneurs étaient rangés sous sa loi, qu’ils ne
discutaient pas.
Livres...