Le catholicisme est infiltré par une nouvelle élite
religieusement laïcisée, formée par les Jésuites comme l’a été Macron à Amiens.
Ils s’en prennent donc au dernier culte encore visiblement présent dans la
sphère publique : celui des musulmans.
Les moyens sont les mêmes qu’en 1906, au moment de la
séparation de l’église et de l’état : caricatures outrancières, volonté de
décrédibiliser ses représentants, accusations d’antisémitisme, fichage des plus
zélés, mesures visant à « désislamiser » le milieu scolaire, s’ajoutant à cela
une lutte des plus acharnée contre la visibilité musulmane. Les cathos laïcs se
sont mis en tête de pousser les musulmans à « réformer » leur culte comme l’ont
été contraints les catholiques 100 ans plus tôt.
Les laïcistes les plus chevronnés trouvent un appui non
dissimulé auprès des mêmes catholiques qu’ils ont combattu il y a plus d’un
siècle. Ceux qui étaient les ennemis jurés des pères fondateurs de la laïcité
d’état s’appuient sur un texte de loi, un idéal, une idéologie anticléricale
pour mieux lutter contre leurs cousins de foi, les musulmans et à l’occasion,
pour les plus lucides et les plus retors, revoir en leur faveur la rédaction de
la loi.
Aveuglement pour aveuglement, de cette haine de l’islam est
née aujourd’hui une alliance des plus paradoxales. Un autre exemple de ce
paradoxe est le fait que l’extrême droite, historiquement proche du clergé et
hostile au laïcisme, a fait, par pur rejet de l’islam et ses musulmans, de la
laïcité une pierre désormais angulaire de son programme politique.
On n’avance pas, on recule. Même Gambetta qui avait écrasé
la Commune doit se retourner dans sa tombe anticléricale.